Je connaissais la fried ice cream, l’omelette norvégienne, mais pas encore le samoussa à la glace. Dans tous les cas, l’idée est de masquer la crème glacée avec une couverture, qu’elle soit une pâte ou une meringue. Perso, suis pas fan de fried ice cream : je trouve que l’huile de friture est trop présente dans la pâte. Quant à l’omelette norvégienne, celle que j’ai mangée était tip top ! Ce mélange de meringue colorée au chalumeau, de glace aux fruits rouges et de biscuit punché avec une liqueur de grande marque était juste trop bon dans ma bouche ! Il me restait donc à découvrir le fameux samoussa à la glace au coco dont m’avait parlé le Chef du restaurant Varangue sur Morne.
Sur place, je me délectais de la vue en attendant que mon hôte, Bruno Battour, me présente sa création sucrée. Tout à coup, une question fondamentale m’a effleuré l’esprit et extirpée de mon évasion. Comment manger ce samoussa ? Avec des couverts, certes ! Je visualisais le découpage de la pâte chaude et croustillante de même que la glace qui émergerait pour être dégustée rapidement, faute de quoi elle fondrait comme neige au soleil. Vous savez, c’est très embarrassant de faire crisser ses couverts sur une assiette parce que vous n’arrivez pas à trancher ce qu’il y a dedans. Ou encore : à force de lutter avec votre couteau ou par maladresse, vous finissez par lancer des morceaux de nourriture comme des projectiles dans l’assiette de vos voisins de table ! Pour avoir vécu ce drame, j’peux vous assurer que c’est une situation déplaisante. Ce soir-là, après que l’olive verte de ma salade, que je croyais dénoyautée, a atterri non sans bruit dans le verre d’un des convives du dîner auquel j’étais conviée, je n’avais qu’une seule envie : me casser !
Je me demandais également si la pâte du samoussa allait croustiller dans ma bouche lorsque je la mangerais. Et me disais que le bruit que cela ferait serait loin d’être glam ! Vous savez, j’ai en horreur les onomatopées que certains arrivent à faire, à inventer même, lorsqu’ils mangent et boivent. J’en connais qui sont classe en apparence, mais qui, une fois qu’ils portent une boisson chaude à leurs lèvres, arrondissent leur bouche pour faire ce bruissement genre fffflluuuuuurrrp, ponctué de hhhuuuuurr ! D’autres, chic ou pas, se font un plaisir de vous envoyer des patchak patchak patchak à la moindre bouchée. J’préfère ne pas penser à cet amateur de “confits”, rencontré pendant un trajet et qui se tapait la langue après chaque morceau d’ananas. Beeeuuuurk !
Ce samoussa me préoccupait. Je n’avais pas envie de fer vilin. Pas Serena ! Mais moi, le bec sucré, la grande gourmande devant l’Éternel, j’avais quand même extra envie de le déguster. Et lorsqu’il est finalement arrivé, joliment présenté, ce samoussa ne demandait qu’à être honoré. Lorsque le sympathique Chef m’a invitée à la dégustation, je ne sais comment, à quel moment et à quelle vitesse, les mots ont dépassé ma pensée. Haut perchée sur mes talons compensés, je déclinais sa proposition : “Non merci, Chef. Je suis au régime !”
Serena