« Qu’on le veuille ou pas, la vie de Bhye Cassam Kurreeman, ancien syndicaliste décédé en octobre 2010, lors d’une mission à Lomé, au Togo, est liée à l’histoire de Maurice. » Propos du ministre du Travail et des relations industrielles, Shakeel Mohamed, lors du lancement la semaine dernière d’un livre retraçant la vie de Bhye Cassam Kurreeman, écrit par son frère, le Dr Mahaboob Kureemun.
Pour le ministre, c’est une vraie perte pour le pays et aussi pour le monde syndical car Cassam Kurreeman, dit-il, était un syndicaliste qui croyait dans les négociations et le consensus et non dans la confrontation et la destruction. « Il croyait dans le partage et les suggestions, pas dans les menaces contre des personnes avant d’entrer en négociation. Il essayait de convaincre à travers les faits et les chiffres à l’opposé de certains autres syndicalistes », fait ressortir le ministre.
L’ancien vice-président de la République Raouf Bundhun compare Bhye Cassam Kurreeman aux syndicalistes de la trempe du pandit Ramnarain, de Sharma Jugdambi et de Paul Bérenger. « Il était un homme de coeur, un combattant des droits des travailleurs. Il ne reculait jamais devant ses responsabilités. Je l’admirais énormément », dit-il. Pour sa part, le syndicaliste Toolsyraj Benydin, qui a vécu les derniers moments de la vie de Cassam Kurreeman le 20 octobre 2010 à Lomé, a parlé des combats difficiles menés par le syndicaliste. « Ce n’est pas facile d’être un syndicaliste mais il faut des gens pour faire ce travail. Bhye Cassam était courageux, il a lutté jusqu’à son dernier souffle pour les travailleurs », souligne-t-il.
Pour l’auteur du livre, le Dr Mahaboob Kureemun, dont Cassam était le frère aîné, ce dernier était très proche de lui et il lui doit sa réussite professionnelle. « Il m’a enseigné comment me comporter en société et comment être humble et modeste envers les autres personnes », dit-il, avant d’ajouter : « C’est lui qui m’a encouragé à se rendre à l’étranger pour mes études supérieures. » Au fait, le Dr Kureemun hésitait à accepter une bourse pour des études en médecine en Union soviétique. « Il m’a dit si je refuse, peut-être que je n’obtiendrais pas une nouvelle chance dans la vie. J’ai suivi ses conseils et je constate aujourd’hui que j’avais pris la bonne décision », déclare le Dr Kureemun.
À travers ce livre, l’auteur veut garder vivante la mémoire du syndicaliste Bhye Cassam Kurreeman, tout en encourageant les autres auteurs à écrire sur les Mauriciens qui ont oeuvré pour le bien du pays, « pour qu’ils restent vivants dans la mémoire des générations futures. » « Ils doivent rester vivants dans nos coeurs car nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Malheureusement, on a oublié beaucoup d’entre eux », déplore le Dr Kureemun.
Bhye Cassam Kurreeman est né le 1er mai 1948. Il s’est joint à la Fonction Publique en tant qu’étudiant en nursing en 1967. Il adhéra au mouvement syndical en 1975 pour défendre la cause des travailleurs, particulièrement ceux des infirmiers. Il devint, par la suite, un des leaders de la Nursing Association, puis président du Mauritius Labour Congress (MLC), président du Trade Union Trust Fund (TUTF), membre de ITUC-Africa et vice-président de la Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA).