Derreck David sera absent lors des deux prochaines journées. Le Sud-Africain attaché à l’écurie Rousset a vu son appel  rejeté par le comité d’appel hier après-midi. Derreck David n’avait pas accepté les faits qui lui avaient été reprochés pour sa monture sur Seeking Angelo lors de la 9e journée. Il avait écopé d’une suspension de deux journées et d’une amende de Rs 50 000.
Derreck David avait choisi de se faire représenter par Me Yahia Nazroo alors que les intérêts du Mauritius Turf Club étaient défendus par Me Sanjay Bhuckory, avocat. Le board d’appel était composé de Me Medi Manrakhan, avocat et il avait à ses côtés Me Ravi Bookhun (avocat) et MM Jacques Giraud, Yatemini Gujadhur et Ivan Montocchio.
D’emblée, Me Yahia Nazroo devait s’interroger sur la présence de Me Manrakhan à l’effet que ce dernier fait partie du panel d’avocats du Director Of Public Prosecution (DPP). Pour lui, il pouvait avoir une perception de conflit d’intérêts du fait que le DPP ne serait pas en mesure de « take an impartial decision » si jamais cette instance avait à statuer sur une éventuelle poursuite du jockey David au civil au cas où son appel était rejeté.
Me Manrakhan trouva pour sa part que le DPP et le board d’appel étaient deux forums différents et que le DPP n’avait trouvé aucune objection à sa présence à la tête du board d’appel. Il devait aussi ajouter qu’il est un membre du Mauritius Turf Club et que cela ne pouvait l’empêcher de siéger au sein du DPP.
Me Nazroo devait aussi faire ressortir qu’il a été en relation avec Ivan Montocchio de par un de ses clients et que cette relation pouvait entacher le résultat de l’appel.
Pas moins de 13 grounds of appeal ont été formulés par Me Yahia Nazroo. Le premier point qui fut débattu concerne le fait que « The Chairman of the Racing Stewards acted under the wrong premise that the burden of proof fell upon the Appellant to show that he was not guilty of the charge, “tell us why you are not guilty of this charge”.»
Le conseil légal de Derreck David fut d’avis que c’était aux Racing Stewards de démontrer que son client était coupable « beyond any reasonable doubt » et non le contraire. Il devait aussi souligner que les RS ont tenté de convaincre son client à accepter leur « reading of the race ».
Me Sanjay Bhuckory trouva, pour sa part, que le jockey David a eu toute opportunité de se défendre et que s’il est vrai que le déroulement d’une partie de l’enquête pouvait donner droit à une certaine perception, tel n’était plus le cas quand on prend conscience de toute la transcription de l’enquête.
Le ground of appeal No. 2 ne fut pas pris en considération.
Le No.3 fait état que « The whole inquiry is a nullity inasmuch as the Chairman of the RS used evidence taken from a different inquiry to use in the present matter. The conviction cannot therefore stand» alors que No. 4 parla de la nullité de l’enquête « inasmuch as the Chairman of the RS used evidence taken from a different inquiry which evidence was adducted for a different purpose and which does not form part of the present proceedings. This renders the conviction of the Appellant unsafe.»
Me Bhuckory souligna qu’en deux occasions quand référence fut faite à l’enquête qui avait eu lieu lors de l’objection du jockey David contre le gagnant Kimberly Al, le jockey David avait répondu par l’affirmative.
Le ground of appeal No. 6 ne fut pas débattu
Le film de la course fut alors projeté avant que Derreck David, Me Nazroo et le Chief Stipe Stéphane de Chalain ne donnent leur « reading ».
Le Chairman du board d’appel, après avoir écouté les différentes parties et sur le fait que Seeking Angelo avait dû être repris au passage du but, trouva que le jockey David « put himself in that position.» Les instructions données au jockey furent aussi débattues, celles de l’assistant entraîneur Soodesh Seesurrun et de l’entraîneur Gilbert Rousset. La monte du cheval dans la partie initiale donna lieu à différents points de vue.
Les motifs 7, 8, 9 et 10 furent pris ensemble.
Me. Nazroo trouva que son client avait suivi les instructions de son entraîneur en relaxant son cheval et ne pouvait être pénalisé selon le règlement 160 A (i) des Rules of Racing. Derreck David ne pouvait aussi pas être condamné pour n’avoir pas pris la décision de « press Kimberly Al » et qu’il avait monté son cheval « in the best interest of his mount according to his professional judgement.» Mention fut aussi faite que le jockey David n’avait pas été pénalisé sous le bon règlement ou encore que la sanction était excessive si on prenait en considération les précédentes enquêtes depuis 2011.
Après avoir écouté toutes les parties concernées, Me Medi Manrakhan trouva qu’il y avait « no merits on appeal » que celui-ci était « dismissed » et aussi que le jockey devait purger sa suspension à partir de mercredi.