Depuis deux semaines maintenant, un couple d’origine mauricienne et ses trois enfants mineurs vit un véritable drame humain en Irlande. N’ayant d’autre choix que d’abandonner la maison qu’ils louaient dans le village de Kerry, à la suite d’un empoisonnement au gaz qui a même nécessité une hospitalisation, les cinq membres de cette famille sont contraints de vivre dans une voiture. Pire encore, ces Mauriciens se retrouvent sans le moindre argent pour louer une nouvelle maison ou même pour se nourrir.
En ce début de semaine, la presse irlandaise fait état du cauchemar de ces cinq Mauriciens installés dans ce pays il y a sept années maintenant. Le calvaire des Kisto a débuté il y a deux semaines, quand ils ont été hospitalisés après avoir été victimes d’un empoisonnement au gaz dans la maison qu’ils louaient dans le village de Kerry. Les trois enfants, âgés d’un an et demi, neuf ans et quinze ans, ainsi que leurs parents ont été transportés en urgence par l’ambulance au Kerry General Hospital. Le Health and Safety Executive de l’hôpital leur a fortement déconseillé de retourner dans cette maison, car ils risqueraient une aggravation de leur santé.
Dans une déclaration à la presse irlandaise, Prema Kisto, qui est sans emploi, explique que sa famille n’a aucun moyen de trouver un logement alternatif et que leurs effets personnels sont coincés dans la maison en location. Elle évoque également sa situation de détresse après s’être installée en Irlande il y a sept ans maintenant. Au départ, elle travaillait dans une maison de retraite mais son contrat n’a pas été étendu, à son grand désarroi. Son compagnon, lui, travaille dans un établissement hôtelier mais se retrouve également dans une situation financière précaire car il doit verser une pension alimentaire à son ancienne épouse. Avec une rémunération de 400 euros par semaine, il ne lui reste pratiquement rien pour subvenir aux besoins de sa nouvelle famille.
Dans un élan de générosité à cette famille mauricienne, le conseiller local indépendant Donald Grady a payé les frais de logement dans un hôtel pour la famille pour une nuit. De son côté, l’organisation oeuvrant en faveur des démunis St Vincent de Paul leur a offert un logement pour deux nuits. Mais désormais la famille se retrouve livrée à elle-même. « Je n’ai aucun moyen de nourrir ma famille. Je n’ai plus rien », ajoute Prema Kisto dans une déclaration à la presse irlandaise. Dans la soirée de vendredi, elle s’est démenée pour trouver une chambre dans la ville de Killarney. Mais ses tentatives ont été vaines. Cette mère de famille a frappé à la porte des maisons d’hôtes jusqu’à 1 h 30 du matin mais celles-ci affichaient toutes complet.
De son côté, Dan O’Leary, le conseiller du Compté de Kerry, qui agit comme coordinateur pour les sans-abri, devait concéder que le conseil ne parvient toujours pas à trouver un logement pour cette famille mauricienne. Les hébergements touristiques de Killarney sont tous remplis et le conseiller doit composer actuellement avec deux autres familles cherchant également un logement. Dan O’Leary souligne que l’unité des sans-abri du Conseil n’a pas réalisé que les enfants se rendent à l’école à Killarney quand elle a pris des dispositions pour trouver un logement pour eux dans une auberge à Tralee. Les difficultés devaient s’accumuler et la famille mauricienne a été obligée de décliner une autre offre dans une maison d’hôte compte tenu que les chambres sont équipées de moquette et que leur bébé d’un an et demi y est allergique.
Revenant sur les efforts déployés par les conseillers du Compté de Kerry, Dan O’Leary affirme qu’ils ont le sentiment d’avoir fait de leur mieux pour la famille mais qu’ils continueront quand même à chercher un endroit pour eux. La situation s’avère encore plus délicate pour la famille étant donné que l’aînée des enfants, l’adolescente de 15 ans, a dû se rendre à son Junior Cert Geography Exam il y a quelques jours, en sachant que sa famille est sans le sou et sans nourriture. « It is extraordinarily upsetting to see this family, one of whom is sitting exams, having to stay in their car. These are genuine people. We have gone back 40 years in this country », déplore le conseiller Dan O’Leary.