Les autotests rapides sont-ils la solution pour enrayer l’épidémie du vih/sida et détecter le virus chez des personnes qui ignorent leur séropositivité ? Ces autotests qui seront vendus en pharmacie permettront à une personne de savoir en quelques minutes si elle est porteuse du vih/sida. Ces tests de dépistage à la minute ont été à l’agenda du 12e colloque de la Commission de l’Océan Indien (COI) qui a pris fin à Balaclava vendredi dernier. Ce test de dépistage à partir d’une goutte de sang s’adressent plus particulièrement aux personnes qui ne souhaitent pas se rendre aux services hospitaliers de dépistage malgré des comportements à risques. Ils seront commercialisés dès le premier trimestre 2014 en Grande-Bretagne et en France, et en l’occurrence chez nos voisins réunionnais.
Le Dr Jean-Claude Tardy, virologue français, a déclaré à ce propos qu’« il faut un contrôle car il y a le risque que les gens achètent n’importe quoi sur internet ». Il a émis des réserves au sujet de ces autotests rapides dans la mesure où l’annonce d’une séropositivité doit être faite avec précaution et psychologie. « Cela me choque, dit-il, je crains aussi qu’il y ait des pressions morales et une violence psychologique sur les gens pour faire le test dans des relations hétérosexuelles ou ailleurs. » Si en France les autotests rapides seront encadrés par des associations accréditées, en Grande-Bretagne ils seront autorisés à domicile.
L’autre question soulevée par les autotests sont la formation des personnes qui réaliseront ces tests dans la communauté et le risque d’erreur d’interprétation. En outre, le résultat n’est fiable que trois mois après la contamination par le vih. Les partisans des autotests font ressortir qu’une fraction de la population ne se fait pas dépister dans le dispositif classique, dit le Dr Jean-Claude Tardy. « Ces autotests sont un supplément pour cette population, note-t-il, le tout est de savoir si un autotest sera synonyme d’accès aux soins pour ces personnes. »
Le Dr Tardy est partisan d’un test combiné vih/hépatite C/syphilis. La mise sur le marché des autotests a pour but notamment de prévenir la transmission sexuelle du vih et de favoriser l’accès aux soins selon les autorités sanitaires françaises, tout en enrayant une épidémie « cachée » qui a un effet significatif sur la dynamique de l’épidémie vih/sida selon la ministre de la Santé Marisol Touraine.