Organisée à l’initiative de la Federasyon Kreol, une réunion a eu lieu hier après-midi au ministère des Finances entre les éleveurs de porcs et le vice-Premier ministre Xavier-Luc Duval. Il s’agissait, pour le VPM, d’une rencontre d’information afin que les éleveurs puissent lui exposer les problèmes auxquels ils font face depuis un certain temps, ce qui lui permettra d’identifier les solutions à y apporter.
Une cinquantaine d’éleveurs étaient présents à cette réunion, qu’ils représentent leurs sociétés coopératives ou qu’ils opèrent à titre individuel. Mais tous ont un souci commun : le remboursement des prêts que leur a octroyé la Banque de Développement (DBM).
Ces sommes d’argent leur ont été avancées quand il fallait, pour bon nombre d’éleveurs, de changer leur lieu d’opération, leurs porcheries se trouvant en plein quartier résidentiel. Chaque éleveur contraint de bouger a obtenu un lot de terre de l’État à Saint-Martin, zone qui a été choisie par le gouvernement pour leur permettre de s’adonner à l’élevage. Mais le passage du cyclone Gamede et la fièvre porcine, qui avait contraint les éleveurs à tuer leurs bêtes, ont compliqué les choses pour eux sur le plan financier.
S’étant retrouvés à court d’argent pour assurer leurs dépenses domestiques et pour la scolarité de leurs enfants, ils n’ont eu d’autre alternative que de puiser des fonds qu’ils avaient reçus en prêts. Ces prêts, accordés en 2009, étaient de l’ordre de Rs 400 000, soit la première moitié remboursable à un taux d’intérêts de 5 % et la seconde à 9 %. Ce qui fait que bon nombre d’éleveurs se sont retrouvés dans l’impossibilité de continuer à rembourser à la DBM la somme qu’elle leur a remise.
Certains éleveurs font face à un problème de renouvellement du cheptel. Déjà il y a le fait que les autorités ont décidé que seuls six éleveurs étaient autorisés à produire des porcelets, puis les verrats et les truies importées pour assurer la reproduction n’étaient pas à la hauteur des espérances.
D’autres intervenants ont également évoqué le problème de la nourriture animale. Ils ont fait remarquer que lorsque l’État en produisait, les coûts étaient bien plus abordables qu’actuellement. Ils considèrent que les prix de vente que pratiquent les producteurs privés sont exorbitants.
Tous ces problèmes, ont commenté les porte-parole des éleveurs présents hier, leur font douter que cela vaut la peine de continuer. Mais, comme bon nombre dans la communauté des éleveurs de porcs n’ont que leurs activités comme moyen de subsistance, ils n’ont nul autre espoir qu’une aide du gouvernement.
S’adressant aux représentants des éleveurs, Xavier-Luc Duval a fait ressortir que cette réunion s’ouvrira à d’autres. « J’ai pris note de vos problèmes. Certains relèvent de mon collègue de l’Agro-industrie. Il y aura donc prochainement une rencontre entre certains d’entre vous, Satish Faugoo et moi-même pour explorer les solutions possibles à vos attentes. Pour le moment, je ne peux que vous assurer d’une chose : le gouvernement souhaite que le secteur porcin soit viable et qu’il devienne une industrie à proprement parler », a-t-il soutenu.