Elodie Poo Cheong vise sa médaille au 50m nage libre

La nageuse Elodie Poo Cheong, fraîchement graduée (Bachelor of Science in Finance aux États-Unis) est doublement heureuse. Alors qu’elle savourait encore sa réussite, elle a d’abord appris sa sélection pour les Jeux des îles de l’Océan Indien 2019, ensuite sa qualification en vue des championnats du monde de natation qui se tiendront du 12 au 28 juillet à Gwangju. Elle avait enchaîné plusieurs compétitions aux États-Unis qui lui ont permis d’obtenir des points qualificatifs pour ces deux évènements. Elle avoue cependant que durant ses études, elle a plusieurs fois voulu laisser tomber mais elle a bénéficié d’un support inébranlable de la part de ses parents et amis. En juillet, Elodie Poo Cheong participera à ses 3es JIOI, après 2011 aux Seychelles, (1 médaille en or et 3 de bronze), 2015 à La Réunion (5 bronze et 2 argent).

Elodie Poo Cheong, comment se déroule votre préparation aux États-Unis à l’approche des JIOI ?

— Très bien. J’ai dix séances d’entraînement à la piscine et quatre séances de musculation par semaine. Je m’alignerai à une compétition à Irvine (Californie) et d’autres encore dans les semaines qui suivent. Tout cela fait partie de ma préparation pour les Jeux.

Quel effet cela vous fait de voir la sélection s’entraîner en équipe à Maurice pendant que vous, vous le faites seule et si loin ?

— Je suis un peu triste de ne pas être là. C’est toujours bien de passer du temps avec ses coéquipiers et de resserrer les liens avant les Jeux. Quoi qu’il en soit, cette année chaque nageur s’entraîne dans son club respectif à Maurice. Le but demeure le même : se donner les meilleures chances de médailles possibles. On va se retrouver ensemble quelques semaines avant le Jour J. Je suis toujours contact avec les nageurs à Maurice, donc je ne me sens pas délaissée.

Parlez-nous un peu de ce que vous avez accompli dans la natation, jusqu’ici, en Amérique ?

— Récemment, j’ai remporté le titre de NCAA Division II All-American Student-Athlete. C’est un honneur, car seules les huit meilleures étudiantes-nageuses de chaque épreuve, qui peuvent l’obtenir. Moi je l’ai obtenu grâce au 100 m papillon. J’ai également réalisé mes meilleurs temps dans toutes mes épreuves : 200 papillon, 100 m et 200 m nage libre ainsi que le 200m 4 nages cette saison. Grâce à ces « perfs », j’ai été élue 2019 PCSC Co-Female Athlete of the Year dans ma région. Enfin je compte six records à ce jour dans mon université.

Vous qui aviez brillament réussi aux examens de Bachelor of Science in Finance, comment avez-vous géré le sport et les études ?

— J’ai été graduée en début de mai. Honnêtement, ce n’est pas si difficile que les gens le pensent. Il faut travailler dur certes mais avoir une organisation planifiée également. Ce n’est pas impossible de poursuivre des études tertiaires et de le combiner avec sa passion. Je dirais même que c’est une bonne expérience, surtout aux États-Unis, où j’ai rencontré beaucoup de jeunes étudiants comme moi. Tout est structuré et planifié pour que nous puissions pratiquer notre sport sans manquer nos classes. Du moins dans mon université, pendant quatre ans, j’ai évolué dans une communauté ou les professeurs admirent les « student-athletes » pour ce que nous faisons pour l’université. Ils sont très compréhensifs si toutefois nous devons manquer des classes pour des compétitions ou encore ils nous offrent une extension pour la soumission de nos travaux. Il en est de même pour nos collègues de cours, qui nous supportent et s’investissent souvent aussi pour nous.

La pratique du sport aide souvent dans la vie professionnelle…

— Le sport nous apprend des valeurs et qualités tels que le respect, l’intégrité, la responsabilité, l’honnêteté, l’empathie, le fair-play, l’équilibre, l’esprit d’équipe et la bonne gestion du temps entre autres. Ce ne sont pas des choses que les livres ou l’internet nous apprennent et toutes ces valeurs sont applicables dans la vie. Ce sont des qualités que tous les employeurs recherchent chez une personne. Donc j’encouragerai tous les jeunes athlètes à poursuivre leurs études tertiaires sans arrêter le sport. L’expérience est unique.

Quel a été pour vous le plus gros défi dans cette situation ?

— Mon plus gros défi actuellement est de continuer à m’entraîner à un haut niveau tout en intégrant le monde du travail.

Avez-vous pensé à arrêter la natation à un moment ?

— Oui, plusieurs fois d’ailleurs. Ce n’est pas un sport évident, surtout quand les résultats ne sont pas là quand il le faut. Cela devient frustrant de consacrer autant d’efforts et d’heures pour un sport qui ne rapporte pas grand-chose financièrement. Heureusement, je n’ai jamais baissé les bras et grâce à ma famille et mes amis, je suis toujours nageuse.

Dans quelles épreuves retrouvera-t-on Elodie Poo Cheong aux JIOI 2019 ?

— Je pense m’orienter plus vers les épreuves de papillon, de sprint et de nage libre individuelles, ainsi que le relais du 200 m 4 nages. Mais le dernier mot appartient aux entraîneurs qui dirigeront la sélection nationale.

Est-il facile de se sentir unis dans le groupe quand on est de retour après une longue absence, principalement là où l’esprit d’équipe est important ?

— Je pense qu’en natation c’est moins contraignant que pour d’autres sports en équipe. Dans le passé, nous avons vu des nageurs expatriés qui retournaient au pays la vieille des Jeux et étaient quand même capables de bien gérer les courses individuelles et les relais. Je souhaite quoi qu’il en soit faire flotter le pavillon de Maurice le plus haut possible.

Quel est votre planning après les Jeux des îles de l’Océan Indien 2019 ?

— Juste après les Jeux des îles, il y aura les Championnats du monde en Corée du Sud, où mes adversaires, je pense, seront principalement Felicity Passon, Alizee Morel et Emma Morel. Elles seront les personnes à battre pour l’or. Ensuite, je retourne aux États-Unis pour le boulot et reprendre les entraînements pour les Jeux Olympiques en 2020.