Tout semble indiquer que la controverse autour de la révocation de la Banking Licence de la Bramer Banking Corporation Limited le 3 avril dernier sera relancée cet après-midi. Cette étape devra être franchie avec une déposition formelle consignée au Central CID par Laina Rawat en compagnie de son homme de loi, Me Shakeel Mohamed et de son époux. Elle allègue que sur la base d’informations, qui lui sont parvenues en ce début de semaine, la fermeture de la Bramer Banking Corporation Limited était préméditée et devait intervenir le 21 janvier dernier. D’autre part, à partir de ce matin, la quatrième séance d’interrogatoire Under Caution du Chief Operating Officer de BAI Co (Mtius) Ltd, Seemadree Rajanah, pourrait permettre aux enquêteurs du Central CID d’entrer dans le vif du sujet de l’écroulement de l’empire Dawood Rawat dans le cadre de l’opération Daylight Robbery. C’est ce que laissent entendre des sources proches de cette enquête aux Casernes centrales. Entre-temps, une HR Manager de BAI, Zarine Fatehgoolam, est venue consigner une déposition sur une fraude de Rs 9 millions au sein de ce groupe.
Après la déposition de Laina Rawat au Central CID peu avant 13 heures, Me Mohamed n’a pas été très bavard au sujet de la teneur des dernières révélations. « Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il s’agit d’une affaire très grave. Nous en reparlerons lors d’un point de presse aux Mohamed Chambers cet après-midi », a-t-il déclaré aux journalistes à sa sortie des locaux du Central CID.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes indiquent que les dénonciations de Laina Rawat à la police sont axées sur les dessous de la révocation de la Banking Licence de la Bramer Banking Corporation Limited par la Banque de Maurice dans la nuit du 2 au 3 avril dernier et son remplacement par une nouvelle banque.
Laina Rawat a produit au Central CID un courrier qu’elle a reçu à sa résidence hier. Dans cette correspondance, mention est faite qu’une New Bank allait remplacer la Bramer Banking Corporation, et ce depuis le 21 janvier dernier. Ce nouvel élément viendra relancer toute la controverse au sujet de la fermeture de la Bramer, qui a été le déclin de l’écroulement de l’empire Rawat, évalué à Rs 35 milliards. Elle demande à la police d’ouvrir une enquête sur les dessous de la révocation, qu’elle considère préméditée, de la Banking Licence de la banque de son père.
Jusqu’ici, la version officielle est que la Banque de Maurice a été appelée à révoquer le permis de la Bramer sur la base d’un On-Site Examination se déroulant entre le 22 janvier et le 20 février de cette année et également de l’incapacité de la banque d’assurer une injection de capitaux de Rs 350 millions au 31 mars de cette année.
D’autre part, sur le front de l’enquête sur le BAI Ponzi Scheme, des indications recueillies de sources bien renseignées avancent que l’interrogatoire du Chief Operating Officer de BAI, soit la mémoire des transferts et virements bancaires à partir du Common Policy Holders Fund et du Super Cash Back Gold en faveur du Chairman Emeritus, Dawood Rawat, devrait entamer sa phase active à partir de ce jour. Jusqu’ici, Seemadree Rajanah, celui qui avait proposé la solution d’un Management Buy-Out du groupe BAI dans la nuit du 2 au 3 avril dernier, s’est contenté de révéler son rôle et ses responsabilités au sein de ce conglomérat de même que les mécanismes de prise de décision à différents niveaux du Top Management.
« J’étais responsable d’au moins 50 compagnies au sein du groupe BAI. C’est difficile pour moi de me souvenir de tout cela. Si vous me présentez des dossiers, je serai en mesure de vous fournir des explications sur ce qui s’est passé », aurait déclaré le Chief Operating Officer de BAI, qui a retenu les services de Me Imteeaz Mamoojee pour son audition sous avertissements.
À ce stade, il est difficile de s’aventurer pour essayer de dire quels dossiers seront privilégiés par les limiers du Central CID pour cette étape de l’enquête même si les éléments d’informations ne manquent pas. L’une des pièces majeures se présente sous la forme d’un relevé des Advances to Chairman d’un montant de Rs 653 186 456 de décembre 2008 à décembre 2014. Ces détails sont puisés du BAI Investments Ledger.
À n’importe quel moment de l’interrogatoire, Seemadree Rajanah, dont la signature figure sur les autorisations pour ces advances, pourrait être appelé à élucider les zones d’ombre de ces ponctions de l’ordre de Rs 100 millions par an de la caisse du groupe BAI pour être empochées par Dawood Rawat. Le COO de BAI a été également « party to a number of deals » financés à partir des fonds détournés de cette compagnie d’assurances.
L’une de ces dernières transactions concerne la propriété des 17 appartements de luxe dans le complexe résidentiel de Diplomat Garden à Floréal avec des réclamations de Rs 411 millions logées contre les soeurs Rawat par les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities. D’ailleurs, depuis plus d’un mois déjà, Laina Rawat a pris les devants pour dénoncer la responsabilité de Seemadree Rajanah, qui avait fait comprendre aux Special Administrators qu’il n’était qu’un « postman » dans le système.
En tout cas, l’audition de Seemadree Rajanah sur les avances de Dawood Rawat et les Deals et Half-Baked Deals du groupe BAI risque de se transformer en une boîte de Pandore au fur et à mesure que des développements interviennent.
En guise d’intermède, une HR Manager de BAI, Zarine Fatehgoolam, est venue rapporter un cas de fraude de Rs 9 millions. À la mi-journée, l’exercice se poursuivait en présence de son homme de loi au QG du Central CID.