Les marécages n’ont pas été « créés » pour être comblés et pour céder leur place à des bâtiments « au nom du développement ». Ces écosystèmes ont en effet un rôle très important à jouer. Or, ceux-ci deviennent aujourd’hui de plus en plus rares, une bonne partie, sur le littoral, ayant ainsi été comblés pour laisser place à de grands bâtiments. Preuve que les Mauriciens ont mal compris leur importance. C’est en tout cas ce qu’ont dénoncé Satish Faugoo, Rajesh Jeetah, Jim Seetaram et Cader Sayed Hossen la semaine dernière à Clémencia. Ce dernier va même jusqu’à dire qu’une bonne partie du village de Flic-en-Flac est construite sur des marécages où, il y a quelques décennies encore, il avait lui-même passer « de belles journées » en compagnie de ses amis.
Lors de la célébration de la Journée mondiale des marécages dans ce village de l’Est, le ministre Cader Sayed Hossen a dit avoir récemment appris que les marécages sont très importants pour la vie sur la planète. « Il faut les protéger. Si nous ne traitons pas la nature comme il se doit, un jour, elle prendra sa revanche sur nous. Et ce sera dramatique », a-t-il fait ressortir. Rajesh Jeetah a pour sa part expliqué le rôle de la nature, où « chaque chose est à sa place », y compris les marécages, dit-il, ajoutant que ceux-ci « ont un rôle protecteur contre les inondations ». Le problème, prévient-il, c’est que « nous n’avons aucun contrôle sur le climat ». Et de rappeler dans le même souffle : « Nous avons tous notre responsabilité dans nos activités sur terre. Combien d’arbres abattons-nous et combien en plantons-nous chaque année ? Comment gérons-nous nos ressources naturelles ? » s’est-il demandé.
Enchaînant, le ministre de l’Agro-industrie et de la sécurité alimentaire, Satish Faugoo, a plaidé pour la préservation des marécages « car ils ont une valeur écologique importante ». Selon lui, certaines personnes comblent ces lieux naturels dans le but d’avoir une superficie additionnelle de terre à cultiver. « Mais ces personnes doivent savoir que les marécages sont complémentaires aux terres. On peut tout aussi bien cultiver sur les terres que dans les marécages eux-mêmes. On le fait déjà dans certains endroits. »
Le ministre évoque aussi « la dure compétition » qui existe entre le développement économique et industriel, et les marécages. « Nous ne connaissons pas nos priorités », a-t-il dit, avant d’ajouter : « Nou bizin kapav prezerv seki bizin prezerve e explwat li dan lintere nasyonal. » Objectif, selon lui : améliorer la production alimentaire alors qu’un milliard d’individus ne mangent pas à leur faim à travers le monde. A Maurice, un grand nombre de légumes – comme l’arouille, la violette, le brède songe, le brède sifflet ou encore le cresson, entre autres – peuvent être cultivés dans les marécages. Le ministre dit donc vouloir encourager les agriculteurs à cultiver ce type de légumes dans les marécages, pour autant bien entendu que ceux-ci adoptent de bonnes pratiques agricoles.