La clinique Apollo-Bramwell, rachetée par le gouvernement devant l’échec des Special Administrators de la BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities d’identifier un repreneur, prendra dans les prochains jours un nouveau départ. Avec l’incorporation de la NIC Health Care Ltd pour regrouper les assets et équipements de cette clinique, opérant au Réduit Triangle, le conseil des ministres a entériné, lors de la réunion d’hier matin, la décision de placer la gestion de cet établissement hôtelier sous la tutelle du ministère des Finances, le secrétaire financier Dev Manraj se voyant confier la responsabilité de mettre en place un nouveau management dans les prochains jours. Des changements devront intervenir au plus haut échelon de la clinique, la position du tandem Taher/Ollite devenant de plus en plus inconfortable.
Une des priorités définies avec le “Transfer of Undertaking” de la clinique Apollo-Bramwell à la National Insurance Company cette semaine a été de renouer le contact avec les représentants des employés et les dirigeants de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP). Ainsi, Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, de la CTSP, et trois représentants des membres du personnel ont été convoqués à une séance de travail lundi avec le secrétaire financier à l’hôtel du gouvernement.
Le but de cette rencontre est de présenter aux syndicalistes et aux employés les grandes lignes du plan par rapport à la gestion de cette clinique privée et de réitérer les garanties du gouvernement en ce qui concerne la préservation des emplois et des conditions de service des employés. Pour les mois de juillet et d’août, les salaires des employés ont ainsi été assurés par le ministère des Finances avec une ligne de crédits ouverte en vue de permettre à l’hôpital de bénéficier du renouvellement de stocks de médicaments et autres produits de santé nécessaires.
Le secrétaire financier devra confirmer, lors de cette séance de travail, l’intention du gouvernement d’avoir recours à un exercice d’appel d’offres en vue d’allouer un “Management Contract” à des spécialistes en la matière. Les autorités comptent également engager un audit complet en termes de stocks de médicaments et d’équipements à la clinique en vue d’assurer sa viabilité à long terme.
Toutefois, l’une des préoccupations des employés concerne le sort qui sera réservé aux membres du “Top Management” de l’ère Dawood Rawat encore en fonction à la clinique. Une grosse majorité des quelque 840 membres du personnel souhaitent en effet le départ du tandem Taher/Ollite, de même que d’autres hauts cadres jugés très proches du clan Rawat. Du côté de l’hôtel du gouvernement, on affirme que les mesures seront prises pour assainir la gestion de la clinique en vue d’un nouveau départ sur des bases plus solides et de confiance au sein du personnel.
La NUIC Health Care Ltd, qui regroupe une unie entité tous avoirs – que ce soit en termes d’immeubles, de propriété de terrain et d’équipements – aura à relever un défi conséquent, à savoir remettre cette clinique sur les rails de la profitabilité dans les meilleurs délais. Depuis sa mise en opération en 2009, cette clinique de 180 lits n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière, avec seulement une moyenne de 55% de taux d’occupation.
Dans un premier rapport en avril dernier établissant le Ponzi Scheme de la BAI, les Special Administrators avaient noté que « BAHEL (British American Hospitals Enterprise Limited) has been making loss since its inception. Bahel has a negative equity on account of its accumulated losses. As at 31 December 2014, total borrowings amounted to Rs 560 million ». De ces Rs 560 millions, quelque Rs 200 millions étaient sous forme de “cumulative redeemable preference shares”.
Au 31 décembre de l’année dernière, les recettes générées par les activités de la clinique étaient de Rs 884,2 millions, soit une progression de 22% par rapport au précédent exercice financier. Avec les gros salaires pratiqués, dont Rs 1 million par mois pour Valérie Rawat, responsable de la gestion de la clinique, la masse salariale se montait à Rs 530 millions en 2014, soit Rs 100 millions de plus qu’en 2013, alors que les “operating expenses” n’étaient que de Rs 202 millions. L’enjeu de la NIC Health Care Ltd est de renverser la vapeur et rendre Apollo Bramwell profitable, même si, pour 2015, le retard à rattraper sur le plan de la profitabilité paraît insurmontable du fait des événements affectant le groupe BAI depuis le 2 avril dernier.