Du bétail australien exporté vers Maurice a été maltraité et brutalement abattu en contravention de la règlementation australienne en matière d’exportation de bêtes sur pattes. C’est ce qu’avance, enregistrement vidéo à l’appui, Animals Australia, groupe de défense australien des droits des animaux. Cette affaire est traitée en haut lieu au Pays des Kangourous. Ainsi, alors que des voix s’élèvent pour réclamer des sanctions à l’encontre des contrevenants, le Premier ministre australien, Tony Abbott, a promis, la semaine dernière, que toute violation de la règlementation en la matière sera sanctionnée.
Ce sont des militants australiens de défense des droits des animaux regroupés au sein d’Animals Australia qui dénoncent cette nouvelle affaire de maltraitance d’animaux à Maurice comme révélée par le Sydney Morning Herald en date du jeudi 7 novembre. Il est question d’un enregistrement vidéo réalisé à Maurice et posté sur le web. La vidéo montre des taureaux australiens encordés au cou qui sont littéralement tirés hors d’un fourgon à bestiaux dépourvu de rampe et traînés par terre par plus de sept personnes.
Les militants d’Animals Australia s’insurgent contre le fait que durant la manoeuvre, un des taureaux s’est brisé une corne alors que de l’eau a été déversée sur un autre animal épuisé pour le remettre sur pattes. « The bulls were hog-tied, including one that had its two front legs stamped on before six men held it down while another slaughtered the bull after two attemps to slash its throat », écrit le Sydney Morning Herald qui indique que tout cela s’est passé durant une fête au mois d’octobre dernier.
Demande d’annulation de permis
Kelvin Thomson, député travailliste australien réputé pour être un farouche opposant au commerce du bétail sur pattes, préconise la manière forte pour mettre fin à de telles pratiques. Dans une déclaration au journal australien, il réclame du Département d’agriculture l’annulation ou la suspension des permis d’exportation de bêtes sur pattes. Le département australien concerné doit, selon lui, appliquer de véritables pénalités et non les « Mickey Mouse ones » au risque, dit-il, que ne perdure une telle « cruauté inacceptable ». « It (le Département d’agriculture, ndlr), has the power to take the export licence off this exporter and it should use it », estime le député australien.
Le même sentiment est partagé par le groupe de militants pour la protection des droits des animaux, Animals Australia qui suggère, lui aussi, de sévères pénalités. Shatha Hamade, conseil légal d’Animals Australia déclare ainsi ce qui suit au Sydney Morning Herald: « The Australian community will be mortified to see once again vision of Australian cattle being dragged, pushed, kicked and brutally slaughtered in direct contravention of Australian live export regulation. » Et d’ajouter que la seule mesure préventive se situe au niveau d’un renforcement des sanctions par le biais d’une révocation du permis d’exportation pour l’exportateur australien ou une interdiction d’importation pour l’importateur concerné.
Le journal australien précise que la règlementation australienne fait obligation aux exportateurs de bêtes sur pattes de ne traiter qu’avec des abattoirs accrédités. C’est, par ailleurs, entre les 13 et 16 octobre derniers que des éléments d’Animals Australia étaient à Maurice pour leur enquête. Ils ont, entre-temps, remis au département australien d’Agriculture l’enregistrement vidéo qu’ils ont réalisé sur place.
Un porte-parole de Barnaby Joyce, ministre australien de l’Agriculture, a promis que le département concerné trouvera les moyens nécessaires en vue de mettre fin à de telles maltraitances d’animaux. De même, le Premier ministre australien, Tony Abbott, a promis, la semaine dernière, que son gouvernement veillera à sanctionner toute violation de la règlementation en la matière.