Alors que les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, maintiennent le cap sur la vente d’Apollo Bramwell, d’Iframac et de Courts, la tension continue à monter au sein du personnel de ces trois entités de l’empire Rawat écroulé. En dépit des garanties obtenues, ces employés continuent à s’interroger sur la sécurité de leur emploi avec les repreneurs. Du côté de la clinique Apollo-Bramwell, deux facteurs majeurs s’ajoutent à la situation difficile. D’abord, les derniers détails du bilan financier au 31 décembre 2014 sont des plus accablants avec des pertes de Rs 1 milliard pour les deux dernières années. Ensuite, la présence d’un « Gooljaury nouveau » dans les locaux de la clinique en la personne Swadeck Taher, présenté par les employés du défunt groupe BAI comme étant le Mastermind derrière le Chairman Emeritus, Dawood Rawat. La situation est également caractérisée par des pressions intenses chez les employés de Courts avec une quinzaine de managers accusés de collecte illégale de fonds auprès des employés pour assurer les services d’un conseil légal. Des appréhensions sont également entretenues par rapport aux fonds de BAI Group Pension Fund, dont le montant s’apparente au Half-Baked Deal avec le patron du groupe Défi, exposé dans le dernier rapport des Special Administrators.
L’une des principales conclusions du bilan financier de la clinique Apollo Bramwell au 31 décembre dernier est que cette entité du conglomérat Rawat est en état de faillite déjà. C’est ce qu’indiquent les auditeurs de KPMG et d’Ashish Ramyead dans leur rapport en date du 17 mars 2015. « We draw attention to the financial statements which indicate that the Company incurred a loss of MUR 437,346,161 for the year ended December 31, 2014 and, at that date its total liabilities exceeded its total assets by MUR 655 482 419. These conditions, along with other matters, indicate the existence of a material uncertainty at the intermediate holding company level, which may cast significant doubt on the Company’s ability to continue to settle its liabilities in the ordinary course of business », soulignent les auditeurs en confirmant l’état de faillite de cette entité, présentée jusqu’à tout récemment comme un porte-drapeau du groupe.
Le bilan Restated pour l’exercice financier se terminant au 31 décembre 2013 avec des pertes de Rs 656,4 millions et le bilan de 2014 avec des pertes de Rs 438,7 millions confirment que le solde négatif de ces deux dernières années se monte à plus de Rs 1 milliard. À titre de comparaison, le dernier chiffre d’affaires annuel réalisé par Apollo-Bramwell est de Rs 884,2 millions au 31 décembre dernier. Les Assets d’Apollo Bramwell sont évalués dans le bilan financier à hauteur de Rs 500,5 millions alors que les Loans and Borrowings sont de plus de Rs 540 millions.
L’une des poches de dépense la plus importante est les Staff Costs avec Rs 530,3 millions l’année dernière, soit quelque Rs 100 millions de plus que la précédente année. Ce montant ne tient pas compte des salaires mensuels de Rs 1 million versés à la Chief Executive Officer, Valérie Rawat, ou encore le budget des salaires des directeurs, qui se compte par millions. Par contre, les Operating Expenses ont été réduites d’une année à l’autre, passant de Rs 297,2 millions en 2013 à Rs 202,8 millions en 2014.
Au-delà des faits têtus que représente le dernier bilan financier, les employés d’Apollo-Bramwell sont des plus remontés contre le traitement à la Rakesh Gooljaury accordé à Swadeck Taher, Executive Director, nommé par le board en janvier 2013. Dans une lettre de dénonciations adressée à la presse, des employés de la clinique, qui font état de faire l’objet de menaces « openly by management of Apollo Bramwell », dénoncent en des termes à peine voilés le cas de Swadeck Taher.
« Why out of all the companies of BAI, Mr Swadeck Taher, the mastermind behind all this BAI money siphoning business and many ongoing Investigations including Ex-Prime Minister case (Rs 40 million), Loans, MRA etc is still holding his position and has still not been called by the CCID ? » se demandent-ils en ajoutant « is Mr Swadeck Taher the new « Gooljaury » benefitting from the « witness protection and leniency » of this government ? ». Plus loin, ils tirent la sonnette d’alarme sur le fait que « we have witnessed a hijack of power at Apollo Bramwell with Mr Swadeck Taher and his team Dr Eshan Ollite, Sanjiv Nuckchady, Ally Musaphur, Nawaz Hossenally, Dhiraj Buruth etc with NO experience of running a hospital sacking old Management to maintain in power ! Who is protecting them ? The Government Or the Administrators ? »
Autant de questions, qui demeurent sans réponses pour ces employés, qui vivent dans l’angoisse de permettre leur emploi avec l’installation des repreneurs dans un exercice de « new skin for the old ceremony » à la Léonard Cohen vu que « the current management is holding Apollo Bramwell staff in hostage ».
Toujours en ce qui concerne Apollo-Bramwell, des employés sont inquiets par rapport à leurs contributions au BAI Group Pension Fund. Ils estiment avoir contribué un peu plus de Rs 50 millions, soit sensiblement le montant du Half-Baked Deal en faveur du patron de Défi et de Radio Plus, comme il a été confirmé par les Special Administrators au chapitre des Questionable Transactions. Ces 850 employés avec des déductions mensuelles à leurs salaires font un pressant appel aux autorités pour initier une enquête criminelle comme il a été le cas pour le Super Cash Back Gold ou encore la Bramer Asset Management Ltd.
La situation ne serait guère différente de Courts où une quinzaine de « managers have forced their staff to give Rs 200 as payment » (pour retenir les services d’un conseil légal, dont le nom est cité). La lettre de colère des employés de Courts avance que « the managers used their authority to threaten us of dismissal ». Devant cet état de choses, Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo, porte-parole de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé, sont montés au créneau pour demander aux employés de Courts de ne pas céder au chantage de ces Managers, dont les noms sont mentionnés et impliqués dans une collecte illégale et forcée de fonds. La CTSP maintient qu’elle prend la défense de ces employés en détresse sans aucune réclamation d’argent.