La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) a manifesté à la mi-journée devant la Victoria House, où se trouve le bureau de Shakeel Mohamed, débutant ainsi leur campagne de protestations contre le ministre du Travail et des Relations industriels. Ils lui reprochent de n’avoir pas tenu sa promesse de faire amender l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA).
« Alors que le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, nous avait promis les amendements à l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA) pour fin avril/début mai dernier, il n’en a rien été. D’une part, l’Assemblée Nationale est en congé, mais malheureusement d’autre part, les travailleurs continuent à faire les frais de ces nouvelles lois du travail qui favorisent les patrons et écrasent impitoyablement les travailleurs », a expliqué au Mauricien Jane Ragoo, la nouvelle présidente de Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP).
Jane Ragoo cite, par exemple, la Commission pour la réconciliation et la médiation qui selon la loi dispose de seulement 30 jours pour régler un « litige d’intérêt ». « Mais dans la pratique, la Commission ne peut en général entendre une affaire logée devant elle, pas avant deux mois, tant les cas qu’elle doit traiter s’accumulent », explique-t-elle.
D’autre part, poursuit notre interlocutrice, quand la Commission pour la réconciliation et la médiation n’arrive pas à réconcilier les deux parties, c’est-à-dire l’employé et le patron, ece dernier dot impérativement donner son aval pour que l’affaire litigieuse soit référée à l’Employment Relations Tribunal. « Si patron pa donn so lakor pou arbitration, litiz-la bloke », commente Jane Ragoo.
« Et si l’employé et son syndicat décident d’entamer des procédures de grève, cette fois-ci la loi les oblige à avoir les votes de tous les travailleurs de l’entreprise, syndiqués ou non. Il est extrêmement difficile d’obtenir plus de 51 %, surtout dans les secteurs où il y a beaucoup de travailleurs sous contrat », déplore Jane Ragoo.
En outre, ajoute la présidente de la CTSP, au cas où un travailleur décide d’entamer personnellement une procédure devant la Commission contre son patron, la loi ne l’autorise pas à se faire accompagner de son représentant syndical devant la Commission. « Ki travayer individiel ki pou oze deklar enn litiz dintere kont so patron sou nouvo laloi ? », se demande-t-elle.
Après sa manifestation d’aujourd’hui, la CTSP se propose de faire une campagne d’affichage « pour dénoncer l’inaction », du ministre Mohamed. Dans une récente déclaration au Mauricien, le ministre du Travail et des Relations industrielles, a expliqué que les amendements aux lois de travail ont été finalisés et ceux-ci seront présentés à l’Assemblée Nationale à la rentrée parlementaire, en octobre prochain.