Les foyers de contestation et de mobilisation contre les empreintes digitales, que cesoit pour la Biometric National ID Card du Mauritius National Identity Card Scheme (MNICS) ou pour les besoins de contrôle des employés dans le secteur privé se multiplient. Ainsi, à l’initiative de la Union of Artisans of the Sugar Industry (UASI) avec la collaboration de la GWF/Resistans & Alternativ, la Koalition – Nou Lanprunt Nou Drwa a vu le jour au cours de la semaine écoulée. La principale demande porte sur la suspension de la loi régissant la nouvelle carte d’identité nationale et les empreintes digitales au travail. De son côté, la plateforme No to Biometric Data on ID Card, menée par le Dr Rajah Madhewo et Eddie Sadien du Regroupman Travayer Sosial (RTS), poursuit sa campagne sur le terrain avec une réunion élargie, hier, à la salle Eddy Norton àla municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill.
Les principaux animateurs de la Koalition – Nou Lanprint Nou Drwa, qui regroupent des représentants syndicaux secteurs de l’économie, dont le port et l’industrie sucrière, réclament le rappel d’urgence de l’Assemblée nationale en vue de revoir les lois régissant les cartes d’identité nationale et les empreintes digitales. « Nous dénonçons la valse d’hésitations de la part des autorités dans cette affaire. Initialement, le State Law Office avait pris la décision de ne pas assurer les intérêts de la Data Protection Commisioner dans l’affaire UASI/AWGU/SILU contre Alteo Ltd. Puis, un changement est intervenu. Nous nous interrogeons sur ces tactiques dilatoires pour gagner du temps avec la fin de l’enregistrement pour la Biometric ID Card », déclarent Stephane Gua et Serge Jauffret de la Koalition – Nou Lanprint Nou Drwa.
« Nous sommes déjà en présence de nombreux cas d’abus sur des sites de travail avec les empreintes digitales et caméras. Il y a urgence pour agir, d’oùnotre demande pour la suspension des lois en vigueur, la mise sur pied d’un comité tripartite gouvernement, patronat et syndicats pour arrêter des formes de contrôle autres que les empreintes digitales sur les lieux de travail et une commission de Droits constitutionnels pour se pencher sur les caractéristiques de la nouvelle carte d’identité », soutiennent les porte-parole désignés.
Le mot d’ordre de cette coalition est “nou pou dimann tou travayer aret donn lanprint”. Serge Jauffrey s’est appuyésur le rapport rédigé en 2013 par la Data Protection Commissioner, Mme Caullychurn-Madhub, à l’effet qu’aucun employeur n’a le droit de relever et d’utiliser des empreintes digitales sans le consentement des travailleurs pour justifier le lancement de la campagne de boycott. “Alor ki Medine inn adhere, Omnicane inn laiss ouver, Alteo inn tourn ver l’Information and Communication Technology (ICT) Appeal Tribunal. Nou ankor pe atan la Cour. Entretan, proze kart identité inn vini”, dit-il.
La Koalition – Nou Lanprint Nou Drwa organisera une conférence nationale sur la question le 8 juillet prochain en vue de sensibiliser la population sur la question et dégager des actions de contestation à prendre. “A partir le 8 ziyet, nou pe sirkil bann form pou travayer Moris donn enn preavi, pou retir konsantman pou Finger Print dan tavay. Ala swit de kwa nou pu al ver 2yem rande-vou nasyonal : setadir lagrev finger print, kot travayer dan plizyer sekter travay pou refiz donn finger print dan travay”, prévoient les responsables syndicaux.
Toujoiurs en ce qui concerne les empreintes digitales au travail, l’affaire Amanda Jones/Clovis a pris une nouvelle tournure au cours de la semaine écoulée. La direction de Clavis International Primary School a fait appel contre la décision de la Data Protection Commissionner, qui est arrivée à la conclusion que l’obligation de donner des empreintes digitales constitue une violation des droits fondamentaux des employés. L’ICT Tribunal, dont le président est l’ex-Senior Magistrate Denis Vellien, a accepté une motion de Me Jean-Claude Bibi à l’effet que l’employée licenciée, l’Australienne Amanda Jones, soit partie prenante dans cette affaire.
Cette employée de Clavis International Primary School avait été licenciée par la direction de cette école privée pour avoir refusé de donner ses empreintes digitales pour le contrôle au travail. Sur la base des attendus de la décision de la Data Protection Commission, le syndicat des employés a ouvert des négociations avec le management pour que les droits de ses membres ne soient pas lésés.
Pour sa part, la plate-forme No to Biometric Data on ID Card a animé, hier, une réunion élargie à la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill en vue de regrouper les plates-formes et individus membres de la société civilequi se positionnent contre le projet de carte d’identité biométrique. L’assistance a eu droit à des projections de montages vidéos et de textes de sensibilisation réalisés par divers acteurs de la société civile. Outre les diverses interventions pour expliquer les dangers potentiels que représentent la nouvelle carte identité, des ateliers de travail se sont également déroulés. Un autre rendez-vous est prévu le 26 juillet. S’ensuivra ensuite une protestation massive annoncée pour la fin du mois d’août. La date devra être communiquée ultérieurement.