Le  président de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public, Reeaz Chuttoo, a dénoncé « le laxisme » de fonctionnaires du ministère de l’Éducation pour le retard pour augmenter à Rs 9 000 les salaires des 629 femmes cleaners des écoles primaires et secondaires gouvernementales qui touchent Rs 1 500 par mois. Il dit avoir appris que ces fonctionnaires n’ont pas encore préparé les documents à être soumis au Conseil des ministres pour validation, comme promis. Il a menacé d’internationaliser ce problème lors de la commémoration de la Journée mondiale pour le travail décent, le 7 octobre prochain, si d’ici là rien n’est fait.
« Ce inakseptab ki sa bann fonksioner minister l’Edikasion-la res indiferan ek sor sa bann pov madam ki touss Rs 1 500 par mwa, alor ki zot zot travay dan konfor zot biro ek zot touss gro gro lapey par mois », soutient Reeaz Chuttoo. « Trois semaines de cela, ces femmes cleaners avaient été émues jusqu’aux larmes quand elles ont appris que les ministres du Travail, des Finances et de l’Éducation, étaient d’accord pour augmenter leur salaire à Rs 9 000. Nous, à la CTSP, nous avions la responsabilité de compiler et de soumettre leurs noms au ministère des Finances pour que le Conseil des ministres puisse avaliser cette décision depuis déjà le 1er septembre dernier. Trois semaines se sont déjà écoulées et elles attendent toujours, alors qu’elles espéraient pouvoir toucher leur nouveau salaire à la fin de septembre ».
« Quand je suis allé aux renseignements, on m’a expliqué que ce sont les fonctionnaires du ministère de l’Éducation qui tardent à préparer et à soumettre des documents nécessaires au Conseil des ministres. C’est inacceptable », s’est écrié Reeaz Chuttoo. « Les ministres du Travail, des Finances, de l’Éducation et le Premier ministre ont donné leur parole. Qu’attendent ces fonctionnaires de l’Éducation pour faire leur travail ? », s’est-il demandé. « Nous faisons appel à la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, pour faire pression sur ses fonctionnaires pour faire bouger les choses ».
Reeaz Chuttoo soutient qu’au cas où, pour ce retard, les 329 femmes cleaners concernées ne toucheront pas leur nouveau salaire ce mois-ci, la CTSP organisera le samedi 7 octobre prochain une marche contre le travail précaire à Rose-Hill, dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale pour le travail décent (voir encadré) et internationalisera ce problème à travers les sites des grandes confédérations syndicales mondiales, tels que IndustriAll, Building and Wood Workers’ International (BWI) et la Confédération syndicale internationale (CSI). « C’est une honte que des femmes soient ainsi traitées dans notre île Maurice soi-disant moderne ».
Le président de la CTSP a aussi déploré le retard apporté par le gouvernement pour amender les deux lois du travail, l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA) et dans la publication du montant des salaires minimum nationaux par le Wages Consultative Council. « En 2014, les travailleurs ont voté pour l’Alliance Lepep à cause de ces deux promesses électorales ». Il a également annoncé une manifestation devant les locaux du National Remuneration Board (NRB) pour le retard de plus d’un an apporté dans la publication des Remuneration Orders (RO) concernant les « security guards ».