Deux extraits de la pièce de théâtre Tras d’Henri Favory, mise en scène pour la première fois en 1983, ont été joués par des membres de la troupe du dramaturge au jardin de la Compagnie mercredi. Une action en soutien à la cause défendue par Jeff Lingaya qui en était à son septième jour de grève de la faim. Les acteurs et le dramaturge se sont dirigés au jardin de la Compagnie juste après le lancement de cette deuxième édition de Tras, une initiative conjointe des Éditions de l’océan Indien (EOI) et de l’association DIS-MOI.
C’est à la demande du jeune homme en grève de la faim depuis neuf jours aujourd’hui (ndlr : vendredi) qu’Henri Favory et sa troupe se sont rendus au jardin de la Compagnie après le lancement officiel de cette deuxième édition de Tras à la mairie de Port-Louis mercredi. À son arrivée dans le kiosque où Jeff Lingaya était allongé sur un lit, Henri Favory a procédé à la dédicace d’un certain nombre de livres, achetés pour la plupart par des lecteurs mauriciens.
Les acteurs ont ensuite joué deux extraits de la pièce, notamment celui de la rencontre entre les deux avocats de la défense (p144) et la chanson La vérité (p233). La conversation entre les avocats tournent autour des valeurs de chacun.
Tras, écrit dans les années 70 par Henri Favory, raconte l’histoire de 54 laboureurs d’une industrie sucrière qui en 1971 « entrent en conflit avec leur patron. Licenciés, ils portent une affaire en cour pour obtenir réparation ».
La pièce prend corps en 1983 lorsqu’elle est mise en scène par l’auteur. Elle est jouée pendant la même année au Festival mondial de théâtre à Nancy, en France. « Tras… demeure un témoignage hallucinant des dures conditions de travail des laboureurs et de leur lutte pour une vie meilleure », peut-on lire en quatrième de couverture de la nouvelle édition bilingue.
Écrit à l’origine en créole et édité par LPT, Tras est présentée dans sa version originale avec une traduction française. Lors de son intervention au lancement de l’ouvrage à la mairie de Port-Louis plus tôt, la vice-présidente de DIS-MOI Catherine Boudet devait dire :
« 30 ans après, l’engagement et le contenu de la pièce sont toujours d’actualité ».