Voilà 36 ans qu’Elvis Presley est décédé mais il est toujours dans les mémoires des fans qui l’admirent autant. Ils sont des milliers à s’être réuni à Graceland, dans le Tennessee, pour la « Elvis week », afin de rendre hommage au chanteur de rock mythique décédé le 16 août 1977. Retour sur le parcours hors norme de celui qui a transformé la chanson en rock and roll avec son interprète mauricien, Gérard Bergicourt (appelé le King créole) dans le rôle l’ex star des « Stardusters », l’un des meilleurs groupes de musique à Maurice dans les années 60.
Si la silhouette de Gérard Bergicourt apparaît aujourd’hui comme l’une des plus connues dans le paysage des musiques populaires dans les années 60 à Maurice, c’est en modeste fan d’Elvis qu’il vient aujourd’hui ouvrir la malle aux trésors. Avec Michel Moreau (membre de ElvisMatters en Belgique), il parle de ses futurs concerts à Maurice.
Pilier de longue date des groupes fureteurs comme le Magic Quintet (groupe de danse à Maurice avec Gérard Cimiotti aux claviers et Gérard Pitchen à la guitare, Edouard Planche, basse, Roland Constantin, sax, Yvon Emile, chant) et Les Stardusters (Cyril et Christian Lebon, guitare, Alfred Stanislas, guitare rythmique, Gérard Bergicourt, batteur et chanteur), à l’aise dans le répertoire d’Elvis qu’il imitait à merveille, Gérard Bergicourt parle de la « Elvismania ». Les Stardusters se produisait au Magic Lantern à Rose-Hill les samedis soirs. Gérard chantait les tubes d’Elvis : Hound dog, King creole, Love me tender, Jailhouse Rock, Don’t Be Cruel, Blue Suede Shoes… Il raconte qu’il a commencé à chanter Elvis à l’âge de 11 ans et a gagné plusieurs concours de chant d’où sa réputation. « Les gens venaient en bus pour assister à nos concerts à Mahébourg ou dans les cinémas Rialto, Vogue, au Théâtre de Port-Louis, au Plaza… », déclare l’interprète d’Elvis. (Les Stardusters, né sous le signe des Shadows, sont à l’origine de cette vague musicale qui traverse villes et villages. Ils ont ouvert des voies, ils ont créé un climat… Ainsi donc, grâce à eux, la musique populaire est devenue la passion d’une jeunesse qui, sans renoncer à l’attrait de la lecture et aux joies du sport, s’est unie dans une grande camaraderie sous le signe de la guitare… » (Samedi-Magazine). Bergicourt parle de son don pour imiter son idole. La presse de l’époque parlait de lui en ces termes : « Comme d’habitude, sa belle voix grave a eu le plus grand effet dans le silence d’un auditoire attentif et recueilli. Il a chanté « Blue Hawaii » entouré de vahinés enguirlandées… » (Plaza, la première du Fireman Show). Gérard aimait la capacité vocale d’Elvis, son charisme, sa présence sur scène, accompagné par 50 backing vocals. Gérard Bergicourt nous dit que les Stardusters ont révolutionné la musique à Maurice dans les années 60 avec de nombreux concerts et les chansons de Cliff et Elvis. C’était le premier orchestre qui jouait avec une chambre d’écho. En mai 1965, le journal Le Citoyen rapporte le premier concert des Stardusters au Théâtre de Port-Louis : « Les vieilles gens de la Capitale aiment raconter avec orgueil que pour faire trembler ce solide bâtiment, qui a encore fière allure après plus d’un siècle, il faut qu’on soit vraiment de taille. Et elles ajoutent que cela arrive très rarement ou plutôt seulement quand se produisent nos amis Les Stardusters… » Dans les années 70, le Elvis Presley Fan Club a été créé à Maurice avec Franco Bajeet comme président.
Après plusieurs années de scène, Les Stardusters ont fait de nombreux voyages, puis se sont séparés. Aujourd’hui, Gérard Bergicourt (qui vit depuis six ans à Maurice et chante dans les hôtels et soirées dansantes) veut perpétuer ce quelque chose d’extraordinaire qui règnait dans les années 60-70 et transmettre la musique populaire aux jeunes. Vaillant, il fait office de passeur entre des scènes qui se regarderaient en chiens de faïence.