Après les Rs 411 millions réclamées à Adeela Rawat-Feistritzer et Laina Rawat, entre autres, sur 16 appartements de luxe au complexe résidentiel de Diplomat Gardens à Floréal, les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet, se lancent dans une opération « tout doit partir » des avoirs et propriétés appartenant à l’empire écroulé de Dawood Rawat. Ainsi, toute une série de propriétés, dont la Bramer House, le porte-drapeau du Chairman Emeritus, qui bénéficie du refuge en France, a été mise sur le marché. Les éventuels repreneurs ont jusqu’au 25 juillet pour soumettre des offres formelles avec un dépôt représentant 5 % de la somme cotée. En principe, sur la base des Book Values de ces propriétés, les Special Administrators devraient pouvoir recouvrer une somme variant entre Rs 680 millions et Rs 700 M. Tout cet exercice est placé sous la supervision d’EY Mauritius (ex-Ernst & Young), notamment de Gérald Lincoln. D’autre part, du côté des employés d’Iframac, de Courts et d’Apollo-Bramwell aussi bien que des détenteurs de police d’assurance, l’inquiétude et l’énervement se font de nouveau sentir à l’approche des échéances.
La principale propriété, faisant partie des placements de Bramer Property Fund Ltd, mise en vente, concerne six paliers de bureau et le rez-de-chaussée de Bramer House à Ébène. L’on notera que le 12e niveau de Bramer House, qui est au centre d’un litige entre sir Hamid Moollan, QC, et les Special Administrators, ne fait pas partie des avoirs immobiliers sur le marché. Sir Hamid Moollan soutient qu’il est le propriétaire de ce douzième étage vu qu’il avait payé la somme de Rs 100 millions pour son acquisition de même que des Flats dans l’Ebène CyberVillage.
Les six étages mis en vente couvrent une superficie de 936 mètres carrés chacun, et sur la base d’une précédente évaluation et le prix de vente d’autres étages du même immeuble, les Special Administrators pourraient encaisser une moyenne de Rs 550 millions, y compris les recettes sur les ventes de trois bureaux au rez-de-chaussée. Le prix d’un étage pourrait varier entre Rs 70 millions et Rs 85 millions, si ce n’est plus, quand l’on prend en compte que l’ancien Chief Executive Officer de la State Investment Corporation, Iqbal Mallam-Hasham, avait payé Rs 105 millions pour un étage dans un Done Deal avec la Bramer Property Fund et des fonds avancés par la Bramer Banking Corporation Limited.
Trois autres propriétés immobilières, situées dans le Central Business District de la capitale, et appartenant à la Bramer Property Fund Ltd, font partie des « Properties for Sale ». L’ancien QG de la South East Asean Bank, devenue Bramer, sise à l’angle des rues Rémy Ollier et Bourbon, couvrant une superficie de 189,9 mètres carrés, devra rapporter aux Special Administrators la somme de Rs 35 millions au prix du marché selon les spécialistes de l’immobilier.
La Pridiya Building, à l’angle des rues Pasteur et La Reine, est d’une superficie de 301,01 mètres carrés. Le prix sur le marché devrait avoisiner les Rs 55 millions alors que la vente de deux blocs de bureaux et des facilités de parking à St-James Court devra compléter les Rs 700 millions.
Mais les éventuels acheteurs de ces premières propriétés de Bramer Property Fund Ltd auront jusqu’au 25 juillet à 16 heures pour soumettre des offres cachetées avec un chèque payable à Bramer Property Fund représentant 5 % de la cotation. La balance de 95 % est payable à la conclusion de l’acte de vente. Au cas où la vente n’est pas scellée trois semaines après l’acceptation de l’offre, les 5 % feront l’objet de procédures de saisie.
En principe, la Bramer Property Fund Ltd gère des propriétés immobilières pour une valeur globale de Rs 1,3 milliard, notamment dans le complexe Le Manhattan à Curepipe, à St-James Court, à la Galerie Evershine, à Terre-Rouge et le QG d’Ireko, compagnie de construction en faillite bien avant le démantèlement du conglomérat BAI. Des terrains d’une valeur globale de Rs 886,3 millions, notamment à la rue Labourdonnais à Port-Louis, à la route Geoffroy à Bambous, à Curepipe, Grand-Baie et dans le centre de Port-Louis, font également partie des avoirs du groupe BAI. Mais ces propriétés ne sont pas pour l’instant sur le marché.
D’autre part, avec l’approche de l’échéance pour la reprise d’Iframac, d’Apollo-Bramwell et de Courts, avec les nouveaux propriétaires en cette fin de semaine, une agitation nerveuse se fait sentir parmi le personnel de ces entités, littéralement traumatisé depuis le 3 avril dernier. Ainsi, les 322 employés d’Iframac prévoient, cet après-midi, une rencontre avec leur délégué syndical, Ashok Subron. Ils comptent passer en revue la situation. Le représentant de la General Workers’ Federation précise que face aux rumeurs qui circulent, il est dans l’attente d’une réunion urgente avec le ministre de la Bonne Gouvernance, Roshi Badhain. Et ce, pour que ce dernier respecte l’engagement du conseil des ministres face à la sauvegarde des emplois.
Par ailleurs, Ashok Subron et les délégués d’Iframac cherchent des éclaircissements sur les négociations avec les repreneurs sur l’ancienneté et le maintien des emplois. « Nous souhaitons que le gouvernement propose des solutions en ligne avec les engagements pris », soutient Ashok Subron en prévision de la réunion de cet après-midi.
Du côté des détenteurs d’assurance vie de la British American Insurance (BAI), des inquiétudes sont également à l’agenda. Des retards sont notés par rapport aux paiements, qui sont arrivés à terme. Les réponses quant au retard se font désirer sur la hotline 800100 de la BAI. Une des clientes, qui a approché les services concernés, n’est pas parvenue au bout de ses peines vu qu’un paiement est dû depuis le 1er juillet. La réponse qu’elle a obtenue des services de BAI est : « L’on ne saurait vous dire quand est-ce que vous recevrez votre argent. Nous sommes en attente d’une confirmation. » Lors d’un autre appel, on lui a fait comprendre : « Rien ne dépend de la BAI. Nous attendons le feu vert de Pricewaterhouse Coopers. »
Un accueil nullement rassurant pour son assurance, peut-on conclure vu que d’autres détenteurs de police d’assurance de BAI, transférés à la National Insurance Company, sont dans la même situation…