Il y a des métiers que l’on considère plus ingrats que d’autres. Comme celui de s’occuper de l’entretien des toilettes publiques. Qu’ils soient dans une gare, sur une plage ou dans un centre commercial, ceux qui s’y attellent soulignent qu’ils sont avant tout des travailleurs, cherchant à gagner leur vie honnêtement.
Nazlee, Bruno, Babita, Joven, Roseaa, Julmain, Rose-Marie ou encore Treelock s’assument sans complexe et composent avec l’environnement particulier où ils travaillent. Mais ils n’arrivent toujours pas à comprendre le mépris et l’arrogance dont font preuve des membres du public à leur égard.
Le brouhaha de la gare de Curepipe filtre à travers les murs. Mais Bruno Arouff, 57 ans, et Nazlee Naseeb, 48 ans, n’y prêtent plus attention : ils passent près de neuf heures sur place tous les jours. Lorsqu’ils font le shift du matin, ces salariés débutent leur journée à 5h. Ils retrouvent alors certains habitués ou de simples passants faisant partie de la cohue quotidienne. L’un après l’autre, les usagers insèrent les Rs 5 qui leur permettent de passer le tourniquet.
Le job de ces deux employés consiste à nettoyer les toilettes payantes de la gare. Le carrelage qui recouvre les lieux doit rester immaculé, tout comme le blanc porcelaine de la cuvette des urinoirs et des w.-c. Une odeur de produit de nettoyage imprègne les murs. Ils ont à leur disposition des gants rembourrés et d’autres équipements pour les aider dans leur tâche. “Cela n’a rien de dégoûtant à mes yeux car chaque personne est amenée à nettoyer des toilettes chez lui. Même si je le fais dans un endroit public, ce n’est pas si différent que ça” précise Nazlee Naseeb, qui a choisi de faire ce boulot depuis un an après avoir exercé le métier de cuisinière pendant près de cinq ans.