Les plaisanciers de la région de Mont Choisy sont en présence d’un document explicatif sur la nature d’un projet d’Aquaparc, élaboré par Kassy Waters International Company Limited, dont le directeur exécutif est Yashley Jootun. Projet qui, comme indiqué par Week-End il ya deux semaines, a fait l’objet d’une présentation devant la TA en mars dernier, en présence de plusieurs représentants des parties concernées. Il y est clairement prévu qu’il opérerait  dans  lagon de Mont-Choisy. Regroupés au sein de la Federation of Pleasure Craft Operators (FPCO), ils se demandent pour quelles raisons la Tourism Authority (TA) et le vice-premier ministre, Xavier Duval, continuent à nier la possibilité d’un  projet d’Aquaparc à Mont Choisy alors que ce projet a été présenté aux acteurs étatiques du tourisme local. Par ailleurs, ces plaisanciers comptent adresser un courrier , en début de cette semaine à Xavier Duval en vue de discuter de la nouvelle délimitation du lagon de Mont-Choisy et proposer une solution qui serait, selon eux, une win-win situation.
Depuis quelques jours, les opérateurs de bateaux basés à Mont-Choisy sont inquiets. Pour cause, les informations de plus en plus précises qui circulent à l’effet qu’un aquaparc, Le Nautilus, s’installera bientôt dans le lagon pourtant décrété No boat zone depuis le début du mois de juin. En effet, s’il avait indiqué à Week-End que son projet d’aquaparc, premier du genre à Maurice et dans l’océan Indien, date de 2012 et qu’une demande de permis d’opération avait été faite auprès de l’ancien régime, il nous revient qu’un plan d’entreprise a été établi en janvier 2015 par Kassy Waters International Company Limited décrivant le projet d’aquaparc qu’envisage le promoteur Yashley Jootun. C’est ce qui ressort d’un document dont Week-End a pris connaissance et qui expose l’ambition de Kassy Waters International Company Limited, petite entreprise enregistrée auprès de la SMEDA en août 2012, de promouvoir “new experiences and sports activities” à travers son business Le Nautilus, dont la base d’opération, précise le document, sera sur la plage de Mont-Choisy.
 Si ce document est explicite quant à l’ambition de l’entreprise de prospérer rapidement jusqu’en 2019 suivant son entrée en opération en 2016, ce qui interpelle les opérateurs de bateaux de Mont-Choisy, c’est son implantation dans le lagon, soit aux points cardinaux (Point A 57°33’22.62”E et 20°00’53.61”S, Point B 57°33’24.75”E et 20°00’53.79”S, Point C 57°33’24.49”E et 20°00’56. “S, et Point D 57°33’22.37”E et 20°00’56.27”S), qui le situe à l’intérieur de la “boat free zone” récemment décrétée par la TA. Il est également précisé que l’aquaparc sera implanté avec une buffer zone de 5 mètres d’avec la zone de baignade.
Situation que les opérateurs de bateaux estiment injuste, si effectivement, ce projet allait de l’avant, car depuis que Mont-Choisy a été décrété no boat zone, ils se retrouvent les uns sur les autres à une extrémité de la plage. Ce qui rend plus difficile leur métier, expliquent-ils, les clients ne se déplaçant pas aussi loin pour venir à la recherche d’activités nautiques et la compétition entre opérateurs devenant plus rude et malsaine.
Frustration des plaisanciers
Ce qui frustre davantage les opérateurs de Mont-Choisy, c’est l’insistance des autorités, dont le ministre lui-même, qu’aucun projet du genre n’existe à Mont-Choisy. En effet, si pour expliquer sa décision de décréter Mont-Choisy, une no boat zone, avec une délimitation d’environ 200 mètres dans le lagon, la TA indique que l’objectif est de réduire la pression sur les lagons et assurer plus de sécurité aux baigneurs, démarche qui s’inscrit dans la politique du ministère du Tourisme de promouvoir un tourisme de qualité et l’amélioration des produits, les plaisanciers ne comprennent pas pourquoi un unique promoteur bénéficierait du droit d’exploitation de cette zone, en y installant un aquaparc.
Or, en dépit des révélations de Week-End qu’une présentation en ce sens a été faite en mars dernier au siège de l’organisme, selon la TA, qui affirme ne pas être au courant d’un tel projet, aucune demande en ce sens n’a été soumise. Le ministre Xavier Duval, sur Facebook le dimanche 29 mai, est même venu de l’avant pour à rassurer le public et les opérateurs et affirmer “qu’aucun projet d’aquaparc ne sera autorisé dans la boat free zone de Mont-Choisy”. Est-ce à dire que le projet de Kassy Waters International Company Limited ne sera pas approuvé ? Ou, les autorités feignent-elles le déni en attendant que les opérateurs de bateaux se calment, pour valider ce projet qui, selon nos informations, est considéré comme novateur pour le secteur touristique et pourrait bien aller de l’avant ?
 En tout cas, les plaisanciers de Mont-Choisy sont déterminés à ne pas se laisser faire. C’est dans cette optique qu’ils sollicitent une rencontre avec le ministre du Tourisme pour lui exposer leurs griefs et lui soumettre leurs propositions. Dans une lettre qui sera envoyée à Xavier Duval en début de cette semaine, ils expliquent qu’ils ne sont pas contre une délimitation du lagon afin que les Mauriciens et touristes puissent jouir de la mer. Cependant, précisent-ils, les autorités devraient prendre également la situation des opérateurs de bateaux en considération.
Depuis l’entrée en vigueur de la no boat zone, alors que, précédemment, ils disposaient de quatre points de passage pour les bateaux dans le lagon facilitant l’accès au public aux activités nautiques, ils ne peuvent opérer qu’au niveau des deux points d’embarcation décrétés, en l’occurrence l’un au nord de la plage (Club Med), et l’autre au sud (Tarisa Hotel). Ce qui, selon les plaisanciers, les pénalise ainsi que le public car les points sont trop isolés.
Dans cette optique, en vue d’une win-win situation, ils proposent que les autorités maintiennent les deux passages de bateaux situés dans la zone de baignade, en l’occurrence une en face des toilettes publiques et une autre à quelque 500 mètres, et introduisent deux nouveaux points d’embarcation en face de ces deux passages de bateaux afin de faciliter l’accès aux différentes activités nautiques. S’ils souhaitent le maintien de la boat free zone, ils estiment cependant qu’elle ne devrait pénaliser ni le public ni les opérateurs.
Les plaisanciers demandent ainsi au ministre du Tourisme d’effectuer une étude détaillée de la plage de Mont-Choisy, en concertation avec toutes les parties concernées, afin de déterminer une mesure à la satisfaction de tous. Cependant, précisent-ils, ils n’accepteront pas que dans la situation actuelle, un opérateur installe son aquaparc dans le lagon, à leur détriment. Ce qui, estiment-ils, serait du favoritisme, car les opérateurs de bateaux peinent de plus en plus à gagner leur vie, les touristes adoptant le concept de all-inclusive pratiqué par les établissements hôteliers.