Le 8 juin, Ben Harper se produira au Trianon Convention Centre. Le chanteur aux trois Grammy Awards, qui compte des fans à travers le monde, promet d’offrir le meilleur de lui-même et de proposer au public un répertoire provenant de ce qu’il a fait de mieux durant un bon quart de siècle. Ambiance folk, blues, gospel, rock, funk et reggae, pour une rencontre qu’il espère intime. C’est ce qu’il précise à Scope, en répondant à nos questions au téléphone des États-Unis.

“J’ai entendu dire que le reggae est très présent chez vous, que le français est répandu et que la nature est dominante.” C’est à peu près l’image qu’il s’est faite de Maurice. Bien que bref, l’étape mauricienne sera pour Ben Harper un moment de découverte. “J’espère faire de nouvelles connaissances chez vous, me faire de nouveaux amis, rencontrer des gens avec qui j’espère communiquer de manière la plus sincère.” Contacté des États-Unis par Scope, l’artiste ajoute : “Je suis excité à l’idée de venir chez vous et de découvrir le pays avec mes propres yeux.”

Partage d’émotions.

Le 8 juin, après trois concerts en Afrique du Sud et à la veille de passer sur la scène du Sakifo à La Réunion, le chanteur rencontrera ses fans mauriciens au Trianon Convention Centre. “Je vous apporte le meilleur de moi-même”, promet-il. Il a arrêté de boire et ne fume pas : il veut être en forme afin d’être à la hauteur des attentes du public. “J’espère que le public ressentira l’intensité avec laquelle je vais jouer pour lui. Je compte transcrire tout cela dans la musique que je lui proposerai.” Interrogé quant à son état d’esprit au moment d’un live, il nous répond : “Quand je monte sur scène, je suis toujours partagé entre un profond sentiment d’humilité et de l’excitation. Je viens pour partager la musique, les différents tons et les expressions sonores.”

Avec seize albums studio de 1992 à 2018, Ben Harper cumule de nombreuses chansons phares, dont certaines ont dominé les charts à travers le monde. Dans un style en constante évolution, il jouit d’une reconnaissance internationale depuis ses débuts. Nommé sept fois aux Grammy Awards, il a obtenu le Grammy Award du meilleur album blues avec Get Up! en 2004. Deux autres prestigieuses récompenses sont arrivées une année plus tard : le trophée du Best Pop Instrumental Performance pour 11th Commandment et le Grammy du Best Traditional Gospel album pour There Will Be A Light.

“Matters of chaos and order”

Afin que l’occasion soit unique pour son concert à Maurice, il nous affirme : “Je vous proposerai le meilleur de ce que j’ai fait en un quart de siècle.” With My Own Two Hands, Jah Work, Diamonds On the Inside, Burn One Down, Waiting On An Angel et Another Lonely Day sont parmi les incontournables qui devraient figurer dans sa playlist. S’il a autant à offrir au public, Ben Harper n’exige rien de ses fans : “Je ne veux pas leur mettre la pression. Je veux garder mes pieds sur terre pour leur faire plaisir. I don’t have expectations but I am hopeful that it goes well.”

Cette humilité affichée dans l’interview téléphonique n’est pas feinte. Ben Harper est reconnu pour être resté un homme humble et particulièrement proche de son public. À Scope, il confie s’intéresser aux matters of chaos and order, à ces choses fondamentales qui lui touchent le cœur dans le monde. L’artiste de 49 ans est connu pour son engagement pour certaines causes et actions. Il a ainsi soutenu Little Kids Rock, destiné à promouvoir la musique chez les enfants vulnérables dans les écoles publiques des États-Unis. Il milite aussi pour Amnesty International, Blue Planet Run Foundation, Clothes Off Our Back, Collaboration Foundation et Comic Relief, tout en affichant sa position contre l’expansion du nucléaire.

“I want to connect with people”.

Guitariste, auteur et compositeur, Ben Harper est aussi réputé pour la profondeur de certains de ces textes. Même si quelques-unes affichent ses positions, il précise qu’il n’a pas de message à passer : “Il s’agit davantage pour moi de partager une opinion que d’avoir des messages. Vous savez, une chanson et un message sont deux choses différentes. J’ai toujours voulu faire la distinction entre les deux.” Toujours à propos de compositions, il précise à Scope : “J’ai toujours voulu faire des titres profonds afin de communiquer avec le public. D’où le choix des mots que j’utilise pour communiquer. I want to connect with people. Je me sens honoré et privilégié de pouvoir me connecter avec le public sans avoir à entrer dans de grands discours. Je n’ai jamais appris à faire autrement que communiquer avec les gens à travers des chansons qui durent trois minutes.”
Originaire de Californie, Ben Harper a grandi dans un environnement où la musique était très présente. En 1958, ses grands-parents créent le Folk Music Centre and Museum, ce qui l’expose très tôt au banjo et à la guitare. Il fera de cette dernière son instrument de prédilection : “La guitare est l’instrument le plus expressif que j’ai trouvé jusqu’ici”, dit-il à Scope pour expliquer sa relation avec l’instrument, dont le jeu marque fortement sa musique. Autodidacte, il pratique la technique slide, où la guitare repose à plat sur ses genoux tandis qu’il fait pression sur les cordes avec une barre en métal, le slide bar. Ce qui résulte en un son métallique, comme chez les bluesmen du Mississippi, également adeptes du slide.

Sur la route du succès.

Guitare et voix sont mises de l’avant lorsqu’il lance son premier LP, Pleasure and Pain, en 1992. Une expérience qui le conduit chez Virgin, où il sort son véritable premier album en 1994, Welcome to the Cruel World. Le succès étant au rendez-vous, il enchaîne une année plus tard avec un album engagé, Fight for Your Mind. Accompagné de The Innocent Criminals, il voyage, collabore avec des groupes tels R.E.M., Pearl Jam, Radiohead ou John Lee Hooker, et bien d’autres. The Will to Live, Burn to Shine, Lifeline, Get Up! (avec Charlie Musselwhite), Childhood Home (avec Ellen Harper) et Call It What It Is figurent parmi les albums qui ont suivi.

Dans une nouvelle collaboration avec le légendaire harmoniciste et chanteur américain Charlie Musselwhite, il sort No Mercy in This Land, en 2018. Commentant l’album, le journal Le Parisien précise : “Peu importe leur différence d’âge. Ben Harper, 48 ans, et son illustre aîné Charlie Musselwhite, 74 printemps, génie de l’harmonica, ont tous deux l’amour du blues. Avec leur excellent nouvel album en duo No Mercy in This Land, les deux compères se retrouvent pour sublimer cette musique. Loin de chercher le succès à tout prix, Ben Harper se fait avant tout plaisir. Très productif ces dernières années, le costaud aux bras tatoués et au regard profond a pris des risques, passant d’un style à l’autre : folk, rock, soul, quitte à perdre son public en route. Mais dans le blues, le Californien aux vingt-six ans de carrière excelle. Sa voix chaude se marie à merveille avec les volutes poétiques de l’harmonica de Charlie Musselwhite. En 2013, les deux frères de scène avaient sorti ensemble Get Up!, récompensé par le prestigieux Grammy Award du meilleur album de blues. Leur complicité s’est encore renforcée pour réaliser ce nouveau petit bijou.”

Les leçons d’une carrière.

De Pleasure and Pain à No Mercy This Land, plusieurs choses ont changé dans sa vie : “Tu deviens plus conscient de la fragilité de tout et tu apprends à apprécier davantage les choses et à développer ta sensibilité. Tu prends aussi conscience que dans ta vie comme dans le monde, il y a des choses que tu peux changer et d’autres que tu ne pourras jamais.”

Ben Harper a constamment apporté des changements dans sa musique, qui vogue à travers folk, blues, gospel, rock, funk et reggae. Interrogé sur ce besoin de changement ressenti et exprimé, il répond : “Je ne demeure pas dans un espace musical trop longtemps. C’est ce qui me permet d’avancer et de durer.” S’agissant de ses choix de styles, il estime que la créativité est en chaque être : “Dans mon cas, ce procédé est lié à des expériences personnelles et des rencontres. On avance en prenant ce qu’il y a de meilleur dans ces moments et on crée avec le cœur. Quand j’entre dans le processus de création, j’arrête la production et tout ce que j’ai à faire à côté pour dédier ma vie uniquement à cela. C’est une immersion complète de ma part.” Rien ne détermine en avance le résultat final ou encore l’accueil que lui réservera le public. C’est d’ailleurs là une pression dont il préfère se passer : “La première règle est de créer pour soi et d’arriver à trouver la satisfaction dans ce que l’on fait. Tu espères que les gens se retrouveront dans ce que tu auras créé.”

“I can make peace on earth, with my own two hands / And I can clean up the earth, oh with my own two hands / And I can reach out to you, with my own two hands / With my own, with my own two hands”, chante Ben Harper. Et si l’occasion lui était donnée de changer le monde de ses mains, “I don’t know what I will look like; but I know what it will sound like”, répond-il en se référant à son style musical.

Le 8 juin, Ben Harper sera parmi l’un des plus grands artistes anglophones à se produire à Maurice. En l’apprenant, le chanteur répond : “Wow ! J’en suis honoré”, avant de réitérer : “Je suis impatient d’être là.”

Info

Ben Harper sera en concert le 8 juin au Trianon Convention Centre à partir de 20h. Les billets pour cet événement d’IO Production sont en vente à Rs 2,000, Rs 3,000 et Rs 4,500 chez Otayo.