Fait assez rare dans les annales de la police. Une objection formelle a été logée à la demande du Central CID contre la remise en liberté provisoire du surintendant de police Jitenswaraj Beefye, qui a déjà passé une première nuit en cellule au Moka Detention Centre. Ce haut gradé de la police fait face actuellement à quatre inculpations provisoires dans le cadre d’une enquête initiée suite à une déposition d’un sergent affecté au poste de police de Trou-aux-Biches, mercredi dernier. Dans un premier temps, l’officier de police incriminé avait été placé en état d’arrestation.
Le surintendant Beefye, qui a retenu les services de Me Rama Valayden, a fait valoir son droit constitutionnel à garder le silence lors de son interrogatoire au QG du Central CID dans la journée d’hier. À ce stade, les responsables de cette enquête comptent loger quatre inculpations provisoires à l’encontre du surintendant de police, à savoir intimidation criminelle, menaces contre un officier de police dans l’exercice de ses fonctions, « larceny of petrol » et torture morale.
À ce matin, les instructions émanant des Police Headquarters sont qu’une objection soit logée contre la remise en liberté provisoire de l’officier de police. Le surintendant Beefye devra donc passer le week-end en détention policière pour les besoins de l’enquête à la suite de sa comparution aujourd’hui devant le tribunal de Mapou.
Ce surintendant de police, affecté dans le Nord, s’est retrouvé dans le collimateur du Central CID après des incidents avec un sergent de police dans la nuit de mardi à mercredi. Le sergent s’était rendu à un restaurant de Trou-aux-Biches à la suite de doléances du voisinage au sujet de problèmes de pollution sonore.
Pour des raisons à être établies par l’enquête policière, le surintendant Beefye, visiblement pas dans son état normal, s’est présenté sur les lieux des incidents avec pour seule préoccupation de connaître l’identité de la personne ayant téléphoné à la police dans la nuit de mardi à mercredi pour dénoncer ce cas de nuisance sonore dans une zone résidentielle.
Le surintendant a tenté en vain d’obtenir ce détail du sergent de police. De ce fait, les échanges entre les officiers de police se sont détériorés. Craignant la suite des événements en raison des menaces portées contre lui, le sergent devait consigner une déposition en bonne et due forme au poste de police de Grand-Baie mercredi matin.
Dans la matinée d’hier, le sergent a répété verbatim les menaces portées contre lui par le surintendant de police lors de son interrogatoire, hier matin, par l’escouade du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Pregassen Vuddamalay. L’enquête policière se poursuit.