Rodrigues est en état d’alerte contre la fièvre aphteuse affectant les élevages. Alors que la Commission agriculture de l’Assemblée régionale de Rodrigues se réunit aujourd’hui pour établir un plan d’action, pas moins d’une centaine de cas de contamination ont été rapportés, une dizaine de têtes de bétail, notamment dans le Nord, ayant déjà succombé de cette maladie virale.
Des prélèvements envoyés en Afrique du Sud, pour des analyses en laboratoire, ont confirmé la présence du virus responsable de la fièvre aphteuse, dans le cheptel à Rodrigues. La confirmation officielle a été obtenue hier et le bétail, déjà embarqué à bord du Mauritius Trochetia, sera placé en quarantaine à Maurice. Devant ce nouveau développement, le chef vétérinaire à Rodrigues, le Dr Samoisy, a mis en garde les éleveurs et la population des dangers de la fièvre aphteuse, celle-ci affectant tous les animaux d’élevage, des boeufs, aux porcs en passant par les moutons et autres cabris. Une des premières mesures envisagées est la vaccination de l’ensemble du cheptel dans l’île alors qu’une campagne d’abattage du bétail infecté est également envisagée.
Commentant la gravité de la situation, le chef vétérinaire de Rodrigues souligne : « Laiss mo rapel ou, si nou pa pran sa bann mezir-la, nou lelvaz pou fini et nou kapav perdi tou nou bann septel. Mo deman kolaborasion tou bann elver. Nou osi nou pou kolabore avek zot. Anou travay ansam dan sa moman difisil-la. Fiev afteuse, li koze par enn virus. Kouma tou bann maladi viral, li bien difisil pou trete. Problem avek lafiev afteuse, se ki li ena boukou metod de transmision. »
La Commission agriculture de l’Assemblée régionale de Rodrigues, qui se réunit aujourd’hui à Port-Mathurin, compte commander des vaccins pour la campagne de lutte contre la fièvre aphteuse à travers l’île et travaille sur une formule de compensation aux éleveurs affectés par l’épidémie. Les premiers signes de la présence de ce virus à Rodrigues ont été notés le mois dernier, avec la confirmation des analyses en laboratoire connue en début de semaine.
Entre-temps, Rodrigues a sollicité l’expertise au niveau de la région avec une délégation d’experts de la Commission de l’océan Indien et du ministère de l’Agro-industrie se rendant dans l’île depuis le week-end. L’objectif vise à prêter main-forte aux services vétérinaires de l’île pour faire face à la situation. Une enquête épidémiologique, avec des prélèvements sanguins sur des têtes de bétail, a immédiatement été initiée, notamment dans les régions les plus à risques, à l’instar de Roseaux, Crève-Coeur, Terre-Rouge et Vangar. Une trentaine d’éleveurs sont concernés par cet exercice de détection.
L’un des premiers éleveurs concernés est le couple Genrulle, de Terre-Rouge, dont cinq boeufs sont affectés. Avec les premiers signes, soit « bef la kime ek buton lor so lalang », ils ont tenté de soigner leurs boeufs avant de faire appel aux services vétérinaires. Mais il était semble-t-il déjà trop tard, les vaccins administrés n’ayant eu aucun effet. « Nous gardons les boeufs affectés et non-affectés ensemble. Zot tou inn mor aster-la », font-ils comprendre, confirmant que le cheptel porcin est également affecté.
Les autorités rodriguaises, qui ont lancé une campagne de sensibilisation et d’information au sujet de la fièvre aphteuse, demandent aux éleveurs de ne pas céder à la panique et de suivre les instructions en vue de contrôler la propagation de la maladie, qui s’est mise à gagner du terrain ces derniers jours.