Ceux cherchant du travail peuvent désormais avoir accès à une liste d’emplois disponibles, tant à Maurice qu’à l’étranger. Ils peuvent y postuler directement sur le site nouvellement lancé hier : www.mauritiusjobs.mu. Quant aux employeurs, ils peuvent sélectionner les candidats dont le profil leur semble le plus approprié. Lors du lancement de cette plateforme « moderne et interactive » à Ébène hier, le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, a encouragé les employeurs et les jeunes chercheurs d’emploi à utiliser le site internet. Il s’est réjoui que le taux de chômage à Maurice était, hier, de 8% alors que, dit-il, dans d’autres pays, comme La Réunion, le taux est « à deux chiffres ».
Le projet, qui est une initiative du ministère du Travail et de l’International Organisation for Migration (IOM), a été cofinancé par l’Union européenne à hauteur de Rs 23 M, soit 65% du coût total, et le ministère du Travail italien. Selon Eric Vanhalewyn, premier secrétaire de la délégation de l’Union européenne à Maurice, l’objectif consiste, d’une part, à promouvoir la migration circulaire entre l’Italie et Maurice et, d’autre part, à générer de l’emploi et rehausser le développement économique. Il devait souligner qu’il existe un solide partenariat entre Maurice et l’Union européenne.
Pour Shakeel Mohamed, en donnant l’opportunité aux Mauriciens de trouver un travail à l’étranger, beaucoup se demanderont « pourquoi le ministre encourage les jeunes à se rendre dans ces pays ? » et « pourquoi ne pas créer de l’emploi à Maurice ? », que c’est « du brain drain ». Mais pour lui, tel est loin d’être le cas. Et de prendre l’exemple des nombreux joueurs de football ghanéens qui quittent leur pays pour intégrer de grandes équipes. « Seule une poignée de personnes réussissent. Mais au Ghana, il existe beaucoup de centres de formations de footballeurs. Cela ne veut pas dire qu’il y aura un foot drain ! ». Aussi, selon le ministre, « un chercheur d’emploi doit avoir le choix de travailler à l’étranger ou à Maurice ».
Pour le ministre, cet outil constitue une « approche moderne et efficace de faire les choses ». Il a rappelé qu’en collaboration avec l’IOM, des Mauriciens ont trouvé de l’emploi au Canada. « Nous venons de signer un accord avec le Qatar et nous sommes en train de négocier avec d’autres pays, comme la France. Les opportunités existent partout. » Il poursuit : « Se former dans une institution tertiaire ne signifie pas que l’on est employable. La question est de savoir comment on oriente les nouveaux diplômés vers les emplois. »
Shakeel Mohamed a par ailleurs fait ressortir qu’il existe beaucoup d’opportunités d’emploi dans les secteurs de l’exportation, du seafood et du textile. « Mais, regrette-t-il, beaucoup de jeunes pensent qu’il n’y a que des postes de machinistes dans ces secteurs. François Woo, le directeur de la CMT, a recruté plus de 400 jeunes stylistes et ingénieurs. Il ne s’agit pas que de jobs de machinistes ! ».
Le problème actuel, selon lui, est que, d’un côté, « nous avons des jeunes à la recherche d’un emploi » et que, de l’autre côté, « il y a des compagnies qui ne trouvent pas d’employés adaptés à leurs besoins ». La bonne nouvelle, poursuit-il, est qu’il « n’est question que d’un fine-tuning » que le nouveau site devrait permettre.
Pour sa part, Lalini Veerassamy, responsable de l’IOM de Maurice, a souligné que nombre de pays comme Maurice voient dans la migration circulaire des opportunités d’emploi. Durant les sept dernières années, indique-t-elle, l’IOM et le gouvernement mauricien ont réalisé plusieurs projets de migration circulaire au Canada, notamment dans les secteurs du tourisme, de la pêche et de l’agro-industrie. L’Union européenne, dit-elle, « a été et demeure un partenaire stratégique » pour Maurice et l’IOM.
Les chercheurs d’emploi peuvent donner leurs qualifications, CV et autres détails professionnels sur le site www.mauritiusjobs.mu. De l’autre côté, les compagnies qui recrutent peuvent poster leurs annonces.