Après une longue bataille syndicale, une centaine d’enseignants du secondaire privé, comptant une trentaine années de service, viennent d’être promus au grade de “Education officer” et ont obtenu de fait une augmentation salariale. C’est dans ce contexte que  l’UPSEE, selon l’invitation envoyée aux nouveaux Educators, offre une réception ce matin « in honour of the minister of Education & Human Ressources » au Restaurant Comlon, à Port-Louis. L’invitation fait aussi mention d’une contribution de Rs 500 par participant.  Ceux qui ne seront pas présents ont également été sollicités pour une contribution financière. Des membres de ce syndicat expriment leur désaccord au sujet du rôle à l’avant-plan de l’UPSEE dans cette réception, qui ne cadre pas, selon eux, à la vocation syndicale.
D’anciens dirigeants de l’UPSEE sont très remontés depuis qu’ils ont pris connaissance de cette invitation qui circule dans les collèges. « Est-ce le rôle d’un syndicat d’organiser des cocktails en faveur des ministres ? » fustigent-ils.   Ils soulignent que beaucoup de litiges dans l’éducation et dans d’autres secteurs du travail ont été réglés dans le passé après âpres luttes syndicales  et que ce n’est pas pour autant que les syndicats se sont sentis obligés de distribuer des récompenses syndicales ni d’organiser des réceptions en l’honneur des ministres concernés.  « Après tout, c’est le devoir d’un ministre de trouver des solutions à chaque problème, et aux syndicats de s’assurer que les travailleurs qu’ils représentent obtiennent leur dû. Dans le cas du upgrading de ces 125 enseignants, il n’y a eu ni cadeau ni faveur. Cette réception, avec l’empreinte de l’UPSEE, est un faux pas du syndicat. Chacun doit rester à sa place et jouer son rôle correctement  », réagit un ancien président de l’UPSEE. Selon lui, il ne faut pas s’étonner si l’opinion publique critique l’engagement syndical de certaines personnes et trouve que le syndicalisme a perdu son lustre d’antan.
En revanche, ajoutent les protestataires, rien n’interdit aux nouveaux  “educators” de remercier le ministre à titre individuel ou d’une manière collective en organisant une grande fête et d’y convier les personnes qu’ils souhaitent, y compris le président de l’UPSEE.
Au sein du syndicat, plus d’un s’interrogent sur les motifs de la fête de ce matin en l’honneur de Vasant Bunwaree dont Yayah Parouty, le président du syndicat, n’a cessé de réclamer la démission comme ministre de l’Éducation. « Il y a un mois, Yayah Parouty voulait organiser une grève  générale dans le secondaire privé et voilà qu’il va organiser une réception pour encenser le ministre. Qu’est-ce qui a changé ? Quel est l’objectif de Yayah Parouty derrière cette réception en l’honneur de Bunwaree ? » questionnent les mécontents.
Mais le président de l’UPSEE affirme au Mauricien que l’initiative de cette réception revient aux new educators et que le syndicat en est seulement un facilitateur dans l’organisation. Il souligne, à plusieurs reprises, que l’organisation de cette réception a été confiée à un comité indépendamment de la direction de l’UPSEE. « Nous n’avons rien à voir dedans » martèle-t-il.  Dans ce cas, pourquoi l’invitation émane-t-elle du syndicat et porte-t-elle sa signature ? Yayah Parouty et  Bhojeparsad Jhugdamby, secrétaire du syndicat, expliquent que ces nouveaux Educators ont demandé au syndicat de leur donner un « coup de main » parce qu’ils sont dispersés dans différents collèges du pays et qu’ils ont besoin d’un soutien logistique pour faire la coordination et du savoir-faire du syndicat dans l’organisation de ce type d’événement. « Nous répondons tout simplement aux souhaits de nos membres. » Selon Yayah Parouty, le fait que le sceau de l’UPSEE figure sur l’invitation « ne gêne pas le syndicat ».
Le syndicat aurait demandé aux “Educators” qui ne s’y rendront pas à ce get-together d’aujourd’hui en l’honneur du ministre d’y apporter une contribution financière. Le président de l’UPSEE ne dément pas cet appel à l’aide. « Nous leur avons demandé une contribution symbolique même s’ils ne viennent pas, mais ce n’est pas le syndicat qui s’est occupé de la question financière », soutient-il.