Il doit bien y avoir quelque chose de spécial chez Otentik Groove, qui enchaîne les succès à un rythme effréné dans différents styles, en se plaçant derrière des artistes d’horizons divers. Constitué en 2007 pour accompagner les Otentik Street Brothers en live, le groupe a joué auprès des principaux chanteurs du pays avant d’aller chercher la reconnaissance avec l’album Mo Rekonpans de Lin, en 2016.

Un an après, Nou Sime de Jason Heerah confirmait le plein potentiel de ces musiciens polyvalents, qui ont choisi cette année d’accompagner le chanteur vedette seychellois Elijah pour déclencher une Tanpet. Devenu l’orchestre le plus prolifique et dynamique du pays, constitué de musiciens capables de dégager la même intensité en seggae, reggae, ragga, séga, pop, jazz, rock, etc., Otentik Groove génère une musique qui accroche et qui le porte dans la lumière.

Ces jours-ci, les circonstances rendent les minutes précieuses pour chacun des membres du groupe. Le lancement officiel de l’album Tanpet, le concert prévu à Ébène le 10 novembre, les autres événements auxquels ils participeront à Maurice et à l’étranger dans les mois à venir leur laissent peu de répit. Ce calendrier chargé témoigne de la vivacité d’Otentik Groove, qui était récemment sur la scène du Festival Reggae Donn Sa et qui passera par le Festival Kreol avant de se produire à la Fet Kaf de La Réunion en décembre.

Et on ne parle pas des rendez-vous pris en studio, où les musiciens continuent à accompagner différents artistes dans leurs projets respectifs. Les sollicitations affluent pour les albums où la présence de ces musiciens garantit un accompagnement musical de qualité grâce à des performances complémentaires et professionnelles.

Chanteurs confirmés et débutants, ils ont été nombreux à avoir bénéficié de cette ambiance musicale particulière mise en avant par Otentik Groove. Chris Joe Clair, Jean-Michel Ayoung, Elvis Heroseau, Didier Baniaux, Géraldo Pierre et Joas Ephaim, accompagnés de la choriste et chanteuse Ludmilla Onno, ont développé une touche particulière qui résonne avec intensité dans les différents styles où ils se retrouvent. Seggae, reggae, ragga, séga, pop, disco, jazz, rock, etc. ? Demandez ce que vous voulez, ils y injecteront de la passion et de l’énergie. “Ce n’est pas uniquement une question de style musical. Ce que nous plaît avant tout, c’est faire de la musique”, confient Chris Joe et Jean-Michel Ayoung.

Période de gloire

Interrogés au sujet des albums sur lesquels ils ont participé, ils sourient : “Il y a en tellement que ce serait difficile de se souvenir de tous.” À chaque fois cependant, ils prennent le temps de s’adapter. “Nous nous mettons dans la peau de l’artiste qui fait appel à nous pour lui donner quelque chose qui lui ressemble”, explique Chris Joe. “Dans tout ce que nous entreprenons, nous y mettons le même amour”, poursuit-il. Elvis Heroseau précise : “Nous jouons ensemble depuis longtemps en studio, dans les concerts, à l’hôtel et ailleurs. Nous injectons la même énergie dans ces différents combats et nous restons polyvalents pou kapav rant dan tou lasos.”

Cassiya, Zotsa, Zenn 7, Windblows et quelques autres ont créé des effets similaires dans le passé et ont marqué leur temps. Otentik Groove vit en ce moment sa période de gloire en s’investissant sans compter dans ce qu’il entreprend, avec un désir clairement affiché de progresser et d’aller vers d’autres sommets.

Rien n’a été écrit d’avance pour ces musiciens qui n’ont pas connu les grandes théories enseignées dans les écoles de musique. Pour beaucoup, l’apprentissage s’est fait auprès des proches et s’est poursuivi dans la rue avant des frottements avec des professionnels. Zotsa a été l’une des étapes décisives. Chacun a ensuite évolué de son côté jusqu’à la proposition faite par les Otentik Street Brothers en 2007, qui voulaient d’un orchestre officiel pour leur tournée à Maurice et en Europe. D’où la création officielle d’Otentik Groove.

Travail commun

“Nous nous sommes fixé pour mission d’apporter du bonheur au public à travers la musique”, confie Chris Joe. Jean-Michel Ayoung est sur la même longueur d’onde : “Nous voulons faire les gens oublier leurs problèmes un instant ek fer zot kontan o maximum.” Pour offrir la qualité musicale recherchée, le travail en commun et en individuel est permanent. “Il n’y a aucun secret pour réussir en musique. Il faut pratiquer constamment et être le plus souvent possible avec son instrument”, disent les musiciens.

Ces derniers vivent de la musique à plein-temps : “Dans notre cas, nous devons donner le meilleur de nous-mêmes pour gagner nos vies et pouvoir faire vivre les nôtres.” Jean-Michel Ayoung précise : “Nous avons toujours appris qu’il fallait travailler dur pour gagner son pain. C’est ce que nous faisons.” Chris Joe ajoute : “Chacun fait des efforts de son côté et nous apportons chacun notre pierre au travail commun.”

En 2016, le groupe a voulu passer à une autre étape et a fait appel au chanteur Lin pour un album. Un travail commun a créé l’un des albums les plus populaires de cette année-là, Mo Rekonpans, comprenant plusieurs tubes qui ont cartonné. Ces titres étaient toujours sur les playlists lorsque la suite a été apportée avec Nou Sime, résultat d’une collaboration approfondie avec Jason Heerah, avec qui ils avaient déjà travaillé dans le passé. Cette année, c’est le chanteur vedette seychellois Elijah qui est la vedette du troisième épisode.
Loin d’avoir dit son dernier mot, Otentik Groove termine en ce moment un projet qui comprendra plusieurs chanteurs.


10 novembre

C’est “la famille Otentik Groove” au complet qui passera sur la scène du Backstage, le 10 novembre. Pour lancer l’album Tanpet d’Elijah, Chris Joe et les siens ont décidé de faire appel à Jason Heerah et Lin pour passer en revue les principaux succès du groupe et de ses collaborateurs. Blakkayo sera aussi de la partie et sera accompagné des musiciens du groupe.
Les billets sont en prévente à Rs 300. Ils coûteront Rs 400 à la porte le soir de l’événement.