« J’accepte les critiques de l’opposition, il y a un problème avec le Training and Employment for Disabled Persons Board. Le TEDPB doit être plus dynamique », a déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Finances au parlement hier à l’heure des débats sur l’amendement du projet de loi le régissant. Xavier-Luc Duval a, dans le même sillage, exprimé la volonté du gouvernement de rendre cet organisme plus efficace.
Xavier-Luc Duval estime que les membres du gouvernement et de l’opposition doivent travailler ensemble en vue de trouver une solution pour la formation et l’emploi des handicapés. Il souligne que 60 000 Mauriciens, dont 5 000 enfants et 30 000 personnes âgées, souffrent d’un handicap. Environ 27 000 se trouvent dans la fourchette des 19-60 ans ; parmi, seuls 8 000 travaillent et 10 % sont enregistrés auprès du TEDPB.
M. Duval souligne qu’un obstacle du TEDPB est le fait qu’il soit situé à Calebasses, d’où une accessibilité difficile pour les personnes handicapées. « Les handicapés sont coupés du board. Il y a un problème de communication », soutient-il. Le VPM et ministre des Finances annonce que l’organisme bougera bientôt à Port-Louis. « Il y a un vrai désir de la part du gouvernement d’augmenter l’efficacité de cet organisme. Il faut revoir tout son fonctionnement dont le rôle de son directeur ». Selon M. Duval, ce ne sont pas tous les handicapés qui ont besoin de formation. Certains, insistent-ils, ont des qualifications mais peinent à trouver du travail. Dans ce sillage, il lance un appel aux employeurs du secteur privé. Pour lui, « la nature compense pour le handicap et employer une personne handicapée est une bénédiction pour le pays ». Xavier-Luc Duval affirme que le texte de loi fait provision pour que tous les départements du gouvernement emploient des personnes atteintes d’un handicap.
Xavier-Luc Duval souligne que la personne autrement capable à droit à une éducation et une formation adéquate, d’où la décision du gouvernement d’augmenter de 25 % le budget pour les Special education needs pour l’année en cours. La somme allouée est ainsi passée à Rs 25 millions. Il indique qu’un millier d’enfants mauriciens ne vont pas à l’école parce qu’ils souffrent d’un handicap. Ceux-là, précise-t-il, ont droit à une éducation et souvent nécessitent les services d’une école spécialisée. M. Duval lance un appel aux entreprises privées dans le cadre de leur Corporate social responsibility (CSR).
Discrimination
La députée du MSM Leela Devi Dookun a souligné que la dignité de la personne est liée à sa capacité de se prendre en charge. Ainsi, il est important de s’assurer qu’elle puisse s’épanouir. Pour elle, il y a une volonté de la part des personnes qui travaillent dans ce milieu mais il y a un manque de volonté politique pour créer une synergie en vue d’améliorer la situation. Elle estime qu’il n’y a pas que la législation qui compte mais qu’il faut revoir la façon de faire de l’institution dans son ensemble.
Prenant la parole juste après Leela Devi Dookun, le ministre du Travail et des Relations industrielles a estimé que celle-ci n’a fait que critiquer sans apporter de proposition. Shakeel Mohamed constate que la situation est encore loin de ce qu’elle devrait être malgré le fait que le pays a ratifié la convention internationale des handicapés.
Pour le ministre du Travail, une des mesures qui aiderait à améliorer la situation est la mise en place d’une National Employment Policy qui ferait provision dans ce sens. Le gouvernement, dit-il, prépare actuellement ce document. Il dit constater que le coût est plus élevé pour les entreprises et le pays dans son ensemble lorsque les personnes atteintes de handicap ne travaillent pas. De plus, l’emploi des personnes handicapées les rend responsables. Une discrimination faite à l’encontre d’une personne à cause de son infirmité est un délit, dit-il.
Shakeel Mohamed estime important que tout lieu public puisse être accessible aux handicapés, que ce soit les bâtiments, les routes… Il pointe du doigt le parlement, le centre de la démocratie mauricienne, dont la galerie du public n’est pas accessible aux handicapés.
Satish Boolell, député du MMM, devait aussi reprendre ce point. Pour lui, il est important de ne pas avoir de préjugés sur les personnes handicapées et de changer notre point de vue car n’importe qui peut se retrouver dans une telle situation. Il est d’avis que la question relève plus de l’humanisme que de la politique. Pour lui, les amendements apportés au texte de loi ne vont pas suffisamment loin, tout en constituant un pas en avant.