L’écroulement de l’empire Dawood Rawat, évalué à Rs 35 milliards, qui court sur sa 21e semaine, accouche ce matin d’un divorce avec la démission du Special Administrator de la BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yogesh Basgeet de PwC, dans le sillage d’une réunion du board de la Financial Services Commission (FSC). La raison demeure le litige autour des réclamations de fees de Rs 136 millions logées par les Special Administrators, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, pour l’Assignment en cours depuis 17 semaines. À la réunion de ce matin, Yogesh Basgeet a fait comprendre à la FSC que les partenaires de PwC s’attendaient à une décision ferme au sujet de cette facture avant d’attaquer la dernière partie de l’Assignment portant sur le Transfer of Undertaking de la BAI à la National Property Fund Limited (NPFL). Une nouvelle réunion du conseil d’administration de la FSC a été convoquée pour la mi-journée en vue de passer en revue la situation et de ratifier la décision pour la nomination de nouveaux Special Administrators pour compléter le démantèlement du conglomérat BAI. Le bureau d’experts-comptables BDO est donné comme étant en selle pour assurer la relève dans cette affaire.
Commentant sa décision de se retirer séance tenante en tant que Special Administrator, Yogesh Basgeet, dans un communiqué transmis à la presse, souligne que « my decision is the result of the current situation which is not conducive to the proper discharge of my duties and responsibilities as Special Administrator of BAI Co (Mtius) Ltd and its Related Entities. Both Mushtaq Oosman and myself, as Special Administrators, have remained committed to delivering work to the highest professional standards and have always acted in the best interest of all stakeholders of BAI and its Related Entities ».
Du côté de PwC, l’on fait comprendre que suite à cette annonce officielle « a longer press release will follow » pour apporter des précisions sur le cours des événements menant à ce divorce avec la FSC sur l’épineux dossier de la mise sous administration de la BAI. Initialement, le Senior Partner de PwC André Bonieux avait été viré par la FSC pour être remplacé par Yogesh Basgeet le 1er mai. Le 7 août dernier, Mushtaq Oosman, qui avait été désigné depuis le début en tant qu’administrateur, avait été limogé suite à une décision du conseil des ministres.
Depuis le début du mois, les relations entre les Special Administrators et la FSC ont connu une nette détérioration surtout sur le plan des réclamations des fees logées. Le premier invoice de Rs 23 millions soumis à la FSC pour le mois de mai dernier devait donner lieu à des advance payments de Rs 20 millions avec la FSC réclamant des détails sur le breakdown des dépenses encourues par les Special Administrators. Des milieux bien informés à la FSC soutiennent que les différents reminders relatifs sont restés lettres mortes.
Le problème devait prendre une autre tournure à partir du 3 août avec la décision de la FSC de procéder au capping of fees à un montant de Rs 28 millions. Dans les 24 heures suivantes, les Special Administrators devaient faire parvenir à la FSC deux autres invoices de respectivement Rs 17 M et Rs 19 M, avec la déclaration de guerre sous forme d’un communiqué de la FSC rendant publics les détails des réclamations logées et la décision de bloquer le paiement à un maximum de Rs 28 millions.
Share purchase agreement
Le bras de fer engagé entre les Special Administrators et la FSC devait monter d’un cran en fin de semaine dernière avec la FSC demandant aux premiers nommés, en particulier à Yogesh Basgeet, de soumettre un plan de travail pour compléter l’exercice de carving-out of assets de la BAI dans un délai maximal de deux semaines et de proposer un fixed fee pour cette dernière partie du travail. Un rendez-vous fixé lundi entre les deux parties ne devait rien donner et une nouvelle réunion du board de la FSC en présence du Special Administrator a été convoquée pour ce matin.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que les priorités du jour de la FSC comprenaient le bouclage des procédures par le Special Administrator du transfer of assets de Courts avec notamment la signature du share purchase agreement avec le consortium mené par l’ex-Chief Executive Officer de Mammouth, David Isaacs, et d’Iframac pour permettre les négociations entre FleetAfrica et la New Iframac Motors Ltd. Le transfert des avoirs de la clinique Apollo-Bramwell à la National Property Fund Limited, lui, a été complété hier.
Une première contrainte à laquelle a dû faire face la FSC est que le Special Administrator était réticent à signer cet accord de rachat de Courts avec le consortium Isaacs, préférant passer par un transfert des avoirs à la National Property Fund Ltd avant l’adjudication officielle. Du côté d’Iframac, après le départ confirmé de Peugeot pour Axess Ltd, le groupe Leal accueille la marque money-puller Mitsubishi alors que CFAO-IMC affiche officiellement la prestigieuse franchise Mercedes-Benz en dépit de toutes les garanties officielles données.
Exécuter les décisions arrêtées
La position officielle de la FSC est qu’il est de son devoir de faire exécuter les décisions arrêtées par le conseil des ministres lors de ses délibérations du 7 août dernier, à savoir la reprise de Courts par David Isaacs et d’Iframac sous le contrôle de la société autogérée New Iframac Motor Ltd. Jusqu’ici, aucun problème n’a surgi entre les deux parties car même le montant des fees pour cette partie du mandat avait été proposé, soit légèrement supérieur à la barre des Rs 10 millions.
À un certain moment, lors de la réunion du Board de la FSC, Yogesh Basgeet devait exprimer le souhait de permettre aux partenaires de PwC de se joindre aux discussions. Cette démarche s’est heurtée à une objection formelle des membres du conseil d’administration de la FSC. Ils soutiennent que le contrat est avec le Special Administrator à titre personnel et non avec le bureau de PwC.
Avec l’aval du Board, Yogesh Basgeet a pu quitter la salle de délibérations pour aller s’entretenir avec les partenaires de PwC. À son retour, il devait indiquer que la condition était que la FSC devait se prononcer sur les réclamations de Rs 136 millions avant de considérer toute autre option. La FSC devait s’appesantir sur la nécessité pour les Special Administrators de soumettre un « full breakdown » de ces réclamations avec des charge rates pour justifier tout paiement.
L’attention du Special Administrator a été attirée sur le fait que le capping of fees à Rs 28 millions avait été avalisé par le conseil des ministres et qu’en aucun cas, cette décision pouvait être renversée sans le feu vert du gouvernement. La formule proposée est que cette question de fees de Rs 136 millions soit « parked » le temps que l’exercice de Transfer of undertaking soit complété et tous les détails des réclamations examinés par les parties concernées. Une nouvelle réunion du board était prévue pour cet après-midi pour prendre connaissance de la position officielle du Special Administrator.
Mais à peine un quart d’heure après, la nouvelle tombe : Yogesh Basgeet annonce sa démission en tant que Special Administrator. Devant l’urgence de la situation, la seconde réunion du Board de la FSC est maintenue avec un agenda modifié : retenir les services d’un autre Special Administrator sur des conditions et des fees arrêtés et agréés d’avance. Les services de BDO sont en pole position à cet effet pour achever le démantèlement de l’empire Rawat avec une urgence, assurer le paiement des salaires des employés d’Iframac, représentant un huitième du half-baked deal de Media Matrix Ltd, et de Courts pour la fin de ce mois…