La Confédération des travailleurs du secteur privé organise demain dans la capitale une manifestation pour protester contre « l’envahissement » des compagnies chinoises opérant à Maurice. Cette centrale syndicale les accuse de ne pas respecter les lois du travail à Maurice et d’opérer au détriment des intérêts des travailleurs mauriciens. La dernière goutte ayant fait déborder le vase, selon le syndicat, est le licenciement d’une vingtaine de travailleurs mauriciens par la China International Water and Electrical Corp., qui opère à Maurice dans le cadre de la construction du Bagatelle Dam.
« Le licenciement abusif samedi dernier des 20 Mauriciens employés par la China International Water and Electrical Corp., qui opère à Maurice dans le cadre de la construction du Bagatelle Dam, est symptomatique des agissements de certains patrons chinois dès qu’ils entendent parler de syndicats. Nous voulons attirer l’attention des autorités mauriciennes sur la nécessité de les mettre aux pas afin qu’ils commencent à respecter les lois mauriciennes et les droits des travailleurs mauriciens ! » s’insurge Jane Ragoo, secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP).
Une vingtaine d’employés mauriciens de la China International Water and Electrical Corp., affectés à l’épierrage de la Montagne Lagrave, à Midlands, ont en effet appris samedi, après leur pause déjeuner, que leurs services n’étaient plus requis par cette compagnie chinoise. Ils ont été sommés de quitter sur le champs leur site de travail. Selon la CTSP, ceux-ci ont probablement été mis à pied car ayant entamé des démarches pour se syndicaliser. Ils souhaitaient que leurs droits soient respectés en tant que travailleurs, réclamant aussi plus particulièrement davantage de sécurité sur leur lieu de travail.
La secrétaire de la CTSP dit avoir constaté que certaines compagnies chinoise opérant à Maurice sont réfractaires à la syndicalisation de leurs employés mauriciens. « Elles trouvent toutes sortes de subterfuges pour ne pas nous donner une reconnaissance syndicale, comme l’exige la loi », explique-t-elle. « Depuis février 2009, les lois du travail ont facilité, sur papier, la syndicalisation des travailleurs mauriciens en n’exigeant qu’une représentativité de 30%. Mais dans la réalité, c’est une toute autre histoire. Dès que certains employeurs, surtout étrangers, entendent parler de syndicat, ils évoquent toutes sortes de prétextes pour mettre à la porte les travailleurs, mauriciens surtout », s’indigne-t-elle.
Les licenciés de la China International Water and Electrical Corp. et leurs représentants syndicaux (Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo notamment) ont par ailleurs été reçus hier par le Permanent Secretary au ministère du Travail et ses officiers. La vingtaine de licenciés ont ainsi pu consigner leur plainte respective et réclamer, entre autres, une indemnité de licenciement au taux punitif de 3 mois par année de service, leur boni de fin d’année au prorata, le remboursement de leurs Local Leaves et de tous leurs dûs. « Le ministère nous a signifié son intention de convoquer une réunion tripartite afin d’entendre tous les sons de cloches ! » explique Jane Ragoo.
« Il est de plus en plus important que les travailleurs comprennent qu’ils doivent s’unir, se mettre debout et défendre leurs droits. Personne ne fera cela à leur place. Je ne connais pas un seul cas où les travailleurs n’ont pas obtenu une amélioration de leurs conditions de travail quand ils se sont regroupés pour faire entendre leur voix », conclut-elle.