Alors même que le pays s’apprête à commémorer le 183e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, l’affaire Gaiqui interpelle, soutient Eliézer François. Ce dernier met en garde contre les risques d’un « malaise social » de par l’ampleur qu’a pris cette affaire, et en particulier concernant l’implication de la police. Il dit condamner la « barbarie » sans pour autant justifier l’acte pour lequel le suspect a été appréhendé.

« C’est un traitement datant de 200 ans qui a été infligé au suspect Gaiqui, alors même qu’on commémore l’abolition de l’esclavage. Ce cas nous rappelle l’atrocité de l’esclavagisme », affirme le leader du Mouvement Authentique Mauricien (MAM). Il précise qu’il ne cherche pas à défendre le suspect, mais qu’il condamne le traitement qu’il a subi. « S’il a fait quelque chose, la loi est là, la cour va le juger. Mais on n’a pas le droit d’utiliser la barbarie. C’est d’autant plus frappant que cela a eu lieu dans un poste de police et que les policiers sont supposés être responsables de l’ordre et de la paix. Cette situation risque de causer un malaise social. »

Cependant, Eliézer François dit ne pas comprendre les critiques à l’égard de Mario Nobin, même s’il estime que celui-ci doit agir. Il réclame ainsi la suspension des policiers impliqués dans cette affaire et invite le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à « prendre des actions, comme il avait promis de le faire pour les trafiquants » de drogue. En revanche, le leader de MAM condamne les agissements de la police à l’égard de l’avocat Anoop Goodary. « Pourquoi doit-on le sanctionner parce qu’il a mis les photos sur Facebook. Cela nous a permis de connaître la vérité. Qu’aurait-on fait si c’était un journaliste qui avait publié cela  ? L’aurait-on arrêté aussi  ? » se demande-t-il.

Par ailleurs, Eliézer François se dit en faveur d’une célébration de la commémoration de l’abolition de l’esclavage « plus digne » aux descendants d’esclave. Selon lui, « au lieu de spectacles de séga, on aurait dû leur donner l’égalité des chances à travers les bonnes écoles et des formations appropriées pour un métier, ainsi que la chance d’avoir un emploi ». De même, il estime que le musée de l’esclavage « n’est pas une priorité ».