Après Blackmen Bluz et plusieurs autres projets, Roberto Reine de Carthage vient réaffirmer son identité musicale avec SO. Avec Phil Marie et Ashlyn Rosse, le trio de choc propose une musique world electro. Un album titré Collective Unconscious est en route. En attendant son arrivée, les trois amis originaires de Mahébourg donnent le ton sur l’univers décalé, collectif et militant dans lequel ils évoluent dans le single Modem, en ligne depuis le début de la semaine.

Christine Lucain

Membre fondateur et percussionniste au sein des Blackmen Bluz, Roberto Reine de Carthage est un vétéran de la scène locale. Il a marqué les esprits grâce à plusieurs projets : le groupe FIVE avec Hans Nayna, comme directeur du festival Dombeya ou producteur de musique… “SO représente un de mes projets les plus concrets et conséquents après Blackmen Bluz. Nous croyons en son potentiel et l’impact que notre musique aura auprès du public.”

Le concept de SO est présenté par la bande d’amis comme une réelle exploration musicale, autant dans son approche acoustique que ses textes authentiques et militants. L’expérience et les connaissances du trio mahébourgeois ont permis de présenter un travail collectif de bonne qualité et à leur image. “Notre musique se veut une invitation à vivre une expérience différente de la musique electro, qui est ici mélangée à des instruments en live.” Roberto Reine de Carthage, Phil Marie et Ashlyn Rosse espèrent “réveiller les consciences” et donner un électrochoc aux Mauriciens sur certaines réalités.

Nous rencontrons le trio à Mahébourg, plus précisément chez Phil Marie, qui occupe un appartement à l’étage d’une maison. C’est sur le canapé du salon que les trois amis se retrouvent le plus souvent pour partager leur vision, échanger leurs idées et construire ensemble leurs projets musicaux. “Nous avons réalisé plusieurs projets, comme le Digital Groove Garden, des jams, etc.”, confie Phil Marie. “Entre nous, c’est une réelle alchimie. Chacun apporte sa contribution”, précise Ashlyn Rosse. SO caractérise l’état d’esprit de cette formation. Un mot récurrent dans leur conversation, exprimant leur nature détachée “So What ?”, ou le fait qu’ils soient “chauds”.

Ode à l’environnement.

Roberto Reine de Carthage est aux percussions et à la batterie. Selon Phil Marie, c’est “le sage, le rêveur du groupe. Il incarne l’expérience”. Producteur de musique électronique, multi-instrumentiste et DJ, Phil Marie est connu dans le milieu sous le nom de Momo. Au pad, synthétiseur et clavier midi, le jeune homme de 26 ans est un peu la tête pensante de la formation, veillant au grain à ce que “la structure soit respectée”. Il forme depuis bientôt deux ans un couple heureux et soudé avec Ashlyn Rosse. Cette dernière, qui évolue sous le nom de scène d’Ashlyn, est la voix du groupe et représente la touche glamour. Créatrice de la marque de bijoux Kwartz (bijoux fait main), c’est une touche à tout. Du haut de ses 18 ans, elle a baigné dans l’univers de la danse professionnelle pendant plusieurs années, se distinguant dans des compétitions internationales. Mannequin free-lance, elle s’adonne au surf, au longboard et milite pour des causes environnementales.

Un combat que les trois acolytes partagent et revendiquent à travers leur musique. Le single Modem montre d’ailleurs comment la musique peut être un outil et une arme pour diffuser à grande échelle leur sentiment et leur vision du monde. Le texte est une ode à l’environnement, appelant tout un chacun à se réveiller pour protéger nos atouts naturels. L’objectif est de militer pour la cause de l’écologie et un avenir meilleur.

Rester concentré sur le réel.

“Derrière le projet SO, nous avons une démarche concrète. Nous ne nous contentons pas de faire de la musique pour exister, mais souhaitons faire passer un message et nos états d’âme. C’est un réveil”, confie Phil Marie.

Modem donne déjà un aperçu de l’album engagé et militant qui va suivre. “Nous dénonçons certains problèmes environnementaux et sociétaux. Courir constamment derrière un certain confort en quête du bonheur n’est pas réel. Ce qui l’est au contraire, c’est se poser, observer la mer, écouter le vent pour se rendre compte de la vraie vie”, souligne Phil Marie. Pour vivre dans ce présent, ce dernier s’est même détaché des réseaux sociaux “pour rester concentré sur le réel”.

Phil Marie a fait ses armes comme guitariste au sein de la formation Soul Reggae avant de tomber dans l’univers électronique en devenant DJ et producteur de musique, un univers qui lui correspondait davantage. Très féministe, Ashlyn croit fermement que la société nous pousse à croire en un certain idéal, précisant qu’il ne faut jamais laisser les autres nous définir à notre place. La jeune femme a tourné la page sur la danse, car elle s’est rendu compte “que l’image que certaines danses latines dégageaient ne coïncidait guère avec mon idéal de la femme”.

Connexions réelles.

Le trio nous invite à découvrir dans Collective Unconscious, leur prochain album, des enjeux sociétaux qui lui tiennent à cœur. Produit par One Vibe Record, il sera dans les bacs d’ici le deuxième trimestre de l’année. Sur cet opus qui comprendra huit à dix titres, plusieurs morceaux sont déjà enregistrés et d’autres sont en préparation.

SO, c’est aussi et surtout une nouvelle vision de la world music electro. Une musique qui se distingue avec beaucoup de pad, synthé et basse électronique, et incorpore des percussions comme la ravanne. Le trio est confiant que cela provoquera une onde de choc. “Le public va accrocher car nous avons pu trouver une juste balance entre la musique électronique, les percussions, l’acoustique et notre message”, confie Roberto Reine de Carthage. “Notre musique est riche et dynamique”, ajoute Phil Marie. “C’est notre couleur et notre marque de fabrique. En nous entendant, tout le monde saura que ces sons sortent d’ici (Mahébourg). Le percussionniste affirme que “l’électronique, c’est l’évolution naturelle de la musique. L’oreille du Mauricien est prête à accueillir ces sonorités actuelles. Une bonne partie des musiques qui font le buzz actuellement est dans ce style, mais les messages ne sont pas toujours en phase avec la réalité”.

SO met en avant une musique electro avec de vrais messages. “Ce ne sera pas uniquement une musique diffusée en ligne ou sur les ondes. Nous recherchons des connexions réelles et travaillons aussi des sets live”, explique le vétéran de SO. La sonorité étant “pensée et travaillée pour toucher une audience internationale”, les trois amis rêvent de s’exporter. À travers la création du label Stone Fish Record, ils sont en quête d’une autoproduction pour assurer leur promotion.