Notre société considèret-elle les femmes comme le sexe faible, et les valeurs familiales ne sont-elles pas en train de disparaître ? se demande Pravind Jugnauth. Et d’ajouter : « Il y a une mentalité chez certains que la femme est un objet, un robot. La femme n’est ni un objet, ni un robot. C’est un être humain qui a des droits. Les hommes doivent changer leur attitude. Je demande à l’agresseur comment il se sentirait s’il était à la place de la victime. »

C’était hier à l’auditorium Octave Wiehe lors de la célébration de la Journée internationale de l’élimination de la violence contre les femmes, sur le thème « Sorti dan to silans, denons violans ». Dans un message à peine voilé à ses collègues du gouvernement, Pravind Jugnauth interpelle « ceux à des postes de pouvoir, dont ministres, députés et diplomates », les rappelant que « les gens vous regardent comme un modèle, y compris moi qui suis Premier ministre. » Et de poursuivre : « Quel exemple donnons-nous ? Nous devons être des “role models”.

Nous devons donner le bon exemple. Nous ne pouvons seulement donner des leçons à la population et lui dire comment elle doit agir, ce qu’elle doit faire et ne pas faire. Nous ne pouvons pas nous servir de notre pouvoir pour abuser des femmes et des jeunes filles, uniquement pour prendre du plaisir en retour. Il faut montrer du respect aux femmes. Nous devons nous comporter en bons pères de famille. » Il explique « que la violence contre les femmes est un fléau ». en ajoutant que « les agresseurs doivent être sanctionnés et punis adéquatement afin de les dissuader de réitérer ce genre de comportement ».

Aucune société ne peut tolérer n’importe quel type de violence, dit-il. « Si on tolère les abus contre les femmes, on ira à la dérive. Chacun a le devoir de respecter la dignité des femmes. Il faut reconnaître le rôle de la famille. Toute famille repose sur la force et le courage d’une mère de famille. » Et d’ajouter que l’élimination de la violence faite aux femmes, qu’elle soit physique ou verbale, ainsi que le harcèlement sexuel, est une priorité du gouvernement.

Le Premier ministre a annoncé l’arrivée d’un consultant australien est à Maurice pour aider le ministère de tutelle à mettre en œuvre un programme de réhabilitation et de formation pour les agresseurs. Il a aussi fait état de la mise sur pied prochaine d’un Domestic Violence Review Committee « pour revoir les cas où l’assistance n’a pas été donnée comme il se doit, et où il y a eu des manquements, car nous devons nous assurer que toutes nos actions soient efficaces. »

Pour sa part, Fazila Jeewa-Daureeawoo, Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des genres, a mis l’accent sur les conséquences « très graves » qui peuvent arriver dans les cas de violence contre les femmes et l’impact de ces agressions « sur la femme humiliée qui souffrent » et sur les enfants qui assistent aux cas d’agression et « qui s’en retrouvent traumatisés et renfermés ».

Elle a rappelé que la loi a été amendée en 2016 car elle n’était pas assez sévère. La DPM a fait état d’une application mobile qui permet d’apporter une aide rapide à la femme en détresse. Grâce à cette application que les femmes peuvent télécharger sur leur smartphone, elles peuvent cliquer sur un “panic button” (Help me now) pour bénéficier d’une assistance immédiate. Ce système est opérationnel 24/24.