La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) réunit demain les employés d’Airmate Ltd à son siège de Rose-Hill pour voter en faveur d’une grève. Ils comptent ainsi d’une part faire pression pour leur intégration au sein d’Air Mauritius et, d’autre part, protester contre le traitement « discriminatoire » qu’ils subissent par rapport aux autres d’employés de la compagnie aérienne.
« Nous avons appris qu’il y a un nouveau “business model” que la direction d’Air Mauritius veut mettre en oeuvre. Encore une fois, ce sont les petits employés qui feront les frais de cette réforme et en particulier ceux d’Airmate Ltd qui subissent déjà une discrimination dans leurs salaires et autres conditions d’emploi par rapport aux employés d’Air Mauritius ! » s’indigne Jane Ragoo dans une déclaration au Mauricien. La syndicaliste rappelle que Airmate Ltd était initialement, à sa création en 2008, un centre d’appels appartenant à 100% à notre compagnie d’aviation nationale. Par la suite, elle a commencé à diversifier ses activités et à recruter du personnel pour d’autres tâches. « Mais le problème, c’est que les quelque 700 employés d’Airmate Ltd sont payés trois fois moins que les employés de la compagnie d’aviation nationale, alors qu’ils font le même travail et dans les mêmes conditions que ceux d’Air Mauritius. C’est une discrimination inacceptable ! », s’offusque-t-elle.
Selon Jane Ragoo, la CTSP et son affiliée, la Private Enterprises Employees Union (PEEU) – qui représente les intérêts des employés d’Airmate Ltd –, estiment que cette « flagrante discrimination » envers les employés d’Airmate Ltd est une « violation » de la Section 20 de l’Employment Rights Act (ERA). Celle-ci stipule, entre autres, que « work of same value should be equally remunerated ».
Lors d’une récentre rencontre avec le nouveau président du board d’Air Mauritius, Arjoon Suddoo, celui-ci leur avait demandé un délai d’environ six semaines pour voir clair dans ce problème. « A nou gran etonma, nou aprann ki board Air Mauritius pou vinn ek enn “New Business Model”. Ankor enn fwa, se ti travayer ki pou pey le fre ! », explique-t-elle.
La syndicaliste poursuit : « Pou tir travayer Air Mauritius dan bann departma kot travayer Airmate pe travay. Zot finn aussi decide pou pa renouvele bann kontra travayer Airmate qui pou perdi zot plas. Kan zot pou sanz travay bann travayer Airmate – ki alor pou travaye san bann travayer Air Mauritius kot zot – Air Mauritius pou kapav vinn zistifie kifer bizin pay travayer Airmate trwa fwa mwins, kar zot nepli fer mem travay ki travayer Air Mauritius. »
« Ne s’agit-il pas d’une stratégie éhontée du gouvernement et du nouveau board d’Air Mauritius, de “consolider” l’exploitation des employés d’Airmate Ltd ? » se demande encore la syndicaliste. « Au lieu de venir au secours de ces employés exploités d’Airmate, nous notons là une volonté délibérée de les marginaliser des employés d’Air Mauritius, de consolider leur exploitation et d’institutionnaliser cette discrimination que notre propre loi du travail sanctionne. »
« Les employés d’Air Mauritius doivent se montrer solidaires de leurs collègues d’infortune d’Airmate, car ultérieurement, ils seront tous ensemble dans le même bateau pour être sacrifiés à l’hôtel du relèvement de notre compagnie d’aviation nationale qu’une gestion catastrophique mène inexorablement à sa perte ! Sa stratezi explwat ti travayer la pa differan ki sel de l’ancien board. Se pourkwa nou pou bizin pran enn decision importan demain samdi ! » insiste Jane Ragoo.