L’ancien Chief Executive Officer (CEO) d’Iframac Ltd Brian Burns a bénéficié des cautions “à la Mammouth” pour sa remise en liberté conditionnelle hier après-midi à la Bail & Remand Court (BRC), à Port-Louis. Le suspect inculpé de quatre charges, dont une fraude de Rs 1 milliard au détriment d’Iframac Retail (Courts), devait initialement s’acquitter d’une caution de Rs 200 000 sous les quatre charges retenues contre lui. Finalement, il ne versera que Rs 125 000. Me Gavin Glover, Senior Counsel, avait demandé une réduction des charges vu que son client « se retrouve sans emploi, que ses comptes ont été gelés, et qu’il espère que ses amis l’aideront à payer ses cautions ».
Le gendre de Dawood Rawat, Chairman Emeritus de la BAI, répond des charges provisoires de “fraudulent use of company property”, “giving false statement”, d’entente délictueuse et de blanchiment d’argent. Lors du “bail hearing” qui a eu lieu à la BRC hier, le Sub Inspector Purmanand a indiqué que Brian Burns a été arrêté dans le cadre de l’enquête « into a case of massive fraud involving BAI Group of companies and of its subsidiairies, involving a sum of Rs 6 billion to the prejudice of policy holders ». L’officier a ajouté qu’entre janvier et décembre 2013, Iframac Ltd aurait effectué deux transferts de Rs 213 millions et Rs 10 millions au bénéfice de la BA Investment Co Ltd et Seaton Investment Ltd. Il a aussi évoqué le fait que Iframac Ltd aurait maquillé une perte de Rs 355 millions en vue d’induire en erreur les investisseurs « and to avoid massive impairment to the investment held by BAI ». La police a objecté à sa motion, évoquant les risques qu’il manipule les preuves, qu’il interfère avec des témoins potentiels ou encore qu’il quitte le pays.
Me Glover a pour sa part soutenu que son client n’est plus le CEO d’Iframac et que, de ce fait, il n’a plus accès aux dossiers de la compagnie. Il a indiqué que son client est marié, a un enfant à Maurice et n’a aucune intention de quitter le pays. Il a souligné aussi que son client est prêt à soumettre son passeport britannique pour les besoins de l’enquête et a attiré l’attention de la cour sur le fait que le suspect n’est que CEO d’Iframac depuis 2012 alors que les délits reprochés remontent à 2010.
Dans son ruling, le magistrat Prithviraj Balluck a soutenu que les preuves détenues contre Brian Burns sont « faibles » et que la présomption d’innocence devrait être prise en considération. Il lui a ainsi accordé une remise sur ses cautions, soit Rs 125 000 au lieu de Rs 200 000. Il devra toutefois signer une reconnaissance de dettes de Rs 5 millions, se présenter au poste de police le plus proche tous les jours entre 6 et 18 h et remettre son passeport britannique à la police. Brian Burns a toutefois été libéré sur parole hier, vu que les caisses étaient déjà fermées. Il a comparu devant le tribunal de Rose-Hill aujourd’hui pour payer ses cautions.