L’invité de marque des 2es Championnats d’Afrique Cadets, l’Ukrainien Serguei Bubka, a foulé le sol mauricien hier en milieu de journée. Visiblement ravi et décontracté en blouson et jean, celui qu’on surnomme le ‘Tsar’ de la perche mondial s’est dit très heureux de revenir à Maurice et surtout « pour voir bien sûr les jeunes s’affronter » dès cet après-midi lors du coup d’envoi de l’événement prévu quatre jours durant jusqu’à dimanche au stade Maryse Justin, Réduit.
L’ancien recordman mondial de la perche qui visite notre île pour la troisième fois tout au moins est arrivé par le vol de Paris après avoir assisté, la veille à la réunion de l’exécutif de l’IAAF tenue à Pékin en tant que vice-président de l’instance mondiale de l’athlétisme. Accueilli à l’aéroport SSR par le président de l’Association mauricienne d’athlétisme, Vivian Gungaram et Josiane Boullé, présidente du Comité d’organisation des Championnats d’Afrique Cadets (COCAD), Serguei Bubka n’a pas hésité un seul instant à se confier. « Je suis vraiment très heureux, car c’est un plaisir de revenir ici. Les souvenirs que j’en garde sont mémorables. Maurice est une île si paisible. Les gens sont très hospitaliers et aimables. Et je suis là pour y passer encore quelques jours et bien sûr pour voir aussi les jeunes athlètes africains prendre part à la compétition », s’enthousiasme-t-il.
Véritable légende vivante, l’Ukrainien, 52 ans, a régné deux décennies durant sur la perche mondiale avec notamment un ancien record du monde en plein air devenu presque mythique situé à 6,14 m réalisé à Sestrière le 31 juillet 1994. Mais depuis son retrait en 2000, il dit dévouer uniquement sa vie à la promotion et au développement de l’athlétisme chez les jeunes. « Je m’occupe de l’administration du sport. Les jeunes sont pétris de talents, de talents inestimables pour le futur. C’est un aspect sur lequel je me focalise, car le défi c’est de pouvoir les aider à élever leur niveau pour construire leur avenir. »
Aussi l’appel qu’il lance aux jeunes est de pratiquer le sport, l’athlétisme en particulier qui est « un sport universel et le n°1 de tous les sports olympiques et non olympiques en général », clame-t-il. « Ils peuvent y trouver leur voie. C’est important de les amener au sport, car l’athlétisme peut changer la vie des jeunes. Ce sport peut leur ouvrir les portes sur l’avenir et sur l’éducation. De bons résultats peuvent faire d’eux des athlètes performants et forts. »
Dépossédé depuis le 15 février 2014 de son record du monde – il détenait également la référence en salle avec 6,15 m depuis 1993 – réalisé sous ses yeux à Donetsk par le Français Renaud Lavillénie – celui-ci s’élevant au-dessus de 6,16 m en salle – Serguei Bubka ne cache pas son admiration pour celui qu’il considère un peu comme son héritier et nouvel héros de l’athlétisme mondial. « C’est un compétiteur que j’aime beaucoup et avec qui j’entretiens d’excellentes relations. Il est simplement hors norme et je l’apprécie aussi beaucoup humainement parlant. Il est un héros, une véritable star de l’athlétisme et un digne ambassadeur de la perche mondiale. Je suis vraiment fier qu’il m’ait pris le relais pour mener l’athlétisme et le saut à la perche toujours plus haut. »
Vice-président de l’IAAF et devenu depuis 1999 membre du Comité International Olympique (CIO) et également président du comité national olympique de son pays, Serguei Bubka avoue aimer beaucoup ce qu’il fait et ce qu’il représente aux yeux des jeunes. « Je suis réellement comblé par tout ce que je fais et je suis heureux de rendre à l’athlétisme ce qu’il m’a donné. »
Répondant à une dernière question, l’ukrainien s’est appesanti sur la situation de guerre qui sévit dans une partie de l’Ukraine. « C’est une situation et une période très difficile dans notre histoire. Mais je crois dans la valeur du sport et de la paix. Nous essayons de promouvoir et d’unifier les pays. This process will continue in order to provide a peaceful live. It is important for our living. »
Serguei Bubka figure parmi les plus grands du sport mondial. Il est né le 4 décembre 1963 à Louhansk en URSS aujourd’hui en Ukraine. Il a concouru jusqu’en 1999 sous le maillot soviétique, puis avec l’Ukraine jusqu’à la fin de sa carrière. Il fut le premier à franchir la barre des 6 m, le 3 juillet 1985 à Paris et a battu entre 1984 et 1994, trente-cinq records du monde de l’épreuve, soit 17 fois en plein air et 18 fois en salle. Il totalise 46 sauts à plus de 6 m en quarante-quatre concours.
A son palmarès, figurent six titres consécutifs de champion de monde de 1983 à 1997, quatre en salle, un titre européen en 1986 et olympique en 1988.