Avoir un meilleur contrôle sur le recrutement des cadres expatriés dans le secteur privé et la mise sur pied d’une Foreign Labour House pour les ouvriers étrangers : ce sont les propositions de la Fédération des Travailleurs Unis au ministre des Finances. Dans son mémoire soumis à Pravind Jugnauth dans le cadre du budget 2017-2018, la fédération invite également à enlever la clause de confidentialité entre le CEB et les IPP pour les nouveaux contrats.
La fédération syndicale souhaite également une réglementation pour les cadres expatriés dans le secteur privé. Selon elle, ces derniers viennent travailler à Maurice « avec des salaires honorables et des conditions d’emploi attrayantes. Toutefois, ils font fi des lois du pays et imposent des conditions contraignantes aux travailleurs mauriciens ». La FTU déplore également « l’intervention des personnalités politiques » pour que certains de ces cadres obtiennent leur permis de travail. Il est aussi rappelé qu’au début de l’industrialisation dans les années 80, les cadres expatriés étaient autorisés à travailler à Maurice pour une durée maximale de deux ans. Au cours de cette période, un Mauricien devait être formé pour prendre la relève. Tel n’est pas le cas aujourd’hui, note la FTU, qui cible particulièrement le secteur hôtelier.
Par ailleurs, la fédération syndicale souhaite de meilleurs traitements pour les ouvriers étrangers, qui contrairement aux cadres, se retrouvent souvent dans des conditions difficile. Raison pour laquelle la mise sur pied d’une Foreign Labour House est souhaitée. « Au cours de ces 15 dernières années, beaucoup ont été déportés manu militari sans avoir eu l’occasion de s’expliquer. Une Foreign Labour House pourrait être l’endroit pour accueillir les ouvriers étrangers, en attendant la fin de leur litige ».
La fédération souhaite également la création d’un fonds pour soutenir ceux qui auront perdu leur emploi lors d’une grève. C’est la proposition faite par la FTU au ministre des Finances, dans le cadre du budget 2017-2018. Cette fédération syndicale fait ressortir que la grève est le dernier recours pour permettre aux travailleurs de faire respecter leurs droits. Toutefois, le risque de perdre leur emploi les empêche d’agir et les prive de leurs droits. « L’attaque sévère sur la retraite à 60 ans est une des raisons de se mobiliser », dit la fédération.
De même, la FTU réclame un Remuneration Order pour les centres d’appels. S’appuyant sur le fait que « Maurice est en faveur d’une économie digitale », la fédération estime qu’il faut réglementer les conditions de travail dans ce secteur. Par ailleurs, il est suggéré que l’Equal Opportunities Commission soit revue et remplacée par une Equality and Human Rights Commission. Selon la FTU, l’actuelle commission n’a pas donné de résultats escomptés jusqu’ici. « Plusieurs dossiers ont été soumis à cette commission et il n’y a eu aucune action à ce jour. Les procédures sont trop rigides ».
La fédération souhaite que le tripartisme soit respecté dans plusieurs institutions importantes où selon elle, « le board est constitué uniquement de personnes nommées par le gouvernement ». Elle est d’avis qu’un représentant des travailleurs doit également faire partie de ces conseils. Les organismes concernés sont la MBC, MCML, HRDC, EOC et NPCC, entre autres.
En ce qui concerne le secteur énergétique, la FTU suggère que la clause de confidentialité entre le CEB et les Independent Power Producers (IPP) soit revue, dans le sillage de la signature d’un nouveau contrat. « L’actuel accord arrive à terme et dans un souci de transparence, il faut enlever cette clause afin que les informations soient accessibles au public. Des millions de roupies des fonds publics sont impliquées, alors, un tel accord ne peut être une confidentialité entre le CEB et les IPP ».