Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier Luc Duval a fait état hier après-midi à l’auditorium Octave Wiehé d’une série de mesures prises ou que compte prendre son ministère afin de renforcer les chances d’embauche des jeunes tout en jugeant que le taux de chômage chez les 16-30 ans est élevé.
Devant un parterre composé de plusieurs centaines de jeunes élèves du secondaire réunis pour la remise des récompenses dans le cadre de la 21e édition du SEM Young Investor Award (SEMYIA), Xavier-Luc Duval (XLD) a saisi l’occasion pour faire état de ses préoccupations face à la situation du chômage chez les jeunes et a évoqué certaines mesures déjà exécutées ou envisagées pour l’avenir par les autorités. La question pourrait être évoquée dans le cadre du discours du budget 2014. Le Grand argentier a indiqué que sur les quelque 49 000 sans emplois que compte le pays, ceux se trouvant dans la fourchette d’âge de 16 à 30 ans représentent un pourcentage de 17 %. « C’est un taux élevé mais historiquement c’est une situation qui a perduré », a fait comprendre XLD qui, dans la même foulée, a réaffirmé que l’« employabilité » des jeunes demeure une préoccupation pour le gouvernement, d’où la décision de son ministère de mettre en route au début de l’année le projet Youth Employment Programme (YEP). Ce programme fait provision pour le placement des jeunes dans des entreprises avec une subvention à hauteur de 50 % de leurs salaires par le gouvernement. Un budget de Rs 330 millions a été voté à cette fin.
À ce jour, sur près 8 000 jeunes enregistrés sous ce programme, environ 2 500 ont été recrutés par des entreprises. « Environ 30 % des personnes sur le registre du YEP ont été embauchées. Il faut maintenant trouver des possibilités de placement pour les 70 % restants », a déclaré XLD. Ce dernier a, d’emblée, fait ressortir qu’il y a plusieurs facteurs expliquant le problème de chômage chez les jeunes Mauriciens. Il a fait état en premier lieu d’un problème de « mismatch » entre les qualifications académiques et les besoins du marché. « The trend shows that youth tend to go for the same degree as their peers », a laissé entendre le vice-Premier ministre et ministre des Finances. Selon les données dont dispose le ministère des Finances, beaucoup de jeunes diplômés (250 en finance, 300 en gestion, 150 en ressources humaines, 120 en économie et 100 en gestion hôtelière) éprouvent des difficultés à obtenir un emploi.
Bon choix
« Beaucoup de ces jeunes diplômés ont probablement choisi des filières qui ne correspondent pas aux besoins du marché ou alors possèdent des qualifications supérieures à ce que les entreprises réclament », a noté XLD. Ce dernier a exhorté les jeunes à faire le bon choix concernant le diplôme recherché. Il a annoncé que, dans le cadre des amendements à l’Education Act et à la Tertiary Education Act, des comités consultatifs sont prévus pour qu’il y ait une collaboration étroite entre les instituts de formation académique et le secteur privé pour un choix de cours répondant aux besoins de l’industrie.
XLD a également parlé du problème de manque d’expérience professionnelle des jeunes mais a observé que « without the opportunity to have a placement in an industry, no youth would have the necessary experience required for a job ». Il a en outre fait état des problèmes de communication ou d’expression chez les jeunes. Il a fait savoir qu’un programme de formation sera lancé pour rehausser les aptitudes des jeunes à mieux communiquer vu que c’est un facteur déterminant dans le processus de recrutement. « Nous devons par ailleurs mettre en place tout un programme de services-conseils à l’orientation professionnelle », a ajouté le vice-Premier ministre et ministre des Finances. Ce dernier estime que les universités à Maurice devraient publier régulièrement des données sur leurs diplômés qui ont pu trouver un emploi ainsi que les secteurs d’activités. Ces données seraient utiles à ceux qui poursuivent leurs études.
Les opportunités d’embauche des jeunes diplômés mauriciens à l’étranger seront également étudiées par les autorités. Selon XLD, une structure sera mise en place pour se pencher sur les possibilités d’embauche dans les pays africains qui sont à la recherche de jeunes professionnels. le gouvernement, a-t-il poursuivi, étudie aussi la possibilité de conversion des degrés en qualifications professionnelles notamment dans les secteurs d’activités où celles-ci sont en grande demande. Le Grand argentier a par ailleurs demandé aux jeunes de s’intéresser au projet Ebene Accelerator à l’intention des diplômés en informatique souhaitant lancer leurs propres entreprises. XLD a laissé entendre que les diplômés dans d’autres domaines tels l’agriculture pourraient également être couverts sous ce projet.