Les animateurs de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) et ceux de la Construction, Metal, Wood and Related Industries Employees Union (CMWEU) ont, pendant 30 minutes, défié l’interdiction de la Public Gathering Act de manifester devant l’Hôtel du gouvernement, à Port-Louis, durant les séances de l’Assemblée Nationale, avant d’obtempérer à l’ordre de la police de se disperser. Ils voulaient ainsi alerter l’opinion publique sur la situation précaire des employés du secteur de la construction.
« Nou pei pe viv enn veritab kontradiksion. Dan sekter konstriksion boukou kontra pe ale avek kontrakter etranze, sirtou Sinwa. Ena 3 000 travayer morisyin ki finn met deor alor ki ena 6 000 travayer etranze ki pe sirexploite lor bann chantier dan Moris », a déclaré au Mauricien le syndicaliste Reeaz Chuttoo, un des porte-parole de la CTSP et de la CMWEU, pour expliquer le but de leur manifestation.
Selon notre interlocuteur, les Mauriciens, en tant que contribuables, paient la taxe qui sert, entre autres, à rembourser les emprunts que le gouvernement prend de l’étranger pour financer le développement des infrastructures (aéroport, routes etc.). « Me malerezman, travayer Repiblik de Moris pa pe benefisie ditou sa bann travay ki pe kre-la », s’indigne-t-il. « Bann kontrakter etranze pe amenn travayer depi Bangladesh, Népal, l’Inde ek la Chine pou travay dan Moris, parski zot kout plis bon marse, ek fer zot travay kouma bef dan bann kondision deplorab », a-t-il ajouté.
Reeaz Chuttoo exhorte les Mauriciens à se demander pourquoi l’on fait venir des étrangers pour travailler dans la construction alors qu’on n’hésite pas une seule seconde à mettre dehors les Mauriciens.
« Le pire c’est qu’une récente analyse de la situation dans le secteur de la construction à Maurice, nous a permis d’arriver à la conclusion qu’il y aura des licenciements massifs dans ce secteur. Des milliers d’ouvriers mauriciens vont perdre leur emploi si les autorités ne se ressaisissent pas et restent les bras croisés », prévient-il.
Le syndicaliste réclame par conséquent une « intervention urgente » du gouvernement pour assainir la situation dans le domaine de la construction. « Gouvernman bizin azir pou protez travayer repiblik de Moris », insiste-t-il.
Dans ce contexte, la CTSP et la CMWEU ont fait cinq propositions aux autorités gouvernementales (voir encadré).
Après avoir obéi aux ordres de la police de se disperser dans le calme, les manifestants se sont dirigés vers le bureau du ministre du Travail, Shakeel Mohamed, à la Victoria House, où ils ont continué leur manifestation dans le calme. « Nou oule ki lopinion piblik kone ki veritab sitiasion dan sekter konstriksion », affirme Reeaz Chuttoo.