Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval a lancé officiellement ce matin le programme national de placement et de formation destiné aux chômeurs âgés de 16 à 30 ans. Le Youth Employment Programme (YEP), qui sera exécuté par le Skills Working Group, un comité mixte public/privé, porte sur la subvention de tout placement individuel en entreprise sur une période d’une année ainsi que de la formation additionnelle qui sera dispensée au candidat embauché pendant la même année. L’État remboursera à hauteur de 50 % les salaires et dépenses de formation de chaque chômeur recruté, un budget de Rs 330 millions ayant été prévu à cet effet sous le National Resilience Fund.
« Le YEP vise environ 5 000 jeunes et s’il s’avère un succès, la dotation budgétaire pourrait être augmentée », a indiqué Xavier-Luc Duval lors d’une conférence de presse. Le YEP, dit-il, est une mesure phare du budget 2013 qui doit être placée dans le cadre du combat contre le chômage, surtout chez les jeunes. Faisant référence à des données récentes de Statistics Mauritius, le VPM a déclaré qu’il y a environ 30 000 jeunes chômeurs, soit environ 25 % des personnes se trouvant dans le groupe d’âge de 16 à 30 ans. Le niveau de chômage chez les jeunes demeure fort et il y a plusieurs explications aux difficultés qu’ils rencontrent pour obtenir un emploi : manque d’expérience, problèmes de capacités ou d’aptitudes, difficulté d’accès à des informations sur les offres d’embauche, entre autres. « Le premier emploi est toujours difficile mais le gouvernement considère que c’est une priorité, d’où l’initiative d’instituer un comité mixte ministère des Finances/Joint Economic Council pour veiller à la mise en application du YEP », a souligné XLD.
Coprésidé par le Professeur Roland Dubois, conseiller aux Finances, et Raj Makoond, directeur du JEC, le Skill Working Group (SWG) comprend des représentants du Human Ressource Development Council, du Mauritius Institute of Training and Development, de la Mauritius Qualifications Authority et de la Mauritius Employers Federation. Ce comité gérera tous les dossiers d’enregistrement des chômeurs et des employeurs intéressés au YEP. Le SWG, a assuré Xavier-Luc Duval, disposera des structures appropriées pour un “fast-tracking” des dossiers de placement en entreprise et de remboursement mensuel aux parties concernées.
Placement
« Le YEP a trois objectifs : faciliter le placement et la formation en entreprise, accroître la youth employability et développer une réserve de main-d’oeuvre qualifiée pour les entreprises », a annoncé le ministre des Finances. L’enregistrement du jeune chômeur et de l’employeur potentiel peut se faire en ligne sur le site web officiel (www.yep.mu). Aussitôt l’enregistrement du candidat effectué, le SWG se mettra à effectuer le “placement matching process” sur la base des données sur les possibilités de placement communiquées par l’employeur. Après l’interview du candidat, le placement est enclenché. L’entreprise sera appelée à soumettre un rapport semestriel sur les placements réalisés. Il est prévu que le MITD organisera des cours spécifiques pour les candidats potentiels afin de faciliter l’embauche dans les entreprises identifiées. Les employeurs ayant accepté le placement des jeunes chômeurs seront appelés à verser à ces derniers leurs allocations mensuelles avant de réclamer un remboursement sous le YEP. Le programme fait provision pour le paiement de 50 % de l’allocation mensuelle d’un candidat, soit pas plus de Rs 7 500 dans le cas d’un diplômé et Rs 4 000 dans celui d’un non-diplômé. Il est aussi prévu que dans l’éventualité où un employeur aurait eu à financer une formation spécifique pour un jeune chômeur recruté, le YEP lui remboursera un montant ne dépassant pas Rs 7 500 annuellement.
Xavier-Luc Duval a déclaré que des dispositions ont été prises pour éviter tout abus du système. Outre le fait que l’employeur devra obligatoirement choisir une personne sans emploi, il devra également s’assurer qu’il n’y ait pas de lien de parenté avec le jeune chômeur et que le nom de ce dernier figure dans la base de données gérée par le SWG. Un employeur peut recruter un jeune chômeur dont le nom n’est pas inclus dans la base de données mais il devra, aussitôt le recrutement effectué, demander au candidat choisi de se faire enregistrer. Un employeur ayant recruté un minimum de 10 personnes sera tenu à retenir au moins cinq d’entre elles pour une nouvelle année sans toutefois bénéficier d’un remboursement sur l’allocation mensuelle.
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances a soutenu qu’avec le YEP le gouvernement fait la démonstration de sa volonté de s’attaquer au problème du chômage chez les jeunes. XLD s’est dit confiant que le programme fera une différence dans la vie des jeunes chômeurs. À ces derniers, il dira qu’il ne faut pas se montrer exigeant et être sélectif dans le choix de leur premier emploi.