Accouchement dans la polémique en ce début d’année de la MauBank, nouvelle enseigne bancaire d’Etat, rendu nécessaire avec l’écroulement de l’empire Dawood Ajum Rawat et de la Bramer Banking Corporation Ltd, et les effets conjugués des Toxic Loans de Rs 1,5 milliard dans les livres de comptes de la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB). Le litige porte sur la participation de la Poste à hauteur de 44% de l’actionnariat de la MPCB, soit un montant de Rs 510 millions avec, dans un premier temps, la Poste forcée à « relinquish its Preemptive Rights » lors du deal avec la MauBank.  Toutefois, quand ce pot-aux-roses fut découvert, le ministère des Finances, qui supervisait le Merger et l’incorporation de la MauBank, fut contraint de remettre les pendules à l’heure par le biais d’une injection de fonds de Rs 500 millions et l’engagement de venir de l’avant à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale à la fin de mars prochain avec la présentation d’un Estimate of Supplementary Expenditure (ESE), pour couvrir ces dépenses supplémentaires.
En tout cas, la controverse de participation de Rs 510 millions (44 %) de la Poste au sein de la MPCB a fait le tour des couloirs de l’hôtel du gouvernement, d’autant plus que deux Top Wallahs du monde des finances se sont fait taper sur les doigts au plus haut niveau. En effet, pour des raisons à être élucidées, la direction de la Poste avait été amenée à renoncer à ses droits de préemption de Rs 510 millions au sein de la MPCB lors des procédures menant à l’incorporation de la MauBank.
La première bourde notée dans ce dossier : cette décision de « relinquish the rights of preemption » n’avait pas fait l’objet d’une résolution adoptée en bonne et due forme lors d’une Assemblée générale spéciale des actionnaires. Cette décision n’avait été entérinée au niveau de la Poste comme une simple motion présentée par un haut fonctionnaire. Compte tenu de cet abandon des droits, des changements devaient intervenir au tableau des avoirs de la Poste dans ses livres de comptes, d’autant plus que la Poste traîne depuis plusieurs années un trou de Rs 750 millions, notamment au chapitre du Pension Scheme.
L’alerte fut donnée au plus haut niveau quand les ajustements nécessaires étaient sur le point d’être effectués au Balance Sheet de la Poste. Ceux responsables de cette manoeuvre, susceptible de mettre en péril une institution comme la Poste, furent convoqués au plus haut niveau de la hiérarchie gouvernementale pour des explications et une séance de « brosaz latet ». « Ceux impliqués dans cet épisode d’efase refer dans les livres de la Poste devaient subir de graves remontrances pour avoir outrepassé leurs droits avec un sérieux rappel à l’ordre pour l’avenir », indiquent des sources bien tuyautées à l’hôtel du gouvernement.
Dans un premier temps, la décision de procéder à une injection de l’ordre de Rs 500 millions en provenance des fonds publics fut décidée après consultation avec la Banque de Maurice en vue de respecter les ratios de Capital Adequacy. Mais la partie n’est nullement terminée avec ces dépenses supplémentaires de Rs 500 millions; le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, devra prévoir de présenter un ESE à la rentrée parlementaire à ce sujet avec une relance de la controverse autour des coûts, allant dans la dizaine de milliards, encourus avec le démantèlement du conglomérat BAI alors que l’opération de recouvrement des Rs 1,5 milliard de Toxic Loans accordés par la MPCB sous le gouvernement de Navin Ramgoolam au clan Gooljaury n’aurait pas encore des résultats escomptés.
Les dessous de l’affaire de l’actionnariat de la poste au sein de la MPCB, avec une facture de Rs 510 millions, pourraient occuper la une de l’actualité plus tôt que prévu avec de nouvelles révélations même si à ce jour, un mutisme total est observé à ce sujet…