PAUL REVEIL

Paul Reveil

L’engagement peut être interprété comme une voix que nous entendons au plus profond de notre être. Au début, elle est douce, puis au fur et à mesure que nous prenons la peine et prenons le temps de l’écouter, notre conscience s’éveille et s’émerveille. Cette voix devient alors un vouloir, un choisir, un décider que nous entreprenons afin de devenir une personne accomplie, libre, pleinement humaine et vivante!

Nous remarquons qu’un engagement est un acte qui dépasse nos propres frontières. Avec ce monde où parfois l’individualisme est mis en avant, où la compétition règne, où on pense seulement et simplement à ce “Moi”, rempli d’intérêts et de profits, lorsque nous parlons, mangeons ou travaillons. Nous sommes très souvent, moi le premier, centrés sur nous-mêmes et oublions l’Autre. Nous nous concentrons sur l’“Avoir” et sommes plongés dans l’excès de ce monde avec la surconsommation – qui ne se réduit pas seulement à l’alimentation ou le matérialisme ; nous pouvons par exemple, consommer une personne en confondant désir et plaisir…

Cependant, le plus important n’est pas “l’Avoir” mais “l’Etre”, et l’engagement permet ce décentrage du “Moi” vers l’Autre. Il nous entraîne à passer d’un instinct animal – qui ramène à tuer l’autre d’une quelconque façon pour se nourrir, pour se satisfaire – à un instinct qui représente la véritable liberté et identité de l’homme, dans sa pleine conscience – qui ramène à se tuer, se sacrifier, pour servir l’autre.

Un soldat, par exemple, s’engage de tout son être ; pas seulement sa main, ni son pied ou sa tête, mais tout son être – corps, âme et esprit – afin de servir son pays. Ou encore, un père ou une mère de famille en situation économiquement précaire se sacrifiera en jonglant entre plusieurs jobs pour nourrir leurs enfants. L’Union européenne ou l’Organisation des Nations unies peuvent être interprétées comme un commencement de l’établissement de cet instinct d’engagement au niveau global qui nous unit et nous accomplit goutte à goutte. Il y a tellement d’exemples où l’humain a su définir le véritable engagement ; ce quelque chose en nous qui nous fait bouger de notre confort pour nous décentrer. Ainsi nous pouvons former et transformer, porter et transporter l’autre, non pas de ce que nous avons ni ce que nous savons, mais de ce que nous sommes et que nous vivons.

Le véritable engagement rend l’homme libre, il fait ce choix conscient sans être contraint par la politique, l’économie ou la culture. Mais au-delà de cela, il s’engage par amour, se donnant complètement, comme deux époux lors d’un mariage : ils s’aiment, ils se donnent et ainsi ils s’accomplissent.

Vous l’avez compris ; un synonyme d’engagement pur et vrai, c’est l’amour. Car pour moi, cela ne sert à rien d’aller combattre une armée si nous ne sommes pas armés. De même, il est inutile de se rendre quand nous avons tout ce qu’il faut pour être vainqueurs. Si nous voulons lutter contre le changement climatique, la pauvreté, la misère ou la perte de la biodiversité, nous devons non seulement nous informer pour nous former, mais il faut avant tout que nous le fassions parce que nous aimons notre planète, parce que nous aimons les créatures qui nous entourent, et parce que nous aimons l’autre.
Que l’amour soit notre force! Ce n’est qu’ainsi que notre engagement sera vrai et qu’il portera du fruit.