Étant déjà under police custody, Nitin Chinien a été conduit au tribunal de district de Port-Louis, où il a comparu devant la magistrate Ida Dookhy-Ramburrun, pour répondre d’une deuxième accusation provisoire de “reach of ICTA”. Celle-ci a trait à des menaces qu’il aurait proférées à l’encontre du Premier ministre sur YouTube. Par ailleurs, demain matin, la motion de remise en liberté présentée par son conseil légal sera débattue. Un Court Order a été émis ce matin pour qu’il puisse être présent, et ce étant donné qu’après sa comparution d’hier, Nitin Chinien a été conduit en détention à la prison centrale.
Arrêté le 14 novembre, il avait comparu une première fois en cour de Port-Louis sous la charge de “Breach of ICTA – Using an information and communication service for the purpose of causing annoyance”. Cette accusation tombe sous les articles 46 (h) (i) et 47 de l’Information and Communication Act (ICTA). Le délit reproché aurait été commis le 21 juillet à Baie-du-Tombeau, date à laquelle il aurait diffusé un clip sur internet, via YouTube, intitulé « Nitin Chinien v/s MBC/PTr/MASA – abus », et dans lequel il aurait causé préjudice à certaines personnes en faisant état d’informations personnelles.
Concernant la 2e accusation logée contre l’ancien animateur de la MBC, la police lui reproche d’avoir menacé, toujours dans un clip diffusé sur YouTube, d’intercepter le cortège du Premier ministre. Lors de sa nouvelle comparution en cour de Port-Louis hier après-midi pour son second chef d’accusation de “Breach of ICTA”, la police a suggéré que l’ancien animateur soit transféré à la prison centrale de Beau-Bassin pour y être détenu jusqu’à la fin de l’enquête. En attendant, les enquêteurs du Central CID continuent d’éplucher les contenus des équipements saisis lors d’une perquisition au domicile du chanteur : un ordinateur portable de marque Asus, une caméra Sony et une clé USB de 2 GB.
Cette comparution, de même que l’interrogatoire du suspect qui l’a précédé, s’est déroulée en l’absence d’un des avocats assurant sa défense. Interrogé par Le Mauricien, qui voulait connaître les raisons de cette absence, Me Erickson Mooneapillay déclare : « Je dénonce le fait que la police ait choisi de présenter mon client, Nitin Chinien, en cour sans m’informer ou informer un membre de sa famille. C’est le droit constitutionnel de tout accusé d’être représenté par un homme de loi. Nitin Chinien, étant en détention policière à Alcatraz, était donc sous responsabilité policière. La CCID est au courant que mes services sont retenus par Nitin Chinien pour avoir assisté à son interrogatoire mercredi. De ce fait, il était de son devoir d’informer son homme de loi avant de le présenter en cour pour répondre d’une nouvelle charge. C’est une atteinte grave à son droit constitutionnel d’être représenté par un homme de loi. Une correspondance sera, en temps et lieu, adressée au commissaire de police et à la National Human Rights Commission. » Et l’avocat de laisser entendre que des actions judiciaires au civil sont envisagées.
D’autre part, un comité de soutien au chanteur a été constitué. Dans l’attente d’une libération sous caution, sa famille, ses proches, ses amis et ses fans s’inquiètent de l’état de santé physique et psychologique de ce dernier. Le comité de soutien a tenu mercredi une conférence de presse pour demander publiquement la libération sous caution du chanteur.