En fuite depuis le jour de la proclamation des résultats des élections générales du 10 décembre de l’année dernière, Nandanee Soornack, la femme qui fut la plus puissante sous le précédent Primeministership de Navin Ramgoolam, tente d’abattre ses dernières cartes. Elle fait actuellement l’objet d’une demande d’extradition d’Italie, procédures qui sont entrées dans leur phase active depuis la semaine dernière.
Les deux envoyés spéciaux du Central CID, le chef inspecteur Dawoodharry et l’inspecteur Goinden, qui ont déjà accompli la première partie de la mission, étaient attendus à Maurice vers la fin de la semaine. En début de semaine, ils ont présenté aux autorités compétentes en Italie le dossier de la demande de rapatriement forcé de la patronne d’Airway Coffee, celle qui semait la terreur jusqu’au 10 décembre 2014 au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport ou même au Prime Minister’s Office.
Les premières indications en provenance d’Italie sont que la demande d’extradition a obtenu un avis favorable des autorités italiennes, même si pour la forme, ces dernières ont sollicité un Undertaking formel que les droits fondamentaux de la prévenue seront respectés lors de son interrogatoire. Le dossier a également été transmis au tribunal de Parme pour les procédures en présence de Nandanee Soornack, qui est en résidence surveillée depuis la mi-avril chez sa soeur.
En ce dernier week-end de mai, le suspense est toujours de mise quant à l’issue des procédures d’extradition vu que l’entourage de Nandanee Soornack soutient que celle-ci compte se battre jusqu’à la Cour des Droits de l’Homme de l’Union Européenne. D’autres sources avancent qu’elle pourrait être facilement court-circuitée par le retrait de son permis de séjour en Italie avec une reconduction de force à la frontière d’Italie vers Maurice. Le prochain debriefing des deux officiers de police avec leurs supérieurs hiérarchiques s’avère  capital pour la suite des événements.
De son côté, Me Raj Boodhoo, dont les services ont été retenus par Nandanee Soornack, était à Maurice au cours de la semaine écoulée. Il a tenté en vain d’obtenir auprès du Central CID des copies des dépositions de Rakesh Gooljaury contre elle. Cette demande a été rejetée formellement, d’autant plus que Me Raj Boodhoo, qui pratique à Londres, n’est pas inscrit au barreau mauricien.
L’éventuelle présence de Nandanee Soornack au QG du Central CID devra alourdir les pressions sur les épaules de l’ex-Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans les incidents au bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 3 au 4 juillet 2011 mais surtout dans le dossier des commissions alléguées de Rs 100 millions versées par Dufry, une compagnie basée à Berne en Suisse, suite à l’octroi du contrat de gestion et de fourniture des boutiques hors-taxes au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et au Sir Gaëtan Duval Regional Airport à Rodrigues.
Dans un premier temps, la compagnie Frydu, incorporée en Suisse par Nandanee Soornack, était le conduit pour le transfert des commissions perçues illégalement de la Mauritius Duty Free Paradise avant que n’entrât en jeu Wigam Holding Limited de Franck Gleeson. Les limiers du Central CID sous la supervision de l’assistant-commissaire de police Heman Jangi n’attendent que l’ex-partenaire d’affaires de Rakesh Gooljaury répète qu’elle n’était qu’un paravent dans cette affaire de commissions sur la vente de produits hors taxes pour passer à l’action.