« Nous n’allons pas vendre les actions de l’ex-groupe BAI au sein de la société Britam Ltd au Kenya. Mais rassurez-vous : tous les fonds nécessaires pour le paiement de la seconde tranche sont disponibles », a rassuré le Special Administrator Mushtaq Oosman au Mauricien à une semaine de l’échéance, et ce sans faire état d’autres détails au sujet du montage financier. Il a confirmé que les consultations d’hier avec les responsables de la National Property Fund Ltd se sont déroulées dans les meilleures conditions possible en prévision du mardi 30.
Toutefois, selon des recoupements d’informations effectués auprès de sources concordantes et autorisées, la Banque de Maurice, avec l’autorisation du gouvernement, a accordé une ligne de crédit de l’ordre de Rs 4 milliards à la National Property Fund Ltd et aux Special Administrators de la BAI Co (Mtius) pour le repaiement des 7 836 détenteurs de 12 689 polices d’assurance. Cette ligne de crédits est assortie d’un taux d’intérêt de 4 % annuellement. Le montant de la ligne de crédits a été décidé en fonction d’une évaluation des 23,34 % des actions de la BAI au sein de la société Britam Ltd sur la base de Quoted Prices sur le Nairobi Stock Exchange. Avec cette décision, un important obstacle a été éliminé dans les procédures visant à satisfaire des clients victimes de l’arnaque du Chairman Emeritus de la BAI, Dawood Rawat.
Mais pour atteindre cet objectif, les autorités ont toutefois dû avoir recours à une opération de Warehousing of the Assets, comme déjà indiqué par Le Mauricien. Cependant, pour éviter toute nouvelle controverse, la proposition en date du 6 juin dernier des Special Administrators « to rope in the National Pensions Fund » n’a pas été retenue, le gouvernement privilégiant le nouvel instrument financier, le Legacy Sovereign Fund, annoncé dans le premier Budget de L’Alliance Lepep en mars dernier.
Ainsi, la participation de 23,34 % au sein de Britam Ltd sera attribuée au Legacy Sovereign Fund. Deux des principales raisons justifiant le maintien de la présence de Maurice au sein de ce conglomérat au Kenya sont d’abord les prérogatives et droit de veto lors de la nomination du Chief Executive Officer et du directeur financier de Britam. Dans un premier temps, il y a eu une tentative de se défaire de ce privilège, que s’était octroyé Dawood Rawat. Par la suite, suite à des prises de position des Special Administrators de la BAI Co (Mtius) Ltd, cette résolution devait être retirée de l’agenda d’une assemblée spéciale des actionnaires de Britam à la fin de ce mois.
D’autre part, un rapport d’actuaires sur ces placements au Kenya prévoit une amélioration du cours de Britam Ltd à la Nairobi Stock Exchange dans un avenir pas très lointain, comparativement aux tendances enregistrées ces derniers temps. En effet, Britam Ltd a investi 4,2 milliards de shillings kenyans (environ Rs 1,5 milliard) dans le plus haut Skyscraper de Nairobi, et le troisième en Afrique. Les travaux de construction de ce qui deviendra la New Britam Tower devront être complétés au plus tard à la fin de cette année. La Britam Tower, qui comprend 33 étages, dont 350 000 pieds carrés de bureaux, devra générer de nouvelles sources de revenus en faveur de cette société et de ses actionnaires. Commentant le projet de ce nouveau QG à Upper Hill, Nairobi – doté d’un atrium, d’un Tower Housing Office et de « retail facilities such as banking halls, shops and restaurant as well as accommodation on the top levels » –, Benson Wairegi, Chief Executive Officer de Britam Ltd, affirme que « this is our flagship project within the property development portfolio and it is driven by rigorous research that showed great need for Grade A properties Nairobi ». Autant d’arguments pour convaincre la partie mauricienne de garder « ses billes au sein de Britam Ltd ».
Les enquêteurs du Central CID – sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi – mettant au point les dossiers pour les prochaines convocations des suspects dans la BAI-Mega Financial Scam, dont le Chief Operation Officer de la BAI, et présenté comme la main droite de Dawood Rawat, Seemadree Rajanah, avec des salaires de Rs 763 467 par mois –, la Mauritius Revenue Authority a pris la décision de passer à l’offensive avec une opération de redressement fiscal. Une escouade d’une trentaine de comptables, d’auditeurs et de Tax Consultants a été constituée pour se pencher sur les dossiers de ceux qui sont impliqués, d’une façon ou d’une autre, dans les scandales financiers qui défraient la chronique depuis ces six derniers mois. Les dossiers des bénéficiaires de ceux ayant bénéficié des remboursements sous le Super Cash Back Gold de la défunte BAI, sont actuellement passés à la loupe. Exception faite des cas relevant des pensions à la retraite et du Voluntary Retirement Scheme (VRS), la MRA initiera des enquêtes en vue de situer les « Sources of Funds » pour ces placements, probablement au-delà du seuil de Rs 500 000. Un premier exercice comptable indique que la MRA pourrait miser sur des recettes de Rs 1,5 milliard lors de ce redressement fiscal.
En marge de cela, les VVIPs impliquées et inculpées provisoirement – que ce soit lors de « L’opération Lakaz Lerwa Lion » ou celle de « Daylight Robbery » du groupe BAI – sont également dans le collimateur de la MRA. Dans cette perspective, Navin Ramgoolam a été formellement invité à venir s’expliquer sur ce qui s’apparente à des « unexplained wealth », en termes de dépenses se comptant par millions par le truchement de No-Limit American Express Black Cards (AMEX). À la suite de cette confrontation, l’ancien Premier ministre se verra servir un Income Tax Assessment selon les termes de la loi. Les membres de la famille Rawat – Adeela Rawat-Feistritzer, Laina Rawat, de même que leurs conjoints respectifs, Claudio Feistritzer et Brian Burns – devront très bientôt solliciter les services de Tax Advisers pour leurs prochains rendez-vous au QG de la MRA.