La situation ne semble pas s’améliorer sur l’île voisine. En effet, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a dénoncé une « situation intolérable » sur l’île de La Réunion, avec des « violences urbaines », dans une déclaration transmise mardi soir à l’AFP.

La ministre des Outre-mer affirme ainsi que les « violences sont le fait de bandes de jeunes gens qui n’ont rien à voir avec les gilets jaunes ». Elle promet une « réponse ferme de l’État ».

Selon la presse réunionnaise, le commandant du Groupe d’intervention de la Police nationale (GIPN) a été très grièvement blessé à la main ce mardi soir durant une intervention.

Le commandant en chef du GIPN se trouve en ce moment au bloc opératoire après avoir été touché lors de la sécurisation du site du Score du Chaudron par l’explosion d’une grenade offensive. Selon zinfos974, les collègues du commandant craignent le pire étant donné que celui-ci risque une amputation.

A photo shows a demonstrator wearing a yellow vest with the words « I’m 51 years old and I protest for the first time, I’m scared and sad, think about your people » written on it as people block a road on the fourth day of protest of the so-called « yellow vest » (Gilets Jaunes) movement against high fuel prices, in Saint-Denis-de-la-Reunion, on the French overseas island of La Reunion, on November 20, 2018. (Photo by Richard BOUHET / AFP)

L’île est en proie, depuis quatre jours, à une flambée de violences avec le mouvement des « gilets jaunes ». Les autorités ont mis en place un couvre-feu la nuit dans la moitié des communes de l’île de la Réunion.

Les grandes surfaces ne sont d’ailleurs pas épargnées par les manifestations. Fermées pour la plupart pendant la journée hier, elles ont de nouveau ouvert leurs portes ce mercredi, mais jusqu’à midi seulement.

Protesters block a road on November 19, 2018 in Saint-Denis-de-la-Reunion (Photo by Richard BOUHET / AFP)

De ce fait, bon nombre de Réunionnais se sont rués dans les supermarchés aux quatre coins de l’île pour faire le plein de provisions.

En France, les « gilets jaunes » continuent de cibler les autoroutes et des dépôts pétroliers. Les forces de l’ordre s’emploient à débloquer, au quatrième jour d’un mouvement accusé de « dérive » par le gouvernement.

A car burns after being set of fire overnight on November 19, 2018 in Saint-Denis-de-la-Reunion (Photo by Richard BOUHET / AFP)

Mardi matin, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a dénoncé une « radicalisation » et une « dérive totale » des manifestations, déplorant un « très très grand nombre de blessés ».

Son collègue à l’Economie, Bruno Le Maire, a dénoncé « un certain nombre de dérives dans ces manifestations, homophobes, racistes », avec « de la violence ».

Depuis le début du mouvement les manifestations ont fait un mort et 528 blessés, dont 17 grièvement atteints, selon un bilan donné lundi soir par le ministre de l’Intérieur qui avait averti que les déblocages menés par les autorités allaient « se poursuivre ».

Emmanuel Macron répondra « en temps voulu »

Le mouvement, lancé sur les réseaux sociaux, et qui n’a pas de leader connu, est soutenu par près de trois quarts des Français, selon plusieurs sondages.

D’abord concentrés sur la hausse du prix des carburants, les griefs se sont ensuite élargis à une dénonciation plus globale en matière de taxation et de baisse du pouvoir d’achat.

La grogne pourrait se poursuivre dans les prochains jours : des appels à bloquer Paris commencent à fleurir sur les réseaux sociaux, appelant parfois à un « Acte 2 » du mouvement.

Directement interpellé par les manifestants tout au long des manifestations, le chef de l’État Emmanuel Macron a déclaré depuis Bruxelles où il se trouvait lundi qu’il répondrait au mouvement « en temps voulu ».

La veille, son Premier ministre Edouard Philippe a dit avoir entendu la « colère » et la « souffrance » des manifestants. Mais il compte maintenir « le cap » de la politique économique du gouvernement, notamment sa volonté de taxer davantage la pollution.