L’enquête du Central CID sur le BAI Mega-Financial Scam avec le détournement et blanchiment de plus de Rs 6 milliards par Dawood Rawat, qui se targue de sa récente Légion d’Honneur de la République française, aborde un nouveau tournant. Après les membres de la famille du Chairman Emeritus, dont Adeela Rawat, et son époux, Claudio Feistritzer, Laina Rawat et Brian Burns, c’est au tour des maillons forts de l’empire BAI d’être convoquée aux Casernes centrales. Seemadree Rajanah, Chief Operating Officer de BAI Co (Mtius) Ltd précédera de quelques longueurs son collègue Swadeck Taher, Chairman de Bramser Services Group Ltd pour des interrogatoires Under Warning. Par ailleurs, la partie de cache-cache que livre depuis un mois déjà le Chairman de Bramcom Holding Ltd, le pôle commercial de BAI, Claudio Feistritzer, avec les Special Administrators, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, devrait prendre dans les jours à venir une autre tournure. Jusqu’ici, l’époux de la Seven-Million Dollar Woman n’a pas voulu accuser réception officiellement et personnellement de sa lettre de démission.
L’interrogatoire de Seemadree Rajanah, l’homme de confiance de Dawood Rawat, avec des salaires de Rs 763 467 par mois en sus d’une voiture personnelle, devrait mener les hommes de l’assistant-commissaire de police, Heman Jangi, au coeur du système Rawat en matière de détournement et de blanchiment de fonds. Depuis 2011 et 2012, depuis le divorce professionnel du Chairman Emeritus de BAI avec Saleem Beebeejaun, alors occupant les fonctions de Chairman et Chief Executive Officer de BAI, le Chief Operating Officer était monté en grade dans la hiérarchie et l’estime personnelle du premier nommé.
Toutes les missions personnelles à être exécutées au nom de Dawood Rawat étaient confiées à Seemadree Rajanah, qui a écrit officiellement aux Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd, le 15 mai dernier, pour se prévaloir d’une mise à la retraite pour raison de santé à partir du 30 septembre prochain. Il a fêté ses 60 ans le 12 avril dernier. Dans un premier temps, les limiers du Central CID s’apprêtent à coincer le Chief Operating Officer sur les détails des dessous des 135 Advances/Transfers pour un montant global de Rs 653,2 millions en faveur de Dawood Rawat comme l’atteste le BAI Investment Ledger.
La moyenne des avances accordées annuellement à Dawood Rawat à partir des fonds de BAI Co (Mtius) Ltd) pour assouvir ses besoins personnels, est de l’ordre de Rs 100 millions, sans compter les Rs 38 millions pour le refinancement des Black Credit Cards d’American Express (AMEX Cards). De ces 135 cas spécifiques, deux cas retiennent l’attention. D’abord, six virements au nom de Dawood Rawat par le truchement de la Bramer Banking Corporation Ltd pour un montant total de Rs 26,5 millions, soit l’équivalent d’un million de dollars américains au taux de change du 31 décembre 2013. Le Money Trail devra mener à un compte à l’étranger.
Pourquoi Seemadree Rajanah a dû avoir recours à six transferts bancaires, dont cinq de Rs 5 millions et le dernier de Rs 1,5 million pour le compte portant le numéro 3100002222MUR 03 à la veille du Nouvel An? Tout simplement, le Chief Operating Officer n’avait l’autorisation d’apposer sa signature que pour un montant maximal de Rs 5 millions.
L’autre transaction, qui devrait figurer à l’ordre du jour de l’interrogatoire du COO de BAI touche au Half Baked Deal de Rs 66,3 millions avec comme principal bénéficiaire des fonds puisés de la souscription des polices d’assurance des clients de BAI par le patron du groupe de presse Défi Plus. Les Special Liquidators de BAI Co (Mtius) Co Ltd, qui ont initié un exercice de réclamations/saisies, sont catégoriques à l’effet que « based on our review of the records made available to us, the transfers originated from BAI Co (Mtius) Ltd, the insurance business ».
Seemadree Rajanah aura du mal à justifier les trois paiements de Rs 16 915 000 le juin 2012, un autre montant similaire le 27 juin 2012 et Rs 32,5 millions le 6 juin 2012 vu qu’il n’il y aucun contrat en bonne et due forme justifiant la nécessité de ces transferts il y a trois ans de cela.
Au chapitre des réclamations servies par le tandem Oosman/Basgeet en vue de recouvrer les fonds détournés, après un préavis de remboursement de deux semaines, des saisies-conservatoire devront être exécutées à partir de la semaine prochaine. Les premières propriétés immobilières ciblées ne sont autres que 34 des 37 appartements de luxe de Diplomat Garden. Les seuls Flats, qui ne feront pas l’objet de saisie, sont ceux appartenant à Kerima Rawat, qui s’est acquittée de ses obligations financières. Ces 34 appartements ont été « pledged » contre des dettes de Rs 257 millions sans aucun remboursement effectué juqu’ici.
Un petit détail, qui devra relancer la polémique sur l’échiquier politique, demeure qu’aucun des appartements de Diplomat Garden n’a pour propriétaire Nandanee Soornack. En fait, ce flat, qui avait accueilli des soirées de djembe avec des VVIPs sous l’ancien gouvernement, était squatté par Madam Ou Konné Ki Mwa. Du moins ce que laissent voir l’inventaire des Special Administrators car il n’y a également aucune trace de paiements de loyers en son nom.
Toujours en ce qui concerne le mandat alloué à Mushtaq Oosman et Yogesh Basget, Claudio Feistritzer sera acculé dans les jours à venir par rapport à son renvoi en tant que Chairman de Bamcom Holding Ltd. Jusqu’ici, toutes les tentatives en vue de lui remettre ce document se sont avérées vaines. Même la lettre transmise par voie de DHL est retournée à son point de départ. Le dernier recours est le service d’un huissier pour servir la lettre de démission à Claudio Feistritzer.
Cette étape est importante, car à partir de là, les Special Admnistrators seront en mesure de récupérer les grosses cylindrées de luxe, soit au nombre de sept, allouées au clan Rawat et qui sont toujours en leur possession, au moins 80 jours après l’écroulement de l’empire BAI.