Une des jeunes leaders de la SIDS Youth Aims Hub, Karuna Rana, estime qu’il n’est pas suffisant de dire que les jeunes représentent les leaders de demain, il faut aussi entendre leur voix au niveau global « car, ce sont eux qui vont implémenter les décisions prises aujourd’hui. » Cette ONG a réuni une vingtaine de jeunes, dont la moitié venue de l’étranger à Maurice, cette semaine, pour préparer un plan d’action en vue de mobiliser les jeunes dans les projets de la COI et aussi discuter des préparatifs menant à la 3e conférence des Petits États Insulaires en Développement (PEID) qui aura lieu en septembre prochain aux îles Samoa.
« Nous jeunes, nous voulons que notre voix soit entendue, soit reconnue et nous voulons être inclus dans les délégations officielles des pays participants à cette conférence », lance Karuna Rana. Elle est d’avis que les jeunes venant des PEID sont très sous-représentés « pour ne pas dire absents sur la plateforme globale, particulièrement au niveau des conférences des Nations unies où l’on parle du changement climatique. »
Jeune environnementaliste, Karuna Rana veille de près sur l’environnement, particulièrement à tout ce qui touche à l’océan. « On ne réalise pas assez que l’océan nous fait vivre ; malheureusement, on le pollue. Il faut réfléchir à cette situation et aussi à d’autres problèmes tels la disponibilité de l’eau potable », dit-elle, avant d’estimer que l’eau qu’une personne gaspille en se brossant les dents tous les matins pendant cinq minutes et ce, pendant une année, peut soutenir une famille pendant un mois. Elle évoque des situations similaires quant à l’énergie et à d’autres ressources.
Pour elle, ce n’est pas suffisant d’être conscients de tels problèmes, « encore faut-il prendre des actions. » « Beaucoup de jeunes pensent que cette tâche incombe au gouvernement et à la société civile et, eux-mêmes, ne prennent pas leurs responsabilités en tant qu’individu », déclare-t-elle. Karuna Rana estime qu’il y a quelque chose à faire pour changer leur état d’esprit et leur montrer « que la plus petite action peut mener à un grand changement demain. »
Participant à cette conférence qui prend fin ce week-end, Janice da Cyraça, venue du Cap Vert, affirme que le principal problème qui affecte les jeunes de son pays est le chômage. « Dans certaines des îles, environ 65 % ou plus des jeunes ne travaillent pas. Le pays ne dispose pas de ressources telles le pétrole ou le diamant pour pouvoir créer de nouveaux emplois », fait-elle ressortir. « Certains Cap-Verdiens essayent de se lancer dans l’entrepreneuriat mais ce n’est pas toujours facile. D’autres investissent dans leurs études et tentent leur chance à l’étranger. Il faut créer des conditions plus favorables à la création d’entreprises qui nous aideraient à créer nos propres emplois », souligne notre interlocutrice. La jeune Cap-Verdienne souhaite voir les gens être prêts à prendre des actions pour changer le monde. « Nous avons besoin d’éducation pour changer notre façon de penser avant de pouvoir changer le monde », soutient-elle.
Pour sa part, Reesha Shareef, venue des îles Maldives, nie que les jeunes soient un « careless specimen. » Elle pense que les jeunes représentent « un grand potentiel encore inexploité dans le monde. » « Écoutez leur voix, ils sont plus que capables de faire des choses, ils n’ont besoin que d’être autonomisés », conclut-elle.
À la conférence, l’on a fait ressortir que les jeunes des PEIDS sont très vulnérables à cause de la taille de leurs pays, de l’éloignement, des risques liés au changement climatique et aux catastrophes naturelles, des expositions aux chocs économiques externes, du manque d’opportunités économiques et du chômage, entre autres problèmes. De ce fait, ils sont frustrés et finissent par devenir des proies de la drogue, la prostitution et aux autres fléaux sociaux.