La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), à travers son affiliée, la Chemical Manufacturing and Connected Trades Employees Union, lance une campagne contre la discrimination envers les travailleurs mauriciens en violation du principe « à travail égal, salaire égal », comme stipulé dans la Section 20 (1) (2) de l’Employment Rights Act 2008. Cela dans le cadre de l’emploi des travailleurs étrangers.
« La Section 20 (1) (2) de l’Employment Rights Act (ERiA) 2000 stipule clairement que “Every employer shall ensure that the remuneration of any worker shall not be less favourable than that of another worker performing the same type of work”. Or, nous avons constaté, avec inquiétude, que dans plusieurs entreprises employant des travailleurs étrangers, les travailleurs mauriciens subissent une discrimination éhontée en violation du principe universellement accepté d’un salaire égal pour un travail de valeur égale », explique le président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Reeaz Chuttoo. « Selon l’ERiA, la rémunération est définie comme “all emoluments in cash or in kind, earned by a worker under an agreement” ».
Reeaz Chuttoo dit avoir constaté que dans de nombreuses entreprises employant des travailleurs étrangers, ces dernier bénéficient d’une “food allowance”. « Ler dezene, ou trouv travayer etranze pe manz diri kari ki employer finn kwi pou zot, alor ki lot kote ou trouv bann Morisyin san manze ou bien zot pe bizin partaz enn ti manze ki enn parmi zot finn amené. Se inakseptab, ki bann Morisyin pa gagne enn Food Allowance “in cash” ou “in kind” alor ki bann travayer etranze gagne », s’indigne-t-il.
Selon le syndicaliste, il y a manifestement là une violation du principe universellement accepté, même par le Bureau International du Travail (BIT), d’un salaire égal pour un travail de valeur égale. « Kan enn employer donn en “food allowance” a enn travayer etranze, me li pa donn sa enn travayer morisyin, li pe fer en diskriminasion kont bann Morisyin », martèle-t-il. « En outre, c’est non seulement un manque à gagner sur la rémunération du travailleur mauricien, mais le montant de cette allocation repas reste dans la poche de l’employeur », ajoute-t-il.
Citant des chiffres, Reeaz Chuttoo soutient qu’en privant un travailleur mauricien de son allocation repas, l’employeur économise ainsi Rs 2 600 par mois. « Une food allowance de Rs 50 le repas, avec deux repas par jour sur 26 jours nous donne Rs 2 600 (Rs 50 x 2 repas = Rs 100 x 26) jours. Ces Rs 2 600 additionnelles par mois, alors qu’en moyenne un travailleur mauricien gagne Rs 6 000 par mois, auraient incité davantage de Mauriciens à intégrer notre zone franche. Comment s’étonner alors que les jeunes ne veulent plus travailler dans la zone franche. Nous lançons donc une campagne pour que les Mauriciens bénéficient des mêmes conditions de travail que les étrangers ».
Reeaz Chuttoo indique que cette campagne prendra d’abord la forme d’une lettre aux entreprises concernées. « Nous allons leur demander de rétablir les travailleurs mauriciens dans leurs droits. Au cas contraire, nous saisirons la Commission for Conciliation and Mediation de cette affaire. Si cela ne marche pas, nous irons à l’Employment Relations Tribunal et même en Cour suprême s’il le faut ».
Notons que selon les chiffres du Labour Force 3rd Quarter 2013 de Statistics Mauritius, il y a 562 400 employés à Maurice, dont 45 000 étrangers. « Sans compter 6 000 étrangers qui sont arrivés avec un visa touristes et qui travaillent dans les petits boulots du secteur informel », commente le président de la CTSP.