Pope Francis receives presents from representatives of the Scholas Occurentes international student organization prior to their meeting, on September 5, 2019 in Maputo. (Photo by GIANLUIGI GUERCIA / VATICAN MEDIA / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO /VATICAN MEDIA " - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS -AFP

Le pape François a salué jeudi l’accord de paix signé récemment au Mozambique, première étape de sa tournée africaine, et dit « partager la souffrance » des centaines de milliers de personnes sinistrées par les deux cyclones qui ont dévasté cette année ce pays très pauvre.

« Vous avez signé, il y a environ un mois, (…) l’accord du cessez-le-feu définitif entre frères mozambicains. C’est un jalon que nous saluons et espérons décisif », a déclaré le souverain pontife lors de son premier discours depuis son arrivée, mercredi soir, au Mozambique.

Un traité de paix historique a été signé le 6 août entre le gouvernement de Maputo et la Renamo, l’ancienne rébellion devenue principal parti d’opposition. Une guerre civile avait pris fin voici vingt-sept ans, mais la Renamo n’avait jamais désarmé.

Le pape François, qui s’exprimait jeudi notamment devant le président mozambicain Filipe Nyusi et le chef de la Renamo, Ossufo Momade, a loué « les efforts qui, depuis des décennies, sont accomplis afin que la paix redevienne la norme ».

« Non à la violence qui détruit, oui à la paix et à la réconciliation! », a encore lancé le chef des 1,3 milliard de catholiques de la planète, figure morale internationale.

« La paix est le meilleur chemin pour affronter (…) les défis que vous avez en tant que nation », a-t-il ajouté devant les autorités mozambicaines et des membres de la société civile réunis à Maputo.

Le Mozambique, l’un des pays les pauvres de la planète, tente de se reconstruire après le passage dévastateur de deux cyclones, Idai et Kenneth, en mars et avril, qui ont fait plus de 700 morts.

« Mes premières paroles de (…) solidarité » vont aux sinistrés, a déclaré le pape François. « Les conséquences dévastatrices » d’Idai et Kenneth « continuent de peser sur de nombreuses familles, surtout dans des endroits où la reconstruction n’a pas encore été possible ».

« Je veux que vous sachiez que je partage votre angoisse, votre souffrance », a glissé le pape, qui a plus généralement appelé la population à « la protection de la Terre ».

– Appel à l’équité sociale –

Selon la Banque mondiale, le Mozambique, avec ses plus de 2.000 km de côtes le long de l’océan Indien, figure dans la liste des dix pays de la planète les plus menacés par les conséquences du changement climatique.

Le pape a également plaidé pour l’équité sociale au Mozambique. « Sans égalité de chances, les différentes formes d’agression et de guerre trouveront un terrain fertile qui tôt ou tard provoquera l’explosion », a prévenu le pape argentin.

« Ne relâchez pas l’effort, tant qu’il y aura des enfants et des adolescents sans éducation, des familles sans toit, des travailleurs en chômage, des paysans sans terre », a plaidé François, en louant les progrès enregistrés dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Le « pape des pauvres », qui effectue du 4 au 10 septembre son deuxième voyage pontifical en Afrique subsaharienne, se rendra aussi à Madagascar où la déforestation est préoccupante et terminera sa visite par la petite île touristique plus opulente de Maurice.

En se rendant dans l’une des régions les plus déshéritées de la planète, Jorge Bergoglio, qui a côtoyé les bidonvilles d’Argentine, entend afficher sa proximité, tout particulièrement avec les jeunes, de toutes confessions, qu’il devait rencontrer en fin de matinée jeudi.

Le pape avait commencé sa journée par une rencontre privée avec le président Filipe Nyusi. Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés voici un an au Vatican.

« Le message d’encouragement que nous avions reçu de votre part lors de notre visite officielle au Vatican afin que nous considérions tous les Mozambicains comme des frères (…) a été un guide dans le dialogue » avec la Renamo, a souligné jeudi le chef de l’Etat mozambicain.

« Cependant, la paix durable (…) est menacée dans la province (mozambicaine) de Cabo Delgado (nord) », en proie à une insurrection islamiste depuis deux ans, a-t-il relevé. Ces violences ont fait plus de 300 morts.

Pour marquer la venue exceptionnelle au Mozambique du pape, qui restera dans la capitale, le gouvernement a consacré environ 300.000 euros aux préparatifs.

Le stade Zimpeto, où François doit célébrer une grande messe vendredi, est fin prêt.

« C’est un moment très spécial pour nous », a expliqué Catarina Simbine, Mozambicaine de 29 ans. « J’espère que cette visite nous apportera une vraie paix », a confié un étudiant de 25 ans, Arnaldo Menezes.