Depuis deux semaines, Laura Ovide fait le tour des collèges de la capitale dans l’espoir de trouver une place pour son fils Laurent Spinley. Celui-ci vient de réussir aux examens du CPE, mais parce qu’il est en fauteuil roulant, aucun établissement ne veut l’accueillir. Désespérée et en larmes, Laura Ovide a décidé de porter plainte à l’Equal Opportunities Commission (EOC) cette semaine.
En obtenant le résultat du resit du CPE le 30 décembre dernier, Laura Ovide croyait être au bout de ses peines. Le jeune garçon, en dépit de son handicap, avait pu obtenir un pass en anglais, décrochant du même coup son certificat. « Le responsable de l’école m’a donné une liste de collèges où je pouvais m’adresser pour le faire admettre. Malheureusement, partout où je me suis rendue, on m’a fait comprendre qu’on n’a jamais eu d’élève comme lui. »
Le malheur de Laurent est qu’il se déplace en fauteuil roulant et qui plus est, il porte des couches. Cela ne l’empêche toutefois pas d’apprendre comme le démontrent ses résultats. Sa soeur jumelle a eu moins de chance et devra redoubler sa classe ou se rendre dans un centre prévocationnel. Laurent, lui, ne veut pas rester à la maison. « Tous les jours il me demande si j’ai pu avoir un collège. Cela me rend triste de voir que mon fils est rejeté », affirme-t-elle en essuyant ses larmes.
Cette semaine, après avoir fait le tour des collèges de la capitale, Laura Ovide a décidé de porter plainte à l’EOC. « M. Glover et ses officiers m’ont écouté et m’ont demandé de formuler mes requêtes. J’espère qu’on pourra trouver une solution. »
Pourtant, de tels obstacles, Laurent Ovide n’en avait pas connu auparavant. « Lorsqu’il était au primaire, tout le personnel et le management de l’école Serge Coutet étaient aux petits soins avec lui. Même jusqu’à maintenant on m’appelle pour prendre des nouvelles. On veut savoir s’il a pu trouver un collège. »
Chaque matin, Laura Ovide, mère de quatre enfants habitant le Dockers’ Village à Baie-du-Tombeau, allait elle-même déposer ses jumeaux handicapés à l’école. « S’il y avait un problème, s’il fallait changer leurs couches, on m’appelait et je me rendais à l’école. » Tout en disant comprendre que le collège est un autre milieu et qu’il sera difficile pour elle de payer quelqu’un pour rester sur place pour s’occuper de son fils, elle exprime sa révolte devant la situation. « Ces enfants ne méritent-ils pas d’avoir aussi le droit à l’éducation ? Il faut prévoir quelque chose pour des enfants comme eux. »
La mère de famille dit avoir le soutien nécessaire de la Sécurité sociale et du Trust Fund pour l’éducation de ses enfants. Tout ce qui lui manque, c’est son entrée dans un collège. « Le Trust Fund m’a déjà donné son matériel scolaire. Nous n’attendons que le collège. Je souligne également qu’il a réussi son CPE du premier coup. »
De son côté, Brian Glover, président de l’EOC, nous a confirmé avoir reçu la plainte de Laura Ovide. Et vu l’urgence de la situation, le comité se réunira dès lundi après-midi pour en discuter. On espère que d’ici la fin de la semaine prochaine, des démarches puissent être entreprises auprès des autorités concernées.